Les structures équestres aussi ont dû faire face aux inondations

Le Cercle hippique de Romilly-sur-Seine a dû évacuer sa cinquantaine d'équidés.
Crédit : Collection privée

Mardi 30 janvier - 13h36 | Lucas Tracol

Les structures équestres aussi ont dû faire face aux inondations

Voilà quelques jours qu’une partie de la France est sous l’eau… Le niveau des fleuves et des rivières est en effet monté très haut dans plusieurs régions de France. Particulièrement concernés, le centre et l’est de la France ont dû faire face à des inondations causées par la montée de la Meuse, du Rhin, de la Seine et de leurs affluents. Et les structures équestres n’ont pas été épargnées, comme nous l’ont expliqué Philippe Bellanger, moniteur au Cercle hippique de Romilly-sur-Seine et Nicolas Parigot, régisseur au Jumping de Maisons-Laffitte.

Les nouvelles pluies annoncées devraient ralentir la décrue de la Seine en amont de Paris, alors que le niveau de l’eau monte encore en aval. Depuis plusieurs jours, une partie de la France subit une montée exceptionnelle de ses fleuves et rivières, causant des inondations dans de nombreux foyers. Aujourd’hui, douze départements sont toujours placés en vigilance orange par Météo France (Saône-et-Loire, Aube, Marne, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Paris, Hauts-de-Seine, Yvelines, Val-d’Oise, Eure).
 
Les structures équestres n’ont pas été épargnées par ces phénomènes, et certaines écuries ont même été contraintes d’évacuer les chevaux et poneys, comme cela a été le cas pour le Cercle hippique de Romilly-sur-Seine, dans l’Aube. “Nous avons dû évacuer les cinquante chevaux et poneys samedi.”, nous a expliqué Philippe Bellanger, moniteur au sein la structure. “Mercredi passé, le syndicat des eaux m’a annoncé que les eaux montaient. Nous n’avons pas reçu d’ordre d’évacuation mais j’ai tout de même commencé à lister des écuries qui pouvaient nous accueillir. Jeudi et vendredi, la situation est restée stable et j’ai pu assurer les cours dans le manège samedi matin. À 13h15, la décision a été prise d’évacuer les chevaux car le maire a donné l’ordre d’ouvrir les vannes (afin d’éviter que les eaux partent sur le canal de Ravois, et non pas dans la rivière de Faverolles, de sorte à éviter une inondation de près de trois-cents habitants, ndlr). Ils nous ont inondés en quelque sorte”, a-t-il poursuivi. 
Grâce à la mobilisation des licenciés de son écurie, des gérants de structures voisines et d’inconnus, Philippe Bellanger a pu trouver des foyers provisoires à tous ses pensionnaires. “J’ai passé beaucoup de coups de fil aux écuries qui pouvaient nous accueillir, et j’ai fait mettre un message sur la page Facebook de l’écurie. Beaucoup de gens nous sont venus en aide, les propriétaires ont récupéré leurs chevaux et les cavaliers de club nous ont prêté main forte. Certaines personnes que je ne connaissais pas nous ont épaulés, sont venus chercher les chevaux pour les mettre en sécurité. Globalement, l’évacuation s’est bien passée. Certaines personnes ont récupéré deux ou trois chevaux, ça m’a vraiment simplifié la vie. Nous sommes un centre équestre associatif et tout le monde s’est retroussé les manches pour vider les écuries et tout mettre en lieux sûrs.” 

À ce jour, le centre équestre est toujours fermé. “Nous ne sommes pas complètement sous l’eau, il y a des infiltrations d’eau dans le manège mais rien de grave. Nous sommes dans l’expectative car de la pluie est annoncée jeudi et vendredi. Nous sommes près de la Seine et de l’Aube, et les lacs de rétention d’eau sont en tension maximum. Nous avons mis la partie habitation en sécurité grâce à des sacs de sable mais nous ne savons pas comment la situation va évoluer, tout va dépendre des prochaines pluies. Pour l’instant aucun dégât n’est irrémédiable, les chevaux sont au sec et la solidarité nous a énormément aidée”, a conclu le moniteur.  

Au nord-ouest de Paris, la crue de la Seine a en revanche fait davantage de dégâts au Jumping de Maisons-Laffite, une structure qui met à disposition des terrains mais sur laquelle aucun équidé n’est présent à l’année. “Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’eau est arrivée sur l’hippodrome mais n’avait pas encore atteint les carrières. C’est dans la nuit suivante qu’elle est arrivée légèrement sur les carrières, puis son niveau n’a cessé de monter. Aujourd’hui, nous sommes vraiment les pieds dans l’eau, tout est recouvert”, a expliqué Nicolas Parigot, régisseur du Jumping de Maisons-Laffite.
 
Déjà touchée en 2016, la structure a dû faire face à une quantité d’eau très importante comme le montre la vidéo ci-dessous, enregistrée à l’aide d’un drone ce week-end. “Nous allons faire un point demain avec la mairie, mais la quantité d’eau est vraiment impressionnante. C’est pire qu’en 2016 ! Cela fait cinq ans et demi que je suis au Jumping de Maisons-Laffite et nous n’avons jamais eu à faire face à cela auparavant. Nous avons eu des épisodes neigeux qui nous ont bloqués, mais rien de comparable à ces inondations. Les carrières seront sans aucun doute abimées quand la décrue s’amorcera. En 2016, nous avions déjà eu quelques dégâts après la décrue ; les obstacles du spring garden ont dû être remis en place, et certains n’ont pu être réparés. Nous avions tout de même mis tout ce qui craignait en hauteur”.  
Par ailleurs, si des dégâts avaient déjà été causés par la crue il y a un an et demi, le bilan risque d’être encore plus mauvais cette fois-ci. “Quand l’eau se retire, elle n’emmène pas avec elle tous les déchets qu’elle a apportés. En 2016, nos carrières avaient donc été abimées et je pense que le bilan sera encore plus mauvais cette année. L’eau est beaucoup plus sale qu’il y a un an et demi, que ce soit en quantité de déchets ou de couleur. Je pense qu’à Maison-Laffite, peu d’écuries ont été touchées car elles sont plus loin de la Seine et situées plus haut que nous. Comme nous, l’hippodrome et le golf ont pâti de cette inondation. J’ai publié une vidéo ce week-end qui a été visionnée plus de 15 000 fois, et je vais en refaire une demain avec mon drone. Je pense que les gens vont halluciner ! Heureusement, nous n’avons pas de chevaux à gérer et nous avons juste à attendre”, a conclu Nicolas Parigot. 

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