Vendredi 06 octobre - 15h20 | Lucas Tracol

Des milliers de juments exploitées pour leur sang en Amérique du Sud

En enquêtant sur le commerce de la viande de cheval, les deux associations de défense animale TSB et AWF ont fait des découvertes glaçantes, comme l’a révélé Libération. Les associations suisse et allemande ont en effet révélé qu’en Argentine et en Uruguay, des juments sont exploitées et martyrisées pour une hormone utilisée notamment en France. Décrites comme des “fermes de sang”, ces cinq lieux découverts en Amérique du Sud font le commerce du sang des juments pleines. Entre le 40ème et le 120ème jour de gestation, ces dernières produisent une hormone spécifique qui soulève l’intérêt de l’industrie pharmaceutique. Elle est notamment utilisée dans les élevages car elle a comme spécificité de pouvoir programmer les naissances.
Ces deux dernières années, les ONG ont recueilli des témoignages et collecté des images des troupeaux livrés à eux-mêmes. Pour la plupart maigres et malades, les juments souffrent parfois de plaies importantes et même de fractures. Au sol, des cadavres se décomposent avant de ne devenir que des squelettes. Une ou deux fois par semaine, jusqu’à dix litres de sang sont prélevés sur chaque jument, ce qui équivaut à deux litres pour un homme de quatre-vingt kilos. Toujours selon les informations recueillies par les deux ONG, une fois que les juments auraient fini de produire l’hormone à trois mois et demi de gestation, elles seraient avortées manuellement et sans anesthésie. Les juments pourraient de ce fait être pleines plusieurs fois par an. Après quelques années, celles qui ont survécu à ces années d’horreur sont envoyées à l’abattoir pour le commerce de viande chevaline. Welfarm, l’association qui relaye l’enquête en France, estime que plus 10 000 juments sont exploitées pour leur sang en Argentine et en Uruguay. Toujours d’après cette association, la société Syntex, spécialisée dans ce business, a exporté vers la France pour plus de neuf millions de dollars d’hormones entre janvier et mai 2017.
 
Présente dans plus de dix médicaments en France, la gonadotrophine chorionique équine permet de déclencher les chaleurs des animaux d’élevage, mais également de traiter les cas d’infertilité. Cela permet de synchroniser les cycles des femelles, une pratique courante dans les élevages puisqu’elle offre la possibilité de grouper les mises-bas.
 
En Europe, une pétition comptabilisant déjà plus d’1,7 million de signatures demande l’interdiction d’importer cette hormone. 
 

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