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Equidia prise en otage

le 26/05/2010

Les locaux d'Equidia ont été envahis par des manifestants, hier

Mardi 25 mai, la chaîne Equidia n’a pas été en mesure de diffuser les courses en raison de l’envahissement de ses locaux par une centaine de manifestants emmenés par des représentants syndicaux de la filière hippique (France Galop, le Cheval Français, PMH, GTHP, PMU, etc.). Cette action a provoqué l’interruption de la retransmission des courses.
 

Tout commence mardi matin à la Bourse du Travail, dans le centre de Paris. Quelque 120 salariés de l’Institution des courses sont réunis. Motif de leur colère : France Galop vient d’accorder à ses salariés une prime de 1.000 € ; les salariés du PMU ont demandé la même prime à Philippe Germond ; mais le président du PMU leur a refusé. Le PMU emploie 1 400 salariés : 1.000€ de prime, ça fait 1,4M€, auxquels il faut ajouter les charges sociales (70%). Coût de l’opération : 2,38M€. À l’heure où l’on demande à toute la société française de se serrer la ceinture, toute prime et augmentation de salaire est assez mal comprise…
 

Le leader syndical Pierre Bellaïche nous raconte la suite : « Nous avons donc décidé de donner un  petit coup de semonce. D’habitude, nous intervenons sur un hippodrome. Mais, là, nous avons décidé de changer de cible, et de ne pas faire une action sur un hippodrome. Nous sommes donc partis en direction d’Equidia, où nous nous sommes installés. Tout s’est passé dans le calme. » Concrètement, les manifestants investissent la régie vers 12h30. Puis ils demandent aux salariés d’Equidia de quitter les lieux. Le signal est coupé une première fois. L’image reprend pour le Quinté+. Puis les manifestants coupent à nouveau l’image. Cette fois définitivement, du moins jusqu’à leur départ à 18h.
 

Dans un texte envoyé aux médias, le PMU a dénoncé cette action « sans préavis, ni raison explicitement évoquée », expliquant : « En février 2010, les négociations salariales annuelles ont abouti à une augmentation des salaires de 3% dont 1,7% de mesures générales. Cette augmentation, sensiblement supérieure à l’inflation, a été signée par 4 syndicats sur 6. Pour mémoire, le salaire moyen au PMU s’élève à 50.000€ par an. Aucun emploi ni aucun poste n’est menacé à court ni à long terme et aucun plan de restructuration n’existe au sein de l’entreprise. Le PMU est structurellement créateur d’emplois et procède à 60 recrutements par an sur un effectif total de 1.400 collaborateurs. Le PMU est une entreprise qui a le souci de fidéliser et de développer les compétences de ses collaborateurs dont l’ancienneté moyenne est de 17 ans. Le turnover dans l’entreprise est de l’ordre de 5% ; les investissements de formation sont supérieurs à l’obligation légale et représentent une dépense moyenne supérieure à 700€ par an et par personne. La qualité des résultats de l’entreprise témoigne de la compétence de ses équipes. Le PMU est contraint de constater le comportement irresponsable de quelques-uns qui mettent en danger l’activité de l’entreprise au moment même où celle-ci va pour la première fois de son histoire être confrontée à l’ouverture de son marché à la concurrence. »
 

Quelle suite pour ce mouvement social ? Réponse de Pierre Bellaïche : « Aujourd’hui, le PMU n’a pas perdu beaucoup d’argent, mais attention ! On va y aller crescendo. Et il faut s’attendre à de nouvelles actions, pourquoi pas jeudi à Longchamp ou dimanche à Auteuil, pour le Grand Steeple... » Du côté du PMU, pas question de lâcher. Et les socioprofessionnels ? Ceux de nos lecteurs qui souhaitent nous faire part de leur avis sur ce mouvement social peuvent envoyer leurs réactions en commentant cette information.
 

Jean-Noël Gontier

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