L’assemblée générale de la Société Hippique Française (SHF) : des évolutions encourageantes mais un secteur fragile

Crédit : Scoopdyga

Vendredi 20 avril - 10h02 | Justine Mattioli

L’assemblée générale de la Société Hippique Française (SHF) : des évolutions encourageantes mais un secteur fragile

L’AG se déroulait mardi 17 avril dans une salle, rue de Naples (8e arrondissement de Paris). L’occasion de faire le bilan de l’année écoulée en présence de MM. Dominique de Bellaigue, président du Trot et du comité de gouvernance et Cédric Charpentier, adjoint au chef du bureau du cheval, ministère de l’Agriculture.

Un bilan mitigé

Les trois présidents des commissions statutaires Elevage, Valorisation et Commercialisation ont d’abord pris la parole.
Pour l’élevage, Pascal Cadiou a évoqué d’abord un changement important : « La participation aux concours d’élevage était cette année conditionnée à la double adhésion à une Association nationale de race et à une Association régionale d’éleveurs associés à la SHF ». 6 004 engagés en 2017, soit comme en 2016. Néanmoins, deux baisses importantes ont été soulignées : « Dans la catégorie 2 ans, 3 ans et poulinières Endurance, les effectifs ont été en forte baisse respectivement à hauteur de 55%, 50% et 21 %, précise le président de la commission. Ces baisses s’expliquent par l’annulation de concours (9 en 2017) et le peu d’attractivité de la Finale nationale compte tenu de la diminution de sa dotation. Baisse inquiétante aussi sur les concours de 3 ans Sport, monté et non monté, en recul de 23% et 12% par rapport à 2016. Le recul des naissances en Selle Français entre 2013 et 2014 en est l’une des raisons ».
Yves Chauvin en a profité pour fustiger la baisse des dotations qui ne peut être qu’un frein à la participation des éleveurs dans le circuit des 3 ans. La baisse des naissances de chevaux de sport est un « catastrophique » et la SHF a alerté les pouvoirs publics mais déplore un attentisme et un aveuglement délétères. La maison mère s’est donc employée à mettre en place des nouveautés pour soutenir le secteur : « les moyens vidéos, le pré-testage à 3 ans et lier l’année des 3 et 4 ans pourra aussi être une piste ».
Le nombre de poulinières de Sport présentées a par contre continué de progresser : une augmentation de 13% en 2017 (3 642). Une tendance liée à la prime PACE (Prime d’aptitude à la compétition équestre). L’enveloppe globale a été de 1 213 K€ répartit comme suit : 317 K€ Modèle et allures, 725 K€ Pace Sport SF, 21 K€ Pace Sport AA, 105 K€ Pace Poneys, 44 K€ Pace Endurance.
Yves Chauvin a ensuite présenté les nouveautés du site SHF-concours qui a été l’un des « gros chantiers de la SHF en 2017 ». L’accent a été mis sur une plus grande structuration du secteur de l’élevage grâce au « développement des adhésions et des comptes individuels ainsi que sur les engagements sur les concours d’élevage ». SHF-concours s’intègre dans un système global de refondation du site de la SHF qui n’avait pas eu lieu depuis 10 ans. Il s’est agi de mettre en place un véritable outil pour les éleveurs de chevaux et de poneys de sport avec toutes les informations sur les circuits de 0 à 6 ans.
Danièle Mars a ensuite présenté le bilan de la commission Valorisation. Comme les naissances ont été en baisse, le nombre de participants a donc baissé de 3% (117 912). Il y a eu 1 189 concours organisés soit une très légère baisse alors que le nombre d’épreuves est en progression de 1% (9 764). Si on ventile ces chiffres on se rend compte que le nombre de partants est en baisse de 3% en CSO (concentre 82% des partants globaux), de 6% pour le dressage et de 7% pour les poneys. Seul le CCE enregistre une augmentation de 11%.
Sur les Finales nationales, Yves Chauvin observe plus d’engagés à Fontainebleau (1 753 chevaux engagés en 2017, +3%), un chiffre stable pour Pompadour (331 engagés) et Saumur (229 engagés). Seules les finales d’attelage et d’endurance ont enregistré des baisses.
Philippe Lemaistre a enfin pris la parole pour la commission Commercialisation. Il a présenté les opérations commerciales par le biais de SHF market : « 120 000 utilisateurs, plus de 300 000 sessions, 2 000 000 de pages vues, 12% des connexions en provenance de l’étranger et 38 % de nouveaux visiteurs ». Dans sa présentation M. Lemaistre a noté un bémol dans la stratégie de l’UNIC qui est peu compréhensible et sans doute dans une profonde mutation qu’il est important d’observer.
Yves Chauvin a repris la parole pour présenter brièvement le projet SHF vidéo qui lui tenait très à cœur. Le projet a été opérationnel en mars 2017 et a permis de diffuser les vidéos des finales, des différents concours d’élevage. Une véritable plateforme avec 1 551 personnes abonnées en 2017. Un partenariat avec la société allemande ClipMyHorse, « leader dans la diffusion live », a été lancé pour accroître le « rayonnement des concours de la SHF et la visibilité des jeunes chevaux et poneys au niveau international […] La plateforme est considérée aujourd’hui comme une véritable révolution pour l’ensemble de la filière sport. Elle n’a pas d’équivalent ».

Perspectives pour 2018

Une nouvelle gouvernance pour la filière reposant sur les Sociétés Mères. M. Dominique de Bellaigue a été nommé président de cette nouvelle structure pour 6 mois. Ce comité de gouvernance rassemble les différentes parties pour parler d’une seule voix notamment dans les communications auprès du gouvernement, du parlement et de l’Europe.
Yves Chauvin a détaillé les premiers travaux initiés : « mener une réflexion et proposer la mise en place d’une politique nationale du cheval et notamment sur son financement. Travailler sur les modalités d’application d’un taux de TVA réduit sur les activités de la filière. Soutenir le projet des JO 2024 ».
Enfin le président de la SHF a évoqué l’épineux problème des financements de la filière. Il a préconisé la pérennisation des financements pour la filière à travers la création de trois fonds : un Fonds Equitation, un Fonds Elevage et un Fonds Territorial. Il s’est inscrit pour une réflexion sur la prime PACE pour la rendre plus incitative. Il a poursuivi en détaillant des sessions de travail pour rebooster les circuits de valorisation dans les secteurs Endurance, Dressage et CSO. Il a mentionné la poursuite en 2018 des sessions de formations en CSO et CCE (pour les cavaliers jeunes chevaux) qui ont rencontré un grand succès en 2017. Il a terminé en évoquant le site de Vichy et les prochaines étapes de sa transformation en un « véritable pôle hippique de la région Auvergne Rhône Alpes en complément de celui de Chazey ».
Avec la réforme de la cartographie des régions, les difficultés économiques, la certaine gabegie qui existe dans la filière, la dernière AG ordinaire avant l’AG élective de 2019 a démontré l’implication des différents acteurs et de la SHF en particulier.

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