Dimanche 20 avril - 04h35 | Sébastien Roullier

CSI-WF Lyon : Delaveau sage et heureux

Voici la réaction de Patrice Delaveau, cinquième ce soir de la deuxième épreuve avec Lacrimoso 3*HDC et en tête au classement général de la finale de la Coupe du monde : 'Pour le moment, mon cheval n’a pas touché une barre. Ce soir, quand j’ai marché le parcours, franchement, je me suis dit qu’il devait y avoir un piège quelque part, parce que cela me semblait trop clair et pas assez gros. Quand nous avons regardé les cinq premiers concurrents, en voyant qu’il y avait déjà deux sans-faute, nous avons bien compris qu’on se dirigeant vers un grand nombre de barragistes. On ne peut jeter la pierre au chef de piste. S’il installe un parcours trop difficile et qu’il n’y a que trois sans-faute, tout le monde va lui tomber dessus. C’est comme ça. Il y a un tel plateau. Les dix meilleurs réussissent ce parcours-là les doigts dans le nez. Sans étriers, ce serait pareil! Il est évident que cela n’a pas facilité la tâche de Kevin (obligé de prendre tous les risques, l’autre Normand a essuyé un refus, ndlr). ǒa mal tourné pour lui, hélas, mais c’est le sport.

Nous nous sommes retrouvés dans une sacrée panade au barrage. Je me suis longtemps demandé quelle stratégie adopter: réussir un sans-faute sans prendre trop de risques et éviter une faute bête, ou ne pas trop assurer pour ne pas se retrouver trop loin. J’ai dit à Philippe Guerdat que j’allais détendre mon cheval et décider au dernier moment. J’ai vu que tout le monde attaquait. Je me suis dit qu’il fallait y aller, sans tout lâcher comme dans un Grand Prix. J’ai eu beaucoup de chance sur le premier vertical du barrage. Je l’ai touché. S’il était tombé, j’aurais tenté le tout pour le tout, et aurais peut-être commis une autre faute et tout perdu. Je pense que j’ai réussi à sauver les meubles. J’aurais pu gagner une seconde sur le dernier obstacle, mais je n’ai pas trouvé la bonne distance. J’ai remis une foulée, c’était risqué, mais c’était sans doute mon soir de chance.

Demain matin, il y a une visite vétérinaire à préparer, à 10h. Lacrimoso a sauté trois bons parcours qui vont laisser des courbatures. À ce niveau, c’est normal, on est dans le grand sport. Il ne va donc pas se lever trop tard demain pour être présenté dans de bonnes dispositions à la visite. Je vais bien le travailler demain matin. Ensuite, je crois qu’il va beaucoup marcher avec la groom. Je vais aussi discuter de tout cela avec les vétérinaires. Ça va être assez tranquille. Lundi, une grande journée nous attend. Je pense que le chef de piste ne va pas se laisser piéger deux fois de suite. Il risque d’être assez sévère. Ça n’arrive pas tous les jours d’être en tête d’une finale avant d’aborder les deux dernières manches. Il va y avoir de la tension et du stress!'

Propos recueillis à Lyon par Sébastien Roullier

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