“Si chaque cavalier propriétaire est responsable et fait preuve de bon sens, le risque de venir en concours reste à ce jour le même que d’habitude”, Dr. Christophe Schlotterer à propos de la rhinopneumonie

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Crédit : Scoopdyga

Vendredi 27 avril - 19h22 | Propos recueillis par Lucas Tracol

“Si chaque cavalier propriétaire est responsable et fait preuve de bon sens, le risque de venir en concours reste à ce jour le même que d’habitude”, Dr. Christophe Schlotterer à propos de la rhinopneumonie

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux et les médias s’agitent à propos de l’accroissement de cas de rhinopneumonie, ainsi qu’à la suite de la publication d’une carte des cas recensés en France par le Réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine (RESPE). Certains cavaliers ont de ce fait pris la décision de faire une croix sur un concours, tandis que quelques organisateurs ont fait le choix d’annuler leur évènement. Pour faire le point sur la situation, GRANDPRIX-Replay.com a donné la parole au Docteur Christophe Schlotterer, vétérinaire équin en Seine-et-Marne et délégué vétérinaire de la Fédération équestre internationale (FEI) lors de compétitions internationales.   

GPR. : La rhinopneumonie, qu’est-ce que c’est ? 
Dr. Christophe Schlotterer : La rhinopneumonie est une maladie du cheval qui est due à un herpès virus. Il existe cinq types d’herpès virus, les formes les plus courantes étant le type 1 (EHV 1), responsable de signes, neurologiques et d’avortements et le type 4 (EHV 4), responsable de signes respiratoires. C’est plutôt à cette-dernière forme de maladie que nous avons à faire actuellement chez les chevaux de sport. 
Sans tomber dans l’optimisme béat, il est important de rappeler que nous ne faisons pas face à un cataclysme sanitaire exceptionnel. En France, nous rencontrons la rhinopneumonie sous toutes ses formes chaque année, de façon régulière et habituelle. La rhinopneumonie est un virus que les vétérinaires rencontrent quotidiennement et qui existe sur le territoire depuis toujours. Néanmoins, la situation actuelle est particulière, puisque le nombre de cas recensé semble, au mois d’avril, plus important que d’habitude. Le Réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine devrait communiquer demain à ce sujet.
 
GPR. : Comment se transmet-elle et quels sont les signes cliniques ? 
Dr. C.S. : Le virus se transmet entre les chevaux qui respirent à proximité, par le biais d’aérosols (fines particules en suspension) ; soit indirectement à travers les aérosols fixés sur le matériel, les mains etc. Le virus peut également se transmettre en cas de contact avec un avorton ou des secrétions utérines après un avortement dû à un herpès virus. 
Comme tout herpès virus, le virus reste latent dans l’organisme après première infection, et peut être réactivé lors d’une baisse d’immunité ou d’un stress. 
Dans la forme respiratoire, les chevaux présentent un jetage muco-purulent, de la fièvre et/ou de la toux. Dans la forme nerveuse, ils présentent des troubles nerveux allant de troubles de l’équilibre à la paralysie complète des membres postérieurs. Ces symptômes peuvent êtres simultanés ou apparaitre de façon individuelle. Dans la forme abortive on, observe des avortements de juments gestantes. 

GPR. : Comment se prémunir des risques ? 
Dr. C.S. : La meilleure prévention reste de faire vacciner son cheval, ce qui permet de préparer l’organisme à une potentielle contraction du virus. Pour les chevaux ayant été vaccinés il y a plus de six mois, il est indiqué de leur faire un rappel. Pour ceux qui ne le sont pas encore, il est recommandé de commencer la vaccination dès que possible. Celle-ci sera pleinement efficace un mois après la première injection, une fois le rappel effectué. 
En concours, il faut éviter les contacts entre les chevaux,bannir les abreuvoirs en commun, préférer l’individualisation du matériel. Évidemment, il est nécessaire de surveiller l’état général, de prendre la température et de prévenir rapidement son vétérinaire en cas d’hyperthermie (lorsque la température corporelle du cheval est supérieure à 38°C). Au retour d’une compétition, il faut continuer la surveillance du cheval pendant huit jours. 
 
GPR. : Quels sont les risques liés à la venue compétition ? 
Dr. C.S. : La concentration de chevaux venant d’écuries différentes sur un même lieu favorise bien évidemment les échanges de microbes et virus. Il faut donc que les compétiteurs soient solidaires et responsables, seuls les chevaux en bonne santé doivent être amenés en compétition. Il ne faut pas emmener en concours les chevaux qui présentent des signes de toux, de jetage, en d’hyperthermie, qui auraient une baisse d’appétit, ou qui viendraient d’une écurie dans laquelle des chevaux ont montré des symptômes suspects. 
Si chaque cavalier propriétaire est responsable et fait preuve de bon sens, le risque de venir en concours reste à ce jour le même que d’habitude. Chacun doit prendre les dispositions nécessaires et avant tout faire preuve de bon sens : seuls les chevaux en parfaite santé doivent se rendre en compétition. 
 

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