“Nous aurions aimé trouver des investisseurs pour que Kevin conserve Urhelia”, Grégory Cottard

Grégory Cottard et Urhelia Lutterbach à l'Hubside Jumping de Grimaud, en avril.
Crédit : Sportfot

Vendredi 22 novembre - 17h41 | Lucas Tracol

“Nous aurions aimé trouver des investisseurs pour que Kevin conserve Urhelia”, Grégory Cottard

Quelques minutes après l’officialisation de la vente d’Urhelia Lutterbach à la jeune Américaine Kerry McCahill, Grégory Cottard a bien voulu revenir sur son histoire commune avec la grande brune, cédée par les écuries de Wy de Marie-Caroline Besins. Après lui avoir fait découvrir le plus haut niveau, le cavalier installé à Drouot avait accepté d’en laisser les rênes à Kevin Staut en juin, afin que la fille d’Helios de la Cour II soit davantage mise en lumière dans un objectif de commercialisation. 

Urhelia Lutterbach ne concourra plus sous bannière tricolore et sous la selle de Kevin Staut. Jusqu’alors propriétaire de la fille d’Helios de la Cour II, Marie-Caroline Besins nous a en effet confirmé la vente de la jument à la jeune Kerry McCahill. Investi dans cette transaction car ancien cavalier d’Urhelia Lutterbach, le champion de France 2013 Grégory Cottard a justement rappelé que cette issue a toujours été un objectif : “La commercialisation d’Urhelia était l’objectif de départ, le contrat est donc rempli. Grâce à cette vente, nous allons pouvoir réinvestir dans de jeunes chevaux et avancer”. Surpuissante, dotée d’un bon galop et rapide, comme elle l’avait prouvé à Lyon, Urhelia avait de quoi séduire. Pas question toutefois de se laisser griser par les nombreuses offres : “Dès lors que nous avons fait savoir que la jument était à vendre, j’ai reçu beaucoup d’appels, mais elle n’a été essayée qu’une fois. L’essai s’est déroulé chez Kevin et s’est très bien passé. Nous ne voulions pas faire n’importe quoi, et nous avons ciblé les offres les plus sérieuses”.
 
Particulièrement impliqué aux côtés de Marie-Caroline Besins dans cette aventure, Grégory Cottard a pu se glisser dans la peau d’un propriétaire ces derniers mois : “En suivant l’aventure commune de Kevin et Urhelia, j’ai vécu de super moments. Kevin nous envoyait les vidéos de ses parcours, je suivais les directs dès que je le pouvais, nous nous appelions en sortie de piste… J’ai vécu cela comme un propriétaire. Après m’être rendu à Calgary (où Urhelia Lutterbach a représenté la France dans la Coupe des nations et s’est classée troisième d’une belle épreuve à barrage, ndlr), je me suis tout de même dit que je n’étais toutefois pas prêt à être seulement propriétaire, et que je voulais continuer à monter (rires)”. 
 
La belle brune a également permis au Francilien de franchir un véritable cap en tant que cavalier, puisqu’elle l’a mené jusqu’en CSI 5* à plusieurs reprises, mais pas que : “Grâce à Urhelia, j’ai remporté mon premier Grand Prix CSI 3* (à Lier, en juillet 2018, ndlr). Elle m’a permis de beaucoup progresser et a contribué à énormément de belles choses. Cette vente couronne tout l’investissement de Marie-Caroline Besins, qui œuvre depuis plusieurs années dans l’ombre”, se réjouit Grégory Cottard
Bien conscient que la vente d’un cheval sous selle française à l’étranger puisse parfois susciter des crispations, Grégory Cottard a tenu à souligner l’importance de ces transactions pour le fonctionnement d’écuries de haut niveau : “Bien entendu, nous aurions aimé trouver des investisseurs pour que Kevin puisse conserver Urhelia. Nous avons cherché des solutions, en vain. Après une vente comme celle-ci, on peut lire des critiques, mais les gens ne se rendent pas compte que le fonctionnement d’une écurie implique des entrées d’argent, et que nous sommes obligés de vendre des chevaux. Bien sûr, j’aurais été ravi de pouvoir continuer à monter Urhelia moi-même, mais il faut être raisonnable.”

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  • weltmeyer - le 23/11

    Le débat est lancé. Il faut maintenant une vraie enquête journalistique de fond avec de vrais journalistes et non des pseudo reporters. Article de fond avec le thème : Combien coûte une année de compétition internationale ? Combien vaut un cheval de HN avec tableau de valeur entre les chevaux de Pro Elite, de 1*, 2*,3*,4*et 5*. Qu'un journaliste analyse les bilans des écuries de compétition, que les cavaliers expliquent leur vrai fonctionnement, leurs charges , leurs recettes ( pension, prix pour le travail , % sur vente, % sur gains, etc...), quelle stratégie commerciale et marketing utilisée pour attirer un sponsor, etc.... Qu'il y ait enfin la fin de l'omerta de tout ce petit milieu où tout se fait à la tête du client. Et qu'un cavalier explique la relation qu'il attend d'un propriétaire ( autre que son chéquier !). Eh oui pourquoi pas un fonds dédié au sein de la fédé pour conserver les chevaux de talent actuel et de devenir, comme à l'époque de l'écurie France. Il y a plein de possibilités financières à mettre en place si seulement les concernés travaillaient en commun pour le bien commun de la représentation française sur la scène internationale. Voilà l'enjeu. Donnez-nous envie d'investir à vos côtés plutôt que d'aller dans d'autres sports ou le ROI est plus intéressant.

  • ALBERT MUDA - le 23/11

    Eternel débat dès qu'un bon cheval part à l'étranger . Des proprios Français qui investissent et équipent des cavaliers Français , nous en avons . Je pense que si G. Cottard a "opté pour l'option M. Staut" , c'est que lui même n'a pas accès ou peu aux SI 5* . Je pense aussi que M. Saut est le 1er responsable de "son système" . Certains cavalier(e)s investissent dans des jeunes chevaux afin de les valoriser et de pouvoir les garder si très performants . Et je pense aussi que ce n'est pas à la fédé d'investir ; il y a qlqs années quand le département des Hauts de Seine avait donné de l'argent afin que Dollar du Murier reste en France , tout le monde n'était pas d'accord

  • rêveur - le 23/11

    Il est vrai que Grégory Cottard a fait travailler cette jument, en revanche s'il la fait confier à monsieur Staut, c'est que son travail" en amont", n'a jamais donné les résultats escomptés.....

  • mire - le 23/11

    C 'est là où la federation a un rôle à jouer, aider à garder les bons chevaux, d une manière ou d une autre, aide à l' entretien ,aux frais de déplacements, location de la jument, que sais je!!!!!!!!!!!!!!

  • pi3.14 - le 23/11

    "La France, "mot" que les propriétaires ne connaissent plus, quant il s'agit d'argent...." Je trouve ce genre de commentaire vraiment peu encourageant pour la filière. Heureusement qu'il y a des étrangers qui investissent dans nos chevaux pour faire vivre des milliers de personne en France!

  • muybien29 - le 23/11

    Et puis ceux qui critiquent n'ont qu'à investir et payer!

  • Gandalf - le 23/11

    Bah oui on peut dire merci a cette propriétaire qui investi a fonds perdus depuis des années.. pour que son écurie dure il faut bien vendre des chevaux... et des bons car c'est pas en vendant les moins bons qu'on fait tourner une écurie.. la vente de cette jument va lui permettre de garder d'autres bons chevaux (comme Bibici par exemple ..). Alors c'est vrai que c'est dommageable pour l'EdF mais il ne faut pas critiquer le choix compréhensible de cette propriétaire.. la critique est facile mais la réalité tout autre.. Et on peut aussi remercier G.Cottard pour son travail en amont qui a permis à K.Staut d'être rapidement compétitif..

  • rêveur - le 22/11

    Merci, à Kevin d'avoir montré les "talents" de cette jument, en revanche, peut on remercier la propriétaire, d'avoir préféré laisser partir la jument à l'étranger, plutôt que de la garder pour la France !!!! La France, "mot" que les propriétaires ne connaissent plus, quant il s'agit d'argent....

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