Olivier Bost et Pascal Forabosco dressent le bilan des Européens, entre frustration et satisfaction

Crédit : Scoopdyga (archive)

Jeudi 18 juillet - 18h24 | Propos recueillis par Inès Maharavo (avec Lucas Tracol)

Olivier Bost et Pascal Forabosco dressent le bilan des Européens, entre frustration et satisfaction

La semaine dernière, les meilleurs jeunes talents de saut d'obstacles et de concours complet du moment s'étaient donnés rendez-vous pour leurs championnats d'Europe à Zuidwolde et Maarsbergen. Si les Bleus du jumping, menés par Olivier Bost, sont rentrés bredouille, les complétistes tricolores de Pascal Forabosco ont ramené deux belles médailles par équipes, l'argent chez les Jeunes Cavaliers et le bronze chez les Juniors. Bilan avec les deux chefs d'équipe.

“Il n’y a pas eu de catastrophe”, Olivier Bost

Quel bilan tirez-vous de ces championnats d’Europe ?
Il s’agit d’une déception parce que tout était accessible pour les équipes. Nous avions un groupe France très uni, et surtout, une super ambiance ! Nous avions préalablement fait les stages de préparations, et nous avions amené un apport technique avec l’intervention d’Édouard Couperie. À mes yeux, tout allait bien et il n’y a pas eu de catastrophe, mais il y a eu trop de parcours à quatre points qu’on aurait pu transformer en sans-faute. Lors du CSIO Jeunes d’Hagen, les cavaliers ont accumulé les sans-faute, et pourtant, quinze jours après, nous avions des tours à quatre points en trop. Il y avait par ailleurs des couples qui découvraient les championnats. D’autres avaient vraiment envie de bien figurer, mais une barre de trop ici ou là leur a coûté cher.
J’ai surtout apprécié l’émotion qui régnait au sein du groupe : nous étions unis et émus par la peine que tout le monde avait parce que les cavaliers voulaient tellement des médailles. C’était assez émouvant quand on le vivait sur place. Certes, le résultat est frustrant mais la dynamique est bien en place ; il faut la garder afin que les générations futures aient envie de se battre pour aller chercher des médailles. 
 
Les Bleus auraient légitimement pu prétendre à de meilleurs résultats. Comment analysez-vous leurs classements face aux nations étrangères ? 
C’était un peu particulier car nous sommes tombés sur des groupes étrangers très forts. Je dirais que les équipe n’ont pas eu de chance, parce qu’encore une fois, les cavaliers ont fait des fautes qui n’avaient pas lieu d’être. Par exemple, Agathe Martin a subi un refus sur le n°1 alors que son cheval (Ateis de Clarence, ndlr)ne s’arrête jamais. Ensuite, Toscane Carloni Richard et Marie Damerio ont fait quatre points, et pourtant elles étaient parties pour être sans faute. Le championnat Enfants est une épreuve particulière : on n’a surtout pas le droit à l’erreur et il faut vraiment aligner les sans-fautes pour prétendre à une médaille. Malheureusement nous avions pris un handicap dès le premier jour puisqu’après les cinq premiers parcours, les trois meilleurs ont commis une faute. Le lendemain, elles ont toutes commis une faute. Cependant, au moment où l’équipe n’a plus été en lice pour une médaille et que les cavaliers ont commencé à courir en final individuel, ils ont bouclé quatre sans faute ! Je pense que c’est dû à un peu de stress et de manque de chance. J’avais emmené des cavaliers et des entraineurs qui avaient de l’expérience. Tout le monde a essayé de faire son possible. 
 
Quel est votre bilan pour les Jeunes Cavaliers ?
L’équipe des Jeunes Cavaliers n’était pas forcément celle que l’on avait prévu. Nous avions mis une équipe en place à Opglabbeek qu’on a dû modifiée à Hagen, puisque certains chevaux n’ont pas répondu présent. Par exemple, le cheval de Nina Mallevaey (Den Ham Blue R, ndlr)a couru la Coupe des nations de Fontainebleau (5 + 4 points, ndlr). Après cela, le couple a rencontré des soucis donc nous avions préféré qu’elle le retravaille sur le plat et dans de petites épreuves. De plus, le meilleur cheval de Camille Condé-Ferreira (Titan des Félines, ndlr)s’est blessé, elle a dû prendre son deuxième cheval (Dark Lady du Val du Geer, ndlr)et la jument a vraiment répondu présente ce qui m’a satisfait. Au départ, nous sommes partis là-bas pour faire prendre du métier à certains chevaux ou à certains cavaliers et je suis content de ce qu’ils ont réussi à faire. Même avec deux ou trois modifications pour les championnats d’Europe, j’ai trouvé que les cavaliers étaient au point et qu’il n’a pas manqué grand-chose pour réaliser une performance. Peut-être qu’il manquait un ou deux sans faute. Nous sommes partis là-bas sans ambition de médaille et je pense qu’au final, nous aurions pu en ramener. 
 
Quel va être le plan pour la suite ?
Tour d’abord, il y a les championnats d’Europe Poneys dans un mois. La semaine prochaine se tiendront les championnats de France et des As à Macon, où nous allons essayer de reconstruire et de retravailler pour les années futures. Ensuite, au mois de septembre il y aura la finale de la Coupe des nations à Opglabbeek. Je compte sélectionner à nouveau les couples présents aux championnats d’Europe, et nous allons essayer de donner la chance à d’autres jeunes pour préparer l’année prochaine. 
 

“Le bilan est très positif”, Pascal Forabosco

En complet, les Juniors ont décroché la médaille de bronze à Maarsbergen. Quelle est votre analyse de cette performance ?
Nous avions une équipe mixte avec des cavaliers d’expérience comme Nina Scherer et Elora Lyard, et nous avions nos deux piliers Julie Simonet et Zazie Gardeau qui ont assuré. Nous étions partis pour avoir l’argent par équipes, mais malheureusement, Cadeau du Roi, le cheval d’Elora Lyard s’est arrêté sur le n°1 du cross. Cette faute était inimaginable pour tout le staff. C’était une très mauvaise surprise, qui a bien sûr déstabilisé la cavalière, d’autant plus qu’il s’agissait de sa première sélection en équipe. Elle a géré comme elle a pu. Les autres se sont bien défendues ; toute l’équipe s’est battu pour cette médaille de bronze. Le cross était très difficile et technique. Je pense qu’il s’agit tout de même d’une très belle médaille pour tout l’équipe Juniors, qui a fait preuve d’une belle cohésion. Il est vrai que l’équipe Juniors est tellement habituée à être médaillée que cela devient presque un acquis pour eux. Parfois même, ils ne la savourent pas comme ils le voudraient parce qu’ils espéraient un peu plus. C’est quand même une belle performance que je félicite, ils ne s’en rendent peut-être pas compte mais nous avons fait face à des nations fortes comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Irlande, face auxquelles il faut se battre. 
 
Quels sont les perspectives d’avenir de cette équipe ?
Le groupe Juniors va être remodelé car Zazie Gardeau et Julie Simonet vont passer en Jeunes Cavaliers l’an prochain. Nous sommes donc en reconstruction, d’autant plus que nous avons une nouvelle vague et une nouvelle génération qui arrive. L’année prochaine va être un peu plus compliquée donc je tente d’anticiper un peu tout cela.
 
Les Jeunes Cavaliers ont empoché l’argent cette année. Comment analysez-vous cette performance ?
Les Jeunes Cavaliers étaient partis pour aller chercher une belle médaille d’argent ou d’or. Sur le papier, cela se présentait bien car nous avions des équipes en forme, et nous nous en sommes bien sortis. Après le cross, nous étions en tête avec deux médailles d’or provisoires, notamment grâce aux prestations de Morgane Euriat, qui n’avait jamais fait de championnats d’Europe, que ce soit en Juniors ou en Jeunes Cavaliers. 
Le dressage s’est plutôt bien déroulé dans l’ensemble. Cela reste du dressage, donc certains jugements ont été particuliers, et nous l’avons accepté. Le cross était très difficile et a donné lieu à beaucoup d’éliminations. Nos jeunes s’en sont bien sortis. Malgré tout, Victor Levecque et Phunambule des Auges ont conclu leur parcours avec un pins (une faute sur un obstacle frangible, ndlr), ce qui a ajouté 11 points à son score. Ces histoires de pins sont vraimment ennuyantes. L’année dernière, nous avions perdu une médaille d’argent individuelle avec Thaïs Meheust, et cette année nous perdons aussi une médaille avec un pins. Malgré tout, l’équipe est rentrée sans incident donc il s’agit tout de même d’une belle performance. 
Le lendemain lors de l’hippique, Phunambule a commis une faute sur le dernier obstacle, ce qui peut arriver. Ce cheval a tellement servi les équipes de France en ramenant de nombreuses médailles qu’on ne peut pas lui en vouloir. Par la suite, il y a eu le manque d’expérience de Morgane qui a conclu son parcours avec trois barres. La jument n’était pas trop disponible à la détente de ce test. À cela s’est ajouté la pression de la double médaille d’or qui a stressé la cavalière avant d’entrer en piste. Elle avait le droit à deux barres et elle en fait trois. C’est le jeu !
La médaille que nous avons obtenue est une médaille d’équipe, et ce n’est pas Morgane qui a fait une barre de trop. Il y a des dressages qui auraient pu être mieux notés, on a un pins sur le cross, et une barre par-ci et là. Toutes ces petites erreurs ont participé au fait que nous n’avons pas eu l’or. Le bilan est tout de même très positif, car d’habitude, à chaque fois que nous rapportions une médaille, l’année suivante nous rentrions bredouille et les résultats étaient catastrophiques. Ce détail, les cavaliers l’avaient en tête, et cela leur a rajouté une pression.

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