Lundi 06 juin - 12h38 | AnneClaireL

Saint-Gall : la Hollande en leader !

Au pays du chocolat, il y en a eu pour tous les gouts. Un gout de petite déception pour les Anglais et les Suisses qui se retrouvaient à la deuxième place ex-æquo pour trois petits points, derrière des Hollandais décidément en grande forme. Un goût de franche amertume pour les Français, qui sous la houlette de Henk Nooren, manquent leur troisième Coupe de la saison.


 
La Suisse se ressaisit !

Le classement comptait pour du beurre pour les Helvètes, relégués en 2010 en deuxième ligue, et qui ne prenaient le départ de cette Coupe des nations qu'en tant que pays hôte. Les Suisses avaient pourtant mis du croustillant dans leur tablette avec un Steve Guerdat des grands jours, double sans-faute avec Jalisca Solier au meilleur de sa forme. Beaux parcours également de Werner Muff avec le jeune Kiamon qui réalise une seconde manche avec un sans-faute de toute beauté. Pius Schwizer faillit faire le second doublé mais une petite touchette sur la dernière palanque emmenait un quatre point fatidique. L’audace d’Urs Grunig sera d’adjoindre la détermination de la jeune Janika Sprunger aux trois autres cavaliers plus expérimentés. Pour sa première participation en Top League, la championne d’Europe Juniors et Jeunes Cavaliers sortait avec quatre points de la première phase pour une faute sur la rivière avec le jeune Uptown Boy, suivi d’un huit points en seconde manche. « Je suis assez fier de mon équipe qui a su montrer que nous étions au niveau des équipes de première ligue. Fier aussi de l’envie et de la détermination d’un groupe, et d’une entente parfaite autour d’un seul objectif : unir pour progresser ! » On sent chez le nouveau chef d’équipe suisse une forme d’ambassadeur du bon sens qui sans arrogance tend à mener ses cavaliers vers un challenge crucial : les JO de Londres via les championnats d’Europe.

 
Côté britannique, c’est Scott Brash qui tire le double zéro avec Intertoy Z et on soulignera le bon retour de Nick Skelton (4 et 0) avec son Carlo. Le parfum orange aura donc dominé l’épreuve avec un total de cinq points sur les deux manches. Une belle prestation du duo Van der Vleuten père et fils qui réalisent chacun le double sans-faute. Sans doute un rare cas dans les anales de la Coupe des nations en Top League… Le chef d’équipe Rob Ehrens se dit « plus que satisfait de son équipe ou deux « jeunes » ont su tenir largement leurs rangs ». Une jeunesse moins en réussite pour l’Allemagne qui termine dernière du classement mais qui a eu l’audace d’aligner un quatuor peu aguerri à ce niveau d’épreuve : mis à part Olger Wulschner, Eva Bitter, Jan Sprehe et Jörg Oppermann signaient là leurs débuts en équipe première. Bonne opération pour les Américains qui prennent la quatrième place notamment par le double sans-faute de Christine Mac Crea sur Romanovitch Take One, un bon fils de Numéro Uno.

 
Mauvaise surprise pour la France

Le chocolat noir est celui des connaisseurs dit-on… Ce ne sera pas l’adage des cavaliers français dont l’expérience et la victoire de l’an dernier pouvaient laisser penser au bon goût du caractère… Kevin Staut, premier partant du groupe, surprend… Surprise totale d’ailleurs avec un refus au vertical sur bidet du n°4 et douze points à la sortie de ce premier tour. Le moral des Bleus prend un coup d'entrée de jeu ! Deuxième partant de l’équipe, Simon Delestre doit surtout gérer un Napoly du Ry un peu pressé d’en finir. Huit points et déjà des interrogations… Pénélope Leprevost en selle sur Topinambour, redonnait espoir avec un magnifique sans-faute. Idem pour Olivier Guillon dont le sang froid aura une nouvelle fois servi l’équipe. La seconde manche tourne au cauchemar pour Kevin Staut, éliminé sur le deuxième obstacle. Kraque Boom out, le trio restant se devait d’assurer. Malheureusement, quatre points pour chacun et tous les espoirs de reconquête qui s’envolent. Certes il y a eu de bons parcours mais si l’on pensait à un mauvais passage en début de saison, il y a immanquablement un changement de cap à opérer... Le nouveau capitaine serait-il déboussolé par cette affluence de responsabilités ? Si on a reproché à son prédecesseur un manque de communication, il risque d’y avoir chez les Bleus de Nooren un manque de résultats ! Seul Simon Delestre acceptait quelques mots d’explication : « Avec les déboires de Kevin, on se devait d’assurer. Napoly était chaud au premier tour et nous fautons sur le dernier : ce n’est pas de chance. Je dirais qu’on a vraiment manqué de réussite car les tours étaient bons. On ne va pas se laisser abattre et la saison n’est pas finie. » Les Bleus devraient avoir à cœur de se reprendre dès aujourd’hui dans le Grand Prix Liebherr et surtout dimanche pour le Grand Prix Longines, pour lequel Nicolas Delmotte tentera de qualifier Luccianno*HN qui signe là son retour au haut niveau après sa saison de monte…

 
A Saint-Gall, Christian Gerhard

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