Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome

Magnifiques Henrik von Eckermann et Tovek's Mary Lou.
Crédit : Scoopdyga

Vendredi 24 mai - 20h35 | À Rome, Sébastien Roullier

Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome

Déjà victorieuse de cette épreuve en 2000, la Suède a remporté pour la deuxième fois de son histoire la Coupe des nations du CSIO 5* de Rome, cet après-midi sur l’enchanteresse Piazza di Siena. L’Irlande, ainsi que les Pays-Bas et la Belgique, ex æquo, ont complété le podium, tandis que la France a dû se contenter d’une sévère huitième place.

L’ESSENTIEL

L’ESSENTIEL - Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome

Très belle seconde manche de Cian O'Connor et PSG Final.
Crédit : Scoopdyga

Sur le papier, la Suède, l’Irlande, la Suisse et, dans une moindre mesure, l’Italie faisaient figures de favorites dans la Coupe des nations du CSIO 5* de Rome, qui s’est disputée cet après-midi sur la piste ovale en herbe d’une très, très grande qualité de l’indémodable place de Sienne. Double tenante du titre, la Squadra Azzurra, finalement cinquième, a montré un visage positif. Elle a sûrement été un peu handicapée par la sage décision de ne pas repartir en seconde manche de Lucia Le Jeune Vizzini, dont le tout bon Loro Piana Filou de Muze s’est mis à boiter au paddock en raison du réveil d’une seime au pied de l’antérieur gauche.
 
En revanche, sous le soleil de Rome, dont les pins parasols des jardins de la Villa Borghèse avaient bien du mal à canaliser la puissance, la Suisse a subi une vraie douche froide. Bien mal lancée par le tour à vingt-quatre points de Pius Schwizer, qui a subi un très étonnant refus d’About a Dream devant le vertical 2, elle s’est relancée avec le bon tour à quatre points de Barbara Schnieper et Cicero F, puis a totalement sombré lorsque Martin Fuchs a essuyé à son tour une sévère désobéissance de The Sinner. Le cheval s’est même cabré à plusieurs reprises et le vice-champion du monde a eu bien du mal à le calmer… Steve Guerdat, l’un des deux héros de la victoire helvétique de vendredi dernier à La Baule, a alors signé un sans-faute presque sans histoire avec Vénard de Cerisy, que l’on devrait revoir dimanche dans le Grand Prix. À égalité avec la France, la Confédération n’a présenté en seconde manche que Barbara, laquelle a alors concédé deux fautes.
 
La victoire s’est donc jouée entre les deux autres favorites, la Suède et l’Irlande, qui se sont marquées à la culotte durant un bonne partie de l’épreuve. Ainsi, elles ont toutes deux bouclé le premier acte avec quatre points, grâce aux sans-faute d’Henrik von Eckermann (Tovek’s Mary Lou) et Angelie von Essen (Luikan Q) d’un côté, et de Peter Moloney (Chianti’s Champion) et Darragh Kenny (Important de Muze) de l’autre. Au second acte, les Scandinaves, déjà vainqueurs ici en 2000, ont pris l’avantage dès la première rotation grâce au double clear round d’Henrik et Mary Lou, face auxquels Mark McAuley et Jasco van de Bisschop ont concédé leur second tour à quatre points (vertical 11 défendu par une palanque en première manche, puis vertical 10 sur bidet en seconde manche). Après la faute d’Angelie sur l’oxer 9c de sortie du triple, le Trèfle pouvait recoller au score, mais le jeune Peter a renversé l’oxer final 12 et a lâché un point de temps en route. La troisième rotation n’a pas rééquilibré le jeu, vu que Fredrik Jönsson, la révélation des Jeux équestres mondiaux de Tryon, a encaissé neuf points sur l’excellent Cold Play (fautif sur l’oxer 7 au premier acte), battu sur le vertical 9a d’entrée du triple et le 11, et que Darragh s’est lui incliné sur le même 9a… Après s’être lui aussi laissé surprendre par l’abord de ce vertical 9a en première manche, le génial Peder Fredricson, souffrant pourtant d’une élongation à une jambe, n’a pas manqué l’occasion d’offrir la victoire aux siens avec H&M Christian K. Cian O’Connor a eu beau corriger ses deux fautes (rivière et oxer 9c) et même livrer une copie parfaite sur PSG Final, l’Irlande a dû se sustenter de la deuxième place.
 
Les bonnes équipes de Belgique et des Pays-Bas se sont partagé la troisième marche du podium, devançant l’Italie, l’Allemagne, Israël et la France, la Suisse ayant été éliminée.

(la lecture se poursuit ci-dessous)

L’ESSENTIEL - Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome


LES BLEUS

LES BLEUS - Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome

Simon Delestre et Uccello de Will ont marqué de gros points cet après-midi.
Crédit : Scoopdyga

Loin d’être favorite, avec quatre paires qui n’avaient jamais sauté une Coupe des nations de ce niveau, dont une invitée à la dernière minute après les forfaits d’Alexandra Paillot et Edward Levy, la France, finalement huitième, a vécu une première manche difficile et une seconde bien plus encourageante sur le parcours très costaud et délicat de l’Italien Uliano Vezzani. En début d’après-midi, Simon Delestre a bien ouvert les hostilités avec Uccello de Will, ne concédant qu’une faute sur le vertical 4b de sortie du double. En revanche, on a compté douze points pour Félicie Bertrand et le petite Sultane des Ibis, qui ont fauté sur l’oxer 1 puis sur l’oxer 4a sur bidet et la très sensible palanque 11. Douze points aussi pour Olivier Perreau et Venizia d’Aiguilly, battus le vertical 5, la rivière placée en 6 et l’oxer 9c de sortie du triple. Ce triple a également coupé le bel élan de Kevin Staut et Calevo 2, parfaitement bien lancés dans l’épreuve. À la suite d’une incompréhension à l’abord du vertical 9a, le couple s’est difficilement arrêté devant le 9b, avant d’effectuer une volte , de repartir et d’encaisser une seconde faute anecdotique sur l’oxer final 12, soit un total de quinze points avec le temps dépassé.
 
Après la pause, on a vu un Simon impérial sur Uccello, une Félicie toute proche du sans-faute – maudit vertical 2 – avec la féline Sultane, tout comme Kevin Staut, qui ne s’est laissé prendre que d’un antérieur de Calevo sur la rivière. Seul Olivier Perreau n’a pas été en mesure d’améliorer son score, concédant seize points avec la belle jument issue de son élevage, mais il n’y a sûrement pas lieu d’accabler un cavalier qui n’avait encore jamais porté la veste bleue. Gageons que les récents vainqueurs d’un Grand Prix CSI 4* de l’Hubside Jumping à Grimaud auront d’autres occasions de s’exprimer en équipe nationale. En attendant, Simon et Uccello ont gagné aujourd’hui le droit de sauter la Coupe des nations de Sopot, en juin, la seule que la France sautera sur sable avant les championnats d’Europe Longines de Rotterdam. En quête de pilotes d’expérience pour repartir à la conquête de la qualification olympique de son équipe, Thierry Pomel a plus qu’apprécié de retrouver le Lorrain à un tel niveau, même si Uccello reste un cheval à vendre…
 

LE TOP ET LE FLOP

LE TOP ET LE FLOP - Dix-neuf ans après, la Suède gagne sa deuxième Coupe des nations à Rome

Chapeau Daniel Deusser et Tobago Z!
Crédit : Scoopdyga

LE TOP. Dans cette épreuve difficile, il n’y a finalement eu que deux doubles sans-faute. Outre Henrik von Eckermann et Mary Lou, décevants en finale de la Coupe du monde Longines à Göteborg mais déjà vainqueurs cette année des Grands Prix Rolex de Bois-le-Duc et Windsor et Longines d’Amsterdam, on a apprécié à sa juste valeur le retour en équipe d’Allemagne de Daniel Deusser. Plus de deux ans après sa dernière apparition sous la veste rouge de la Mannschaft, il a produit un doppio netto de toute beauté avec Scuderia 1918 Tobago Z, déjà quatrième à Göteborg et vainqueur cette année du Grand Prix CSIO 5*-W de Bordeaux, sous les yeux des copropriétaires de l’étalon, le Belge Stephan Conter et les Italiens Emanuele et Maria Anchisi. Bien joué!
 
LE FLOP. Dure, très dure après-midi pour Jeroen Dubbeldam, qui a lâché pas moins vingt points en première manche, puis vingt et un au second acte avec Roelofsen Eldorado S, un hongre de dix ans qui disputait, certes, sa première Coupe. Même quand on dispose d’un palmarès aussi incroyable que celui du champion du monde, olympique et d’Europe, il demeure périlleux de lancer un cheval sans référence sérieuse dans une telle épreuve… Le Néerlandais, qui l’a payé à ses dépens, va peut-être finir par croire que Rome ne veut plus de lui, lui qui avait déjà souffert ici avec son fameux SFN Zenith en 2016 (quatre puis seize points dans la Coupe, abandon dans le Grand Prix), 2017 (vingt-six points puis abandon dans la Coupe) et 2018 (huit puis quatre dans la Coupe et abandon dans le Grand Prix)…
 
Le parcours
Les résultats

À lire également...

Réagissez

Le mag

GRANDPRIX #110 GRANDPRIX n°110 OCTOBRE

GRANDPRIX #110

(GRANDPRIX n°110 OCTOBRE)

S'abonner à GRANDPRIXAcheter GRANDPRIXProgramme Avantages

Twitter