“Quel avenir pour le dressage en France ?”, Anne-Sophie Serre

Ici à Rotterdam, Anne-Sophie Serre et Vistoso de Massa ont largement joué le jeu de l'équipe de France pour leur première saison de Grand Prix.
Crédit : Lucas Tracol

Mercredi 22 août - 14h46 | Propos recueillis par Lucas Tracol

“Quel avenir pour le dressage en France ?”, Anne-Sophie Serre

Nous l’avons appris ce matin, la France n’enverra aucun dresseur à Tryon pour les Jeux équestres mondiaux. Pour GRANDPRIX-Replay.com, la cavalière du Sud Anne-Sophie Serre s’est exprimée sur cette décision, et n’a pas caché sa déception. 

C’est un coup de théâtre auquel peu étaient préparés, pas même les cavaliers... Emmanuelle Schramm-Rossi nous a conrifmé ce matin qu’aucun cavalier français de dressage ne traverserait l’Atlantique pour défendre la bannière tricolore lors de Jeux équestres mondiaux de Tryon, en septembre. Une décision difficile à accepter pour la cavalière tricolore Anne-Sophie Serre, qui s’était tant investie cette saison avec son jeune Vistoso de Massa. “C’est une déception totale. Pour moi bien sûr, mais également pour toute l’équipe qui m’a entourée cette année, à commencer par les éleveurs et propriétaires du cheval (la famille Massa, ndlr). Cette saison a représenté pour eux un investissement financier énorme. Nous avons parcouru presque dix mille kilomètres pour courir les différents passages obligés. Nous sommes rentrés dans les clous je pense, mais les résultats ne semblent apparemment pas suffisants. Ils sont en tout cas révélateurs de progression. Malgré cela, les décisionnaires ont apparemment peur de voir l’équipe de France en bas de classement”, regrette la dresseuse tricolore. 
 
Pour Anne-Sophie Serre, ce scénario ne présage rien de bon pour le dressage en France, qui a pourtant connu une dynamique positive ces dernières années. “Je trouve cela dommage car on a tous besoin de se montrer, de se sentir également soutenus par la fédération et de voir notre travail et nos progrès valorisés. Je parle d’ailleurs de nos progrès à tous, et pas uniquement des miens. Je pense que pour notre discipline, il est primordial qu’en France les jeunes puissent s’identifier à des cavaliers de haut niveau en nous voyant sur de grosses échéances. Cette année ce sera pas le cas... Quel avenir pour le dressage en France ? C’est un peu la question que l’on se pose tous. On pense que la situation est vraiment compliquée ici donc on est en train de voir les choses un peu différemment...”,réfléchit-elle. 
Pour la cavalière de Provence, la pilule est difficile à avaler et aucune alternative ne lui semble imaginable. “On s’attendait à tout sauf à cela... À part envoyer un ou deux français en individuel, une solution à laquelle ils semblent farouchement opposés, je pense qu’il n’y a pas d’espoir”. 
 
Deuxième du Grand Prix CDI 3* de Compiègne, vainqueur du Grand Prix CDI 3* de Crozet et de la Coupe des nations du CDIO 5* d'Hickstead avec les Bleus, le couple que forment Anne-Sophie Serre et son étalon avait participé à presque tous les passages obligés pour une potentielle sélection pour Tryon. La déception de la cavalière est encore plus grande lorsqu’elle prend en compte les efforts faits malgré le jeune âge – neuf ans – de son Lusitanien gris Vistoso de Massa.  “Je trouve que d’avoir pris part à toutes les étapes de sélection alors que mon cheval est si jeune était une sacrée marque de confiance. J’ai seulement fait l’impasse sur le CDI de Vierzon, ce que j’avais fait savoir à la fédération après Rotterdam. Cela aurait été trop pour mon cheval, car même sans cette étape, cela représente une saison très chargée pour un étalon qui débute seulement le Grand Prix. Il a en tout cas un devenir certain, c’est pour cela que c’est d’autant plus décevant”, déplore-t-elle. 
 
Après avoir rêvé de la Caroline du Nord pendant toute la saison, Anne-Sophie Serre devra donc se concentrer sur de nouveau objectifs, non sans une pointe d’amertume... 

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  • weltmeyer - le 22/08

    De l'amertume, le sentiment d'un travail de forçat non récompensé . Quand on connaît l'engagement de cet éleveur, on imagine sa , leur déception collective. Une idée pour rebondir , changer de nationalité

Le mag

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