“Cette année, nous avons battu tous les records à La Baule”, Rémi Cléro

Crédit : Scoopdyga

Jeudi 24 mai - 17h52 | Propos recueillis par Agathe Normand

“Cette année, nous avons battu tous les records à La Baule”, Rémi Cléro

Président du Longines FEI Jumping Nations Cup de France, Rémi Cléro a vécu avec passion les quatre jours de compétition, dont les points d’orgue ont été le Grand Prix Longines remporté par Patrice Delaveau et la Coupe des nations Longines qui a vu le succès du Brésil. Après un week-end empli de soleil et de grand sport, voici l’occasion de faire le point sur la nouvelle organisation de la compétition et sur le terrain en herbe flambant neuf de La Baule. Entretien.

GPR. : Après ce weekend sportif intense à La Baule, quel est votre bilan global de cet événement ? 
Rémi Cléro : L’édition 2018 a vraiment été une belle réussite. Bien sûr, le temps magnifique dont nous avons bénéficié quatre jours durant y est pour quelque chose ! Il y a également eu un très beau plateau de cavaliers, dont sept parmi le Top Ten, et plus de vingt médaillés olympiques. Nous avons pu contempler du beau sport dans toutes les épreuves, tant pour le CSIO 5* que pour le CS1*, qui était plus proche, selon moi, d’un CSI 2*. Les performances furent vraiment belles. La Fédération équestre internationale est très satisfaite, et nous avons connu lors de cette édition de grandes retombées médiatiques. Il s’agissait de ma septième édition, et la belle compétition à laquelle j’ai pu assister ce week-end est le résultat du travail de fourmis effectué toute l’année, et notamment des ajustements réalisés par Patrick Caron, l'ancien directeur sportif et conseiller technique. En tout cas, nous avons eu un très beau plateau du début à la fin du jumping, que ce soit dans le Grand Prix Longines, dans la Coupe des nations Longines et dans le Derby, pivot du concours.
À titre personnel, j’ai aussi été particulièrement satisfait. L’année dernière, ma femme Alice s’était fracturé le tibia, et cette année, elle a pu concourir à nouveau, et s’est classée dans deux épreuves sur les trois auxquelles elle a participé. 
 
GPR. : Avez-vous déjà une idée de l’affluence suscitée par le Jumping de La Baule ? Est-ce conforme à vos attentes ?
R.C. : Cette année, je pense que nous avons battu tous les records ! Le week-end, l’affluence était au maximum avec dix-sept mille personnes le dimanche. Nous avons même dû fermer les portes le dimanche, pour respecter les normes de sécurité, les dix-sept mille places étant pourvues. Nous avons, selon moi, dépassé la moyenne des quarante mille personnes accueillies chaque année. 
 
GPR. : Avec le nouveau format des Coupes des nations Longines, nous avons pu assister à une inversion entre le Grand Prix, traditionnellement le dimanche, et la Coupe des Nations, habituellement le vendredi. Qu’en avez-vous pensé ?
R.C. : Ce fut une réussite ! L’affluence a été à son maximum tout au long du concours, et cette nouvelle formule a donc fonctionné. D’ailleurs, je tiens à remercier l’équipe permanente, Nadia, Fleur et Célia, qui ont accompli un travail remarquable, ainsi que toutes les instances de la Mairie.

“Le partenariat avec Longines est totalement gagnant-gagnant”

GPR. : La piste en herbe de la Baule a été refaite et quelques critiques ont été soulevées par certains cavaliers au début de la compétition. Quels sont, à l’issue de l’événement, les retours globaux ?
R.C. : En effet, il s’agit de l’aboutissement d’un chantier d’un million d’euros, et de la mise en place d’une technologie poussée pour garantir que, quel que soit le temps, même en cas de pluie diluvienne, le concours aura lieu.  Des drains ont en effet été posés, et le terrain rehaussé de vingt centimètres. Après les retours du premier jour, nous avons tout mis en place pour ramollir le terrain, afin qu’il gagne en souplesse. Il faut garder en tête que le terrain est très jeune, qu’il sera meilleur l’année prochaine. Le 16 mai 2019, il sera parfait ! 
 
GPR. : Samedi, le niveau du Derby a été jugé plus faible qu’habituellement. Est-ce aussi votre avis ?
R.C. : Non, pas vraiment. Tout d’abord, il y a eu vingt partants, ce qui n’est pas le cas partout, les cavaliers n’ayant presque plus de chevaux de derby. Par ailleurs, il n’y a eu, à l’issue de cette épreuve, qu’un seul sans-faute. Alors, pour un Derby soi-disant facile, le parcours été plutôt subtil !
Comme précisé plus tôt, le terrain a été rehaussé, ce qui a abaissé les buttes d’une vingtaine de centimètres. Nous ne voulons pas voir d’horreurs, les gens doivent s’adapter. Nous reverrons la hauteur des buttes l’année prochaine, et nous ferons sans doute évoluer le parcours. Nous ne voulons pas que le derby soit effrayant. Cette année, aucun cheval ne s’est blessé, aucun n’a été cassé, et c’est hautement satisfaisant. Le chef de piste s’est d’ailleurs adapté au nouveau terrain, et a, par exemple, dessiné des courbes plus larges lors du barrage du Grand Prix Longines, pour éviter que les chevaux ne dérapent. 
 
GPR. : En tant qu’amateur de sport, qu’avez-vous pensé de la victoire de Patrice Delaveau dans le Grand Prix Longines, et du Brésil à l’issue de la Coupe des Nations Longines ?
R.C. : Nous avons encore eu la confirmation que Patrice est un grand, grand cavalier. Le soir, j’ai eu l’occasion de converser avec lui, et il m’a confié qu’il se sentait bien à La Baule. En effet, il y performe souvent !  Quant à la Coupe des Nations Longines, face à la concurrence, les équipes qui ont fait le choix de lancer des cavaliers inexpérimentés, comme le Canada, l’ont payé cher. 
D’un point de vue global, ce édition a vraiment été un grand rendez-vous sportif. Les sponsors ont été ravis, et nos équipes ont travaillé sereinement. Nous avons aussi eu des retours très favorables quant aux écuries, tant de la part des grooms que des cavaliers. 
 
GPR. : Quel est votre avis quant à l’implication de Longines dans le circuit de la Coupe des nations, et dans l’équitation en général ?
R.C. : La sécurité du partenariat avec Longines nous permet d’avoir une vue à long terme, et, de ce fait, d’être dans un processus de construction. Le concours de La Baule ne disparaîtra pas soudainement, Longines s’étant engagé pour une voire deux décennies. Nous pouvons donc nous impliquer dans la continuité, ajuster et améliorer les choses d’année en année. Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une organisation bénévole, et que chaque euro versé par tous nos partenaires est utilisé pour doter une épreuve, réaliser un investissement ou effectuer un don au Secours populaire. C’est donc un partenariat totalement gagnant-gagnant, dont les retombées profitent aussi à ceux qui sont dans le besoin.        
 

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