Mercredi 06 août - 13h27 | Sébastien Roullier

'Un imprévu bien géré', Kevin Staut

Voici la réaction de Kevin Staut à l’issue du CSIO 5* de Gijón, qui s’est achevée lundi soir en Espagne : 'Je suis relativement satisfait de ce dernier concours de préparation. Gijón est vraiment un super endroit pour ça. La ville, les installations, le sol, la variété des épreuves, le parc d’obstacles, tout était parfait et intéressant. Au départ, nous avons tous un peu traîné les pieds parce que c’est loin de chez nous par rapport à Chantilly ou Valkenswaard, mais Philippe a eu raison. C’était une vraie bonne idée. Au cours de la semaine, on a senti la tension monter, ce qui est assez normal dans une phase de sélection et dans un dernier concours… La Coupe des nations, c’était un peu le scénario catastrophe, hormis pour Pénélope (Leprevost, ndlr) et Flora (de Mariposa), qui ont été fantastiques, et pour Simon (Delestre) et Qlassic (Bois Margot), qui ont plutôt tenu leur plan. Ce sont des choses qui arrivent, ce n’est jamais agréable.

En ce me concerne, je comprends que des gens aient pu se poser des questions quant au fait que je n’ai sauté ni la Coupe des nations ni le Grand Prix avec Rêveur (de Hurtebise*HDC). Dès le départ, je m’étais fixé de ne pas sauter le Grand Prix avec lui parce que ce chef de piste y met toujours les chevaux à l’effort et propose toujours quelque chose d’un peu spécial dans son parcours. Ça ne me semblait pas idéal dans l’optique d’effectuer les derniers réglages en conditions de concours. En revanche, je voulais vraiment que nous sautions la Coupe. Hélas, cela n’a pas été possible.

Après avoir bouclé deux parcours à 1,40m, mercredi et jeudi, ce qui m’a permis d’effectuer des petits tests et d’ajuster des détails techniques, le vendredi matin, trente-six heures avant la Coupe, Rêveur a manifesté une petite gêne sur l’antérieur gauche. En fait, une semaine avant, nous avons essayé de le passer des fers cloutés aux fers collés, qui donnent satisfaction avec pas mal d’autres chevaux de l’écurie, dont Silvana. Cela nécessite la pose d’une plaque en silicone assez dur. Jusqu’à ce moment-là, cela semblait lui convenir. Peut-être a-t-il été gêné par les vibrations, toujours est-il qu’il était assez sensible. Nous voulions tester ça en condition de concours au moins une fois avant les Jeux.

Nous avons alors essayé de faire venir notre maréchal au concours pour le referrer, mais malgré toute sa bonne volonté, il a raté l’avion à la dernière minute. Du coup, il a transmis toutes ses instructions par téléphone au maréchal du concours. Le matin de la Coupe, ça allait mieux, mais pas assez pour prendre le risque de le faire sauter. Je l’ai quand même fait travailler un peu. Le soir, tout était rentré dans l’ordre, donc nous avons décidé avec Philippe d’engager Rêveur dans l’épreuve à barrage du lendemain. Il s’y est très bien comporté (double sans-faute et cinquième, ndlr). L’idéal, ç’aurait été la Coupe, mais l’imprévu a quand même été bien géré avec toute l’équipe, des maréchaux aux vétérinaires.

C’était notre dernier concours. Tout le monde a vu ce qu’il voulait voir. Maintenant, il faut attendre l’annonce de la sélection. Si Rêveur reste dans cet état d’esprit, je pense qu’il pourra vraiment aider l’équipe. Ce n’est peut-être pas le cheval le plus rapide pour la chasse, mais nous ferons de notre mieux si Philippe fait appel à nous. Avec trente-huit nations, rester dans les dix pour la deuxième manche de la finale par équipes ne sera pas une mince affaire.

Pas de concours ce week-end. Le prochain, je me rends à Londres avec Oh d’Éole et Estoy Aqui de Muze*HDC, qui a très bien sauté à Gijón (double sans-faute et troisième du Grand Prix, ndlr). C’est vraiment agréable de pouvoir compter sur une jument fiable et honnête comme elle.'

Propos recueillis par SR

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