“Les gens veulent se rapprocher de notre sport”, Sabrina Ibáñez

Crédit : Liz Gregg/FEI

Vendredi 13 avril - 09h12 | Propos recueillis par Ian Clayton

“Les gens veulent se rapprocher de notre sport”, Sabrina Ibáñez

En tant que secrétaire générale de la Fédération équestre internationale (FEI), Sabrina Ibáñez travaille étroitement avec le président Ingmar de Vos à superviser et développer les sports équestres et para-équestres à travers le monde. GRANDPRIX Heroes s’est entretenu ave celle quelques jours avant le Forum des sports – réunion annuelle contribuant à orienter la politique de FEI – qui s’est tenu fin mars à Lausanne, en Suisse. Il a été question des principales priorités de la Fédération, du récent débat sur les formats des compétitions olympiques, des finales parisiennes des Coupes du monde Longines de saut d’obstacles et FEI de dressage qui se déroulent cette semaine, mais aussi de singes excentriques, de rénovations de meubles et d’une sonnerie de téléphone qu’elle ne se lasse jamais d’entendre. Un entretien à retrouver en intégralité dans le dernier numéro de GRANDPRIX Heroes. 

G.P.h. : À quoi ressemble la journée de travail type d’une secrétaire générale de la FEI ?
S.I. : Il n’y en a pas vraiment. Disons que je suis plutôt très occupée ! Avec des hauts et des bas, bien sûr. J’essaie de passer autant de temps que possible au bureau parce que la FEI emploie plus de quatre-vingt-dix personnes. J’ai besoin de savoir ce qui se passe et de soutenir ces employés vraiment talentueux et passionnés qui m’entourent. Un certain nombre de personnes relèvent directement de moi, donc je dois être là pour m’assurer que tout va dans le bon sens.
 
G.P.h. : Que retenez-vous des finales de Coupe du monde disputées l’an passé à Omaha, aux États-Unis ? Et quelles sont vos attentes vis-à-vis de Paris ?
S.I. : Omaha, c’était absolument fantastique ! Quand je repense à ce que les organisateurs ont réussi à faire... Beaucoup de gens doutaient de leurs capacités à s’en tirer, et ils l’ont vraiment fait. Ce qui est intéressant, c’est qu’en dehors de la salle, j’ai parlé à beaucoup de spectateurs parce que je savais qu’ils n’étaient pas vraiment issus du monde équestre. Et ils étaient tellement excités, disant : “Oh mon Dieu, c’est incroyable !”. Ils ont été réellement captivés par les performances de nos athlètes, alors c’était génial. La force de la Coupe du monde est d’être un vrai circuit mondial.
Le fait de voir ces finales de retour à Paris est fantastique. Jacinte Giscard d’Estaing, qui est décédée en début d’année, a organisé de merveilleux concours à Bercy pendant vingt ans. Il est bon de se souvenir de cette femme incroyable qui a fait tant pour le sport. Nous sommes très heureux de revenir à Paris. Cela va être complètement différent d’Omaha. Paris est une ville emblématique et élégante, et l’influence culturelle française fera vivre au public une expérience très différente. Le groupe GL events est un organisateur fabuleux et très expérimenté, qui a déjà reçu ces finales en 2014 à Lyon et qui accueille chaque saison des étapes qualificatives des circuits de saut d’obstacles et de dressage, alors nous sommes vraiment impatients d’être à Paris.

“Longines apporte un soutien exceptionnel et fidèle aux sports équestres”

G.P.h. : Comment décririez-vousle partenariat historique qu’entretiennent Longines et la FEI dans l’univers des sports équestres ?
S.I. : Longines apporte un soutien exceptionnel et fidèle aux sports équestres. Il suffit de penser que cette histoire remonte à 1912 pour se rendre compte qu’il s’agit d’un vrai partenariat, marqué par l’amitié et la loyauté. C’est incroyable. La FEI est honorée d’œuvrer avec un partenaire aussi formidable. C’est un vrai partenariat, où les deux entités travaillentdans le même sens pour atteindre de nouveaux territoires et mettre en valeur la magnificence et l’élégance de nos sports. Nous sommes étroitement liés, comme des frères et sœurs. C’est une vraie histoire de famille.
 
G.P.h. : La FEI est très impliquéeen matière d’égalité des sexes et de valorisation de la femme, des valeurs que Longines promeut également à travers ses Ladies Awards…
S.I. : Ces prix rendent hommage aux femmes dont les carrières ont démontré une influence positive et un réel engagement en faveur de la cause équine. Au-delà des lauréates, ils encouragent l’autonomisation des femmes. Il y a aussi ces montres Longines magnifiquement ciselées et élégantes célébrant les femmes équestres, participant à la promotion de notre sport et de notre partenariat avec Longines. Donc je trouve génial d’avoir ces fantastiques prix pour honorer les femmes. Nous constatons qu’elles œuvrent souvent en coulisses, alors les récompenser avec une montre me semble parfaitement juste.
 
G.P.h. : Vous êtes devenue secrétaire générale de la FEI en 2015 après avoir occupé divers postes au sein de l’organisation,de la gouvernance aux ressources humaines et de la finance à l’administration du sport.En quoi cette expérience vous aide-t-elle à assumer votre nouveau rôle ?
S.I. : Avoir travaillé dans différents départements et avoir un assez bon aperçu de la FEI m’a certainement aidé. La période d’adaptation aurait peut-être été plus longue pour une autre personne. Pour ma part, j’ai travaillé très étroitement avec trois secrétaires généraux, dont notre actuel président. Pour autant, honnêtement, cela n’a pas été si facile au début, j’ai dû apprendre. Même si je savais plus ou moins ce qui m’attendait, la quantité de travail et les défis n’ont pas manqué !(rires)Mais c’est une belle expérience, car je dispose d’un partenaire formidable en la personne de mon président. En cas de doute, une simple porte sépare nos deux bureaux, ce qui facilite vraiment les échanges au quotidien.
 
G.P.h. : Ces dernières années, vous avez conduit ensemble plusieurs réformes majeures, dont celle très controversée des formats des compétitions olympiques.Quand vous repensez à ce débat et à la façon dont il a été mené, quel est votre état d’esprit ?
S.I. : Le changement est toujours difficile. Mais pour nous, c’était assez simple. Nous avons reçu du CIO le mandat suivant : « changer ou être remplacé » (du programme olympique, ndlr). Il nous fallait atteindre plus de territoires et renforcer l’universalité des épreuves équestres aux Jeux, donc voir plus de drapeaux flotter autour de la piste olympique. Pour rappel, nous ne disposons que d’un quota de deux cents chevaux pour le saut d’obstacles, le concours complet et le dressage – pas plus, pas moins. Nous devions donc créer un format permettant à d’autres nations de participer aux Jeux. En outre, lorsqu’un pays sait qu’il a davantage de chances de pouvoir concourir, son comité national olympique se met à soutenir le sport. Et quand une fédération nationale reçoit des financements de celui-ci, le sport accélère son développement. Cela vaut dans le monde entier. C’est ce message que nous devions transmettre à toutes les parties prenantes de la famille équestre. Cela nous a pris près de trois ans, mais nos fédérations nationales membres ont finalement tout à fait compris ce message, ce qui s’est traduit par le vote de la réforme lors de notre assemblée générale de Tokyo, fin 2016. Elles ont parfaitement saisi la nécessité d’évoluer pour rester dans le programme olympique et permettre à d’autres très bons athlètes de participer au plus grand événement sportif de la planète. Ce n’était pas facile, mais notre Forum des sports nous a permis d’en débattre. Nous avons impliqué tous ceux qui devaient l’être : partenaires, cavaliers, organisateurs et propriétaires. Certains n’ont pas approuvé ce projet. Pour autant, en juin 2017, quand nous avons reçu du CIO la confirmation de notre maintien au programme olympique, ainsi que l’approbation des formats que nous avions soumis pour les Jeux de Tokyo 2020, sans réduction de notre quota d’athlètes – contrairement à d’autres sports –, je crois tout le monde a réalisé que c’était la bonne chose à faire.

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