Jeudi 04 septembre - 09h29 | Sébastien Roullier

Les réactions des Français

Retrouvez les réactions des quatre Français, ainsi que de leur chef d’équipe, Philippe Guerdat, à l’issue de la première manche de l’épreuve par équipes de saut d’obstacles.  Pour l’heure, la France est quatrième derrière les Pays-Bas, les États-Unis et l’Allemagne.

 

Philippe Guerdat : 'Simon aurait sans doute pu éviter cette faute s’il n’était pas parti en premier. Il a un peu éloigné son cheval, mais d’une manière générale, nous avons mal sauté cet obstacle. J’ai eu peur pour les trois chevaux. Pour Pénélope, c’est une faute que la jument a déjà commis. Elle n’avait pas encore touché une barre. Pour les chevaux hyper respectueux, une combinaison très courte comme celle-là avec un gros oxer en sortie, c’est toujours compliqué. Il faut du métier et de la relaxation pour sauter ça sereinement. Kevin est très déçu de ses quatre points, mais il a réussi un magnifique parcours. Il savait que les quatre foulées étaient peu longues pour lui. Il a sauté cet oxer avec une foulée un peu trop belle, peut-être ou avec un peu trop de pression. Patrice a eu de la chance. La chance des uns, la malchance des autres, c’est le sport. Ça joue. Les Néerlandais ont deux barres d’avance, mais VDL Groep Verdi aurait pu coucher trois barres sans problème aujourd’hui, et il sort sans faute. J’aimerais mieux être en tête avec trois barres d’avance, mais bon, nous avons trois chevaux qui n’ont jamais sauté de championnat. Mon objectif reste de nous qualifier pour les Jeux. Pour l’instant, nous sommes dans le top cinq. Le mieux sera du bonus. Je ne sais pas si mes cavaliers vous en parlent, mais il y a une pression énorme à gérer. C’est extraordinaire parce qu’ils n’ont jamais connu ça, mais ils sont contents quand ils ont fini. Je ne sais pas s’ils prennent beaucoup de plaisir! C’est émotionnellement très fort. Ça joue sur les chevaux. Orient Express, par exemple, qui a tendance à se grandir fièrement quand il entre en piste, se fait tout petit! Ce n’est pas simple à gérer. Quand on sort du tunnel, c’est inimaginable ce que nous vivons. J’adore le football, je vais voir des grands matches. C’est fantastique l’entrée des joueurs, ça leur donne la chair de poule, mais une fois que c’est passé, ils se mettent dans leur match tranquillement. Là, il y a le cheval, c’est différent. Jusqu’ici, les cavaliers la vivent plutôt bien. La suite, je l’aborde avec des sans-faute. Ne me parlez pas de rivière (il n’y en aura pas demain, ndlr). Nous nous sommes entraînés, et maintenant, nous la sautons mieux que les autres. Oui, c’est mieux qu’il n’y en ait pas demain. Je crains que ce soit très dur, ce qui risque d’avantager les Allemands, les Néerlandais et les Américains plus que nous. À part le cheval de Simon, les moyens, ce n’est pas notre fort. Mais bon, rien n’est jamais joué dans notre sport. Les tragédies peuvent toujours arriver. Il y en aura encore demain. Les Allemands m’ont impressionné hier, aujourd’hui moins. Cornet d’Amour aurait pu fauter sur le trois. Cornado a très bien sauté, je crois. Les deux autres ont eu une faute, comme nous. Ça tient à tellement peu de chose. C’est difficile à expliquer au public, mais c’est ainsi. Le fait d’être quatrièmes ce soir nous permet de partir demain avant nos adversaires directs et peut-être, si tout va bien, de les mettre sous pression. Aujourd’hui, les Allemands entraient derrière nous et à chaque fois, nous faisions quatre points. Ça n’a l’air de rien, mais ça joue, aussi.'

Patrice Delaveau : 'Un nouveau parcours sans faute, oui, mais j’aurais pu aisément se terminer avec quatre points. J’ai connu un très gros sursis sur l’oxer dix. C’était mon jour, je pense. La barre a tenu, heureusement. Cela m’a mis dans une très mauvaise situation, parce que j’ai été obligé de remettre une foulée avant ce double au dernier moment. Comme je monte une star avec un moteur incroyable, il a su se sortir de cette mauvaise situation dans laquelle nous nous sommes mis. Aujourd’hui, il a réussi une grande performance. Nous avons dû gérer l’attente après la chute du Chilien, c’est vrai, parce que ma détente était finie, mais ce sont des choses qui arrivent hélas, heureusement pas trop souvent. C’est plus facile dans une épreuve classique, mais cela fait partie de notre métier. Malheureusement, nous avons cumulé trois parcours à quatre points. Il nous faut absolument deux voire trois sans-faute demain. Notre sort est dans nos mains, mais aussi dans celle des autres. Il faut tout refaire en espérant avoir plus de réussite, en ce qui concerne mes coéquipiers. Quand Philippe m’a demandé si cela ne me posait pas de problème de partir en numéro quatre dans l’équipe, je lui ai dit que non et que je me sentais très honoré, spécialement dans un tel événement. J’assume. Si je ne suis pas capable de gérer une telle pression, mieux vaut que je me mette à la randonnée ou autre chose. C’est mon métier. Orient est l’un des meilleurs chevaux en Europe. Maintenant, il faut tenir le choc. La tête en individuel, je l’ai dans un coin de la tête, mais c’est vraiment l’équipe, l’équipe, l’équipe. De toute façon, si l’équipe va, l’individuel suivra. Nous sommes en course pour cette médaille, nous allons tout faire pour y parvenir. La pression est énorme. Nous nous y attendions, mais peut-être pas autant. À nous de ne pas nous laisser déborder et de gérer nos chevaux à leur entrée en piste.'

Kevin Staut : 'Je suis content de Rêveur mais cela reste une épreuve par équipes et un championnat donc on ne peut pas se satisfaire de quatre points surtout quand nos deux coéquipiers ont déjà une faute chacun. Il fallait absolument un sans-faute que je n’ai pas fait donc même s’il y a une petite satisfaction personnelle à la vue du comportement et de l’évolution de Rêveur cela reste insuffisant et frustrant de pêcher à chaque fois sur trois obstacles différents.  D’un autre côté nous avons trois chevaux qui n’ont jamais participé à un championnat et ce n’est pas pour nous trouver des excuses mais les équipes qui sortent des sans-faute sont des équipes avec de vrais piliers et des couples très aguerris. Je n’explique pas ma faute, j’ai très mal monté hier en gérant très mal la chasse. Aujourd’hui j’étais très concentré sur le dernier double sans pour autant négliger ceux d’avant. J’ai essayé de monter les difficultés une par une. Je pense que je pourrais aborder ce même obstacle cinquante fois sans jamais faire la faute mais c’est le jeu des grands championnats. Je pense que cette faute vient vraiment d’un manque d’expérience de Rêveur. Je suis très content de ce qu’il fait et ce genre de compétition me montre ce qu’il me reste à faire pour devenir un réel pilier avec lui.'

Pénélope Leprevost : 'J’ai eu un peu de mal à entrer dans mon parcours. Flora n’est jamais une très bonne sauteuse de numéro un. Mon premier saut était un peu figé. Le deux s’est bien passé et le trois était encore un peu juste dans la trajectoire. J’ai remis les jambes dans le virage. Elle a bien réagi à ma demande dans la combinaison, puisque je me suis même retrouvée trop près de la sortie. Tout le milieu de parcours s’est bien passé, j’avais l’impression que la jument se relâchait. J’avoue que j’ai monté ce double comme je le voulais. C’est la principale difficulté de ce parcours. La jument est tellement respectueuse qu’elle s’est trop concentrée sur la première barre de l’oxer. Du coup, elle a sauté trop haut et manqué de trajectoire. Je ne peux pas me satisfaire d’un parcours à quatre points, d’autant plus que c’est le deuxième d’affilée pour l’équipe. Maintenant, on va regarder les deux garçons et faire un petit point ensemble pour essayer de corriger nos petites fautes et éviter de les répéter. Il y a des chevaux plus sensibles que d’autres à l’ambiance. La mienne, qui ne saute jamais bien le premier obstacle, peut en pâtir, mais le public a été parfait, puisqu’il a cessé d’applaudir assez tôt pour nous permettre de partir sereinement.'

Simon Delestre : 'Ces quatre points ne sont pas catastrophiques mais c’est toujours ennuyeux. Qlassic a tout de même très bien sauté aujourd’hui, il est en forme. L’épreuve est vraiment délicate avec un parcours bien construit où il faut être vigilant partout.  Il faut demander à 100% car il y a des verticaux en bout de ligne et les oxers sont larges. Ma faute vient du fait que j’ai demandé un gros saut sur le numéro huit et il s’est décalé à droite ce qu’il fait qu’il réalise une faute en descendant sur le deuxième plan.  Cette ligne est compliquée car nous demandons un saut en longueur sur la rivière puis nous tenons fort pour franchir le mur et ensuite j’ai voulu protéger le premier plan de l’oxer et j’ai manqué de trajectoire au-dessus. Je n’ai pas de conseils particuliers à donner à mes coéquipiers. Il faut être vigilant partout mis à part sur le un qui ne pose pas de problème. Pour les autres de l’équipe, la pression va monter en fonction des scores de chacun.'

Propos recueillis au stade Michel-d’Ornano de Caen par Marie de Pellegars-Malhortie et Sébastien Roullier

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