Lundi 25 août - 20h35 | Sébastien Roullier

Passionnant colloque sur la génomique

Ce matin et ce midi, la Société hippique française et la Fédération internationale des stud-books de chevaux de sport (WBFSH) ont convié tous les éleveurs normands, mais aussi tous les professionnels internationaux et leurs représentants présents à Caen à l’occasion d’un colloque intitulé: 'La sélection génomique et l'élevage du cheval : la révolution ?'. La centaine de spectateurs présente n’a pas manqué une miette des passionnants exposés du Dr Thomas Mark, maître de conférence à l'Université de Copenhague, du Dr Philippe Monget, directeur du GIS AGENAE-NRA et du professeur Axel Khan, président honoraire de l'Université de Paris-Descartes, écrivain et essayiste.

Sans en exagérer les vertus, les trois scientifiques ont encouragé les éleveurs à profiter de cette avancée rendue possible par le séquençage de l’ADN du cheval, en 2010, ainsi que par la démocratisation progressive du génotypage des chevaux (accessible à 130 euros environ pour 70 000 marqueurs génétiques), en complément de tous les autres outils déjà à leur disposition. La généralisation de ces tests menés sur les jeunes sujets, futurs reproducteurs, est d’autant plus essentielle que plus la population testée est importante, plus la fiabilité des données d’ensemble augmente, notamment la valeur génétique et les incidences du génotype sur le phénotype des chevaux. Pour l’heure, en France, seuls 880 chevaux de sport auraient fait l’objet d’un génotypage. Au Danemark, le stud-book DWB compte une population de cinq mille chevaux testés.

Selon les spécialistes, s’appuyant notamment sur l’utilisation de la génomique dans l’élevage de bovins, cette technologie, associée à un phénotypage précis, permet notamment d’éradiquer certaines tares héréditaires et maladies, de faire progresser plus rapidement les races, de renouveler les cheptels de reproducteurs et de mieux gérer la consanguinité. Ils ont également appelé les différents stud-books à partager leurs informations afin de faire progresser toutes les races sans pour autant abolir la légitime compétition qu’ils se livrent, ainsi qu’à harmoniser les critères d’évaluation des performances et de santé des reproducteurs.

Elargissant le débat, dans son intervention, Axel Kahn, a dressé un parallèle très intéressant entre la génomique et le clonage. Estimant que ces deux techniques ont d’ores et déjà fait leurs preuves, même si la recherche doit continuer à évaluer leur efficacité, le célèbre généticien a notamment résumé sa pensée ainsi: 'La génomique est sans aucun doute une révolution méthodologique, mais pas conceptuelle. Elle ne fait que s’ajouter aux méthodes de sélection traditionnelles, en accélérant le mouvement. Le clonage, lui, est une véritable révolution conceptuelle dans la mesure où il fige l’évolution de la génétique et où il pose des questions totalement nouvelles. Vous voilà avec beaucoup d’outils nouveaux pour faire votre métier. Utilisez celui que vous voulez!', a-t-il conclu.

Sébastien Roullier

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