Daniel Deusser bombe le torse à Bordeaux… où le Grand Prix n’a fait de cadeau à personne!

Crédit : Scoopdyga

Samedi 09 février - 23h59 | À Bordeaux, Sébastien Roullier

Daniel Deusser bombe le torse à Bordeaux… où le Grand Prix n’a fait de cadeau à personne!

Après ceux de Vérone et Madrid, Daniel Deusser a remporté son troisième Grand Prix Coupe du monde Longines de la série 2018-2019, ce soir à Bordeaux. Impeccable et diablement efficace en selle sur Tobago Z, l’Allemand aura marqué pas moins de quatre-vingt-dix-neuf points dans cette Ligue d’Europe de l’Ouest. Le Belge Grégory Wathelet et l’Espagnol Eduardo Álvarez Aznar ont complété le podium de cette épreuve terriblement délicate, associés à Iron Man van de Padenborre et Rokfeller de Pléville.

S’il est un homme de cheval qui a dû frissonner tout au long du Grand Prix Coupe du monde Longines de Bordeaux, c’est bien Jean-François Morand. Et pour cause, l’Aquitain officie pour la première fois dans le costume de chef de piste de cette étape historique du circuit hivernal après avoir longtemps secondé Uliano Vezzani. En 2017, l’Italien avait quelque peu loupé le coche, avec un barrage fleuve à dix-neuf concurrents, avant de rectifier le tir l’an passé avec dix sans-faute. Désormais, c’est donc un Français qui est aux manettes, et il faut s’en réjouir. Après les deux parcours parfaits des trois et quatrième concurrents, cet éternel insatisfait a dû craindre d’avoir dessiné un tracé trop aisé ou de ne pas avoir assez serré le temps imparti. Mais il n’en a rien été, puisque les tribunes archi combles du Parc des expositions n’ont finalement vu que six sans-faute.
 
Non seulement le menu a été subtil, avec une première courbe très délicate entre le vertical 3 aux couleurs de GRANDPRIX et les barres de Spa en 4, ainsi que le double vertical-oxer placé en 8, dont l’entrée est tombée à six reprises. Mais il s’est aussi avéré exigeant avec un triple oxer-vertical-oxer qu’il fallait aborder dans les meilleures dispositions pour en sortir indemne. Ainsi, le vertical 10b a été renversé douze fois et l’oxer 10c pas moins de dix-sept fois, soit par 43,6% des partants! Parmi les victimes de cette diabolique combinaison, on a compté bon nombre de Français (lire notre analyse ici), mais aussi des stars du circuit, à l’image du Suisse Steve Guerdat, pénalisé de seize points avec Hannah, du Suédois Henrik von Eckermann, huitième avec l’inépuisable Tovek’s Mary Lou, de l’Allemand Marcus Ehning, qui a encaissé huit points avec Funky Fred – il pourrait bien manquer la finale de la Coupe du monde pour la première fois depuis l’an 2000 (!) ; en tout cas, il devra compter sur deux forfaits pour aller à Göteborg –, du Néerlandais Maikel van der Vleuten, quatorzième sur Verdi TN, de l’Allemand Ludger Beerbaum, fautif trois fois avec Casello, de l’Irlandais Bertram Allen, à deux reprises avec Molly Malone V, tout comme le tenant du titre belge Pieter Devos, sur Espoir, et le Britannique Scott Brash, associé à Hello Jefferson.
 
La finale au chronomètre a donc opposé six couples, dont trois que l’on n’attendait pas franchement à pareille fête. Juchée sur Cheppetta, tout de même déjà douzième à Madrid et septième à Malines, Céline Schoonbroodt de Azevedo a péché sur la sortie du triple réduit en double et pris une très belle sixième place. Du coup, la Belge se retrouve troisième sur la liste d’attente pour Göteborg. Excellente opération pour son compatriote François Mathy Jr, auteur d’un parfait double sans-faute en selle sur Uno de la Roque, qui a arraché son ticket pour Göteborg! Un poil moins téméraire, la Norvégienne Marie Valdar Longem n’en a pas moins signé la plus belle performance de sa carrière en terminant cinquième de ce Grand Prix Coupe du monde avec l’exceptionnelle Si la Sol de Greenbay Z.
 
Il semblait évident que la victoire se jouerait entre les trois derniers barragistes, plus attendus à ce stade de la compétition. Grégory Wathelet a lancé les hostilités avec son vif et costaud Iron Man van de Padenborre, qu’il a fait galoper jusqu’au bout sans jamais le reprendre, même pas déconcentré par la perte d’un protège-glome. Le Belge – ils étaient donc trois sur six! – s’est grandement satisfait de la deuxième place, lui qui n’avait pas fait de ce circuit hivernal sa priorité. Eduardo Álvarez Aznar, lui, était bel et bien venu en quête des derniers points qui lui manquaient pour valider son ticket pour la Suède, ce qu’il a su accomplir avec brio sur Rokfeller de Pléville, troisième ce soir. Mais rien n’a finalement pu empêcher Daniel Deusser, qualifié de très longue date pour le sommet indoor du printemps, de remporter une troisième étape dans cette si relevée Ligue d’Europe de l’Ouest après celles de Vérone et Madrid. Aux rênes de Tobago Z, l’Allemand est allé tout schuss et a été le seul à prendre une option qui lui a fait gagner suffisamment de temps pour devancer Grégory Wathelet d’une seconde et demie. C’est sur ce même alezan que le vainqueur de la finale de Lyon en 2014 devrait tenter sa chance en Suède, où il comptera forcément parmi les grands favoris.
 
Les résultats
Le parcours
Le classement final de la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du monde Longines

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