Lundi 25 août - 17h26 | Sébastien Roullier

Le FNEPE interpelle le gouvernement

Dans un communiqué de presse publié hier, la Fédération nationale des éleveurs professionnels d’équidés de Jacques Largeron indique avoir interpellé le gouvernement 'sur la situation très préoccupante de la filière cheval française'. Voici le communiqué dans son intégralité: 'La direction prise par la filière cheval est extrêmement inquiétante. Il est important de noter que la France est le premier pays de cheval en Europe et que la filière cheval dans son ensemble génère un revenu d'environ 12 milliards d'euros pour la ferme France sans compter la notoriété apportée à notre pays par le cheval français dans le monde entier, qui est difficilement quantifiable.

Pour l’élevage, nous assistons à une baisse de l'ordre de 35 % des mises à la reproduction. Cela représente un tiers de la jumenterie française. Cela signifie que dans trois ans, nous allons manquer de chevaux avec les conséquences qui vont en découler: importation massive de chevaux européens de piètre qualité et disparition de nombreuses exploitations agricoles françaises.

Pour ce qui est de l’utilisation (centre équestre), notre récent tour de France nous a confirmé un sentiment de baisse générale. Tous les gérants que nous avons rencontrés nous ont affirmé subir une baisse de l'ordre de 30% de leur chiffre d'affaires pour le premier semestre de l'année. Il est à noter toutefois que cette baisse est nettement moins marquée dans les centres équestres situés en zone urbaine et périurbaine. Le ratio urbain/rurale est d'environ 20%/80 %. La France compte un peu plus 8 000 structures équestres: 8 000 identifiés car adhérents FFE plus environ 2 000 difficilement identifiables car non référencées telles que des centres de tourisme équestre, écuries de pension et autres, qui n'en restent pas moins des entreprises. Ces structures emploient environ 20 000 personnes. On reste approximatif, car même la MSA ne peut fournir de chiffres précis.

À l'horizon 2015, un grand nombre de centres équestres en zone rurale risquent de déposer le bilan et d’entraîner avec eux une grande majorité d’élevages. Ce scénario a été envisagé dans l’étude de l'INRA sur la prospective sur la filière cheval à l’horizon 2030 (scenario n°2). Cette perspective cataclysmique signifierait la fin de la filière cheval française pour les quinze prochaines années.

Nous demandons à l’État français de tenir ses promesses! Le gouvernement s'est engagé a créer une vraie politique cheval qui soit Euro-compatible. Les mesures prises dans l'urgence fin 2013 ne sont pas des solutions pérennes, elles étaient là pour donner du temps de travail et elles prennent fin le 31 décembre. Or huit mois après cette déclaration, rien n'est fait. L'urgence étant la renégociation de la directive TVA européenne, il est nécessaire de trouver un juste milieu. L'Europe telle qu'elle a été voulu par ses pères fondateurs n'a pas vocation à détruire entièrement une filière agricole d'un État membre.'

SR (avec communiqué)

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