“Une super expérience”, Alexis Deroubaix

Alexis Deroubaix et Timon d'Aure à Genève
Crédit : Scoopdyga

Mardi 12 décembre - 17h07 | Marc Verrier

“Une super expérience”, Alexis Deroubaix

A Genève, Alexis Deroubaix disputait son premier CSI5* et il s'est montré à son avantage. Grâce à une très belle cinquième place le samedi dans la Coupe de Genève à 1,55 m, Alexis et Timon d'Aure ont obtenu leur qualification pour le Grand Prix dominical.  Malgré leurs deux fautes dimanche, le couple est loin d'avoir démérité et a su montrer au sélectionneur, Philippe Guerdat, qu'ils pouvaient être à la hauteur sur de tels parcours. À trente ans, le cavalier du Haras du Plessis, d'André et Annick Chenu, s'affirme comme une des valeurs montantes du saut d'obstacles français. Au même titre qu'un Benoît Cernin, qui a également réussi un très beau concours helvétique.

Grand Prix Replay : Quelles sont vos impressions après ce premier concours cinq étoiles et comment s'est passé le concours jusqu'au Grand Prix ?
Alexis Deroubaix : C’était une super expérience d’avoir la chance d’évoluer au milieu des meilleurs cavaliers mondiaux et de faire un Grand Prix aussi prestigieux. C’était très difficile de se qualifier pour le Grand Prix, car ils n’en prenaient que quarante et il y avait déjà huit qualifiés d’office par leurs performances aux Jeux olympiques, Jeux équestres mondiaux ou championnats d’Europe.
Pour me qualifier, je n’avais qu’une chance, car je ne pouvais pas courir directement la grosse épreuve à 1,55 m du premier jour. Il fallait déjà aller vite et Timon n’avait encore jamais fait ça. Donc, nous avons préféré le mettre dans une épreuve plus petite le jeudi, où il est huitième sans aller vite, et tout miser sur la Coupe de Genève, où il fallait être dans les cinq premiers, ce que nous avons fait. Dans la Coupe de Genève samedi, j’ai senti que Timon s’était promené sur le premier tour comme au barrage. Avant de faire le barrage, je savais que j’étais qualifié pour le Grand Prix, donc je n’ai pas cherché à aller très vite pour ne pas dérégler le cheval pour dimanche. 

GPR : Comment avez-vous senti Timon dans le Grand Prix ? Hormis un gros effort en sortie de triple, il n'a pas semblé en difficulté.
A.D. : Le Grand Prix était une très bonne expérience. Ce qui change à ce niveau-là, c’est le rythme des épreuves et le galop qu’il faut avoir pour être dans le temps, ainsi que les obstacles qui s’enchaînent très vite.
Dimanche, il y avait un très gros Grand Prix et il a montré qu’il avait la mesure pour le faire. Il y a juste deux fautes techniques, mais ce ne sont pas non plus des très grosses fautes. Pour l’entrée de double, si j’avais su, j’aurais peut-être fait six foulées, mais le temps était serré.
Mais je suis content, parce que j’ai réussi à être dans le temps avec lui, malgré que ce soit court et malgré notre faible expérience sur ces parcours.
Je ne l’ai pas spécialement senti à l’effort. En sortie de triple, il a un peu pédalé dans l’oxer, mais ça nous arrivait aussi avant quand il a commencé les trois étoiles à huit ou neuf ans. Il faut qu’il prenne la mesure de ces parcours-là et qu’il se mette sur la hauteur. C’est un cheval très sensible qui a besoin de prendre confiance en lui.
En sortant de piste, j’avais des regrets car je pensais que nous aurions pu être sans-faute, mais je suis content, car quand j’ai vu ensuite passer les autres cavaliers qui avaient beaucoup plus de métier que moi, j’ai trouvé que nous n’avions pas été ridicules. Philippe Guerdat m’a dit que c’était déjà super ce que nous avions fait par rapport à la difficulté du parcours.
Je pense que si on faisait encore deux ou trois Grands Prix cinq étoiles, nous pourrions être au point pour que ça passe et que l’on soit sans-faute.

GPR : Commencer par un tel Grand Prix, c'était quand même un peu un cadeau empoisonné !
A.D. : C’était vraiment énorme et c’est vrai qu’un Grand Prix cinq étoiles plus petit aurait été sûrement mieux pour commencer. Là, on avait les meilleurs cavaliers et les meilleurs chevaux et il n’y a eu que cinq sans-faute. Mais Timon n’en a pas souffert du tout. C’est une difficulté supérieure à tout ce que nous avions fait jusqu’ici, mais on se connait depuis deux ans, on a nos codes et nous n’avons jamais fait de parcours catastrophiques, donc il a confiance en moi aussi. Il y a deux ans, on ne pensait pas qu’il aurait les moyens pour faire ça, mais maintenant, on sait qu’il peut tout sauter. 

GPR : Derrière Timon d'Aure, y a-t-il d'autres chevaux qui pourraient venir l'épauler sur les grosses épreuves ?
A.D. : Derrière Timon, nous comptons beaucoup sur Aldo du Plessis. On pense que si on le construit bien, ce sera la relève de Timon. Après, on n’est jamais sûr qu’il pourra faire des Grands Prix comme dimanche dernier, mais pour l’instant, il montre toutes les qualités pour le faire. C’est un cheval qui est trompeur, car il a beaucoup de sang. On peut galoper long temps, il n’est jamais fatigué, c’est un cheval qui a huit poumons et trois cœurs. Il a une grosse capacité à supporter le boulot et il est très droit dans sa tête. Il répète toujours les mêmes sauts, en n’étant jamais ouvert, il fait toujours des sauts ronds. Il est très respectueux et en ne veut faire que des sans-faute, donc c’est déjà bon signe. Après, il ne va avoir que huit ans, la route est longue… Celui-là, je crois qu’André Chenu ne voudra jamais le vendre, c’est son cheval de cœur.
Il y a aussi Secret du Pays d'Auge, qui est peut-être un peu plus un cheval pour les épreuves intermédiaires. Mais si on fait les choses bien, l’année prochaine, il pourrait faire les quatre étoiles. C’est un cheval surprenant, qui s’est baladé lorsqu’on l’a mis en trois étoiles. Mais il est mieux en extérieur. 

GPR : Quel est le programme pour cet hiver et le début de saison prochaine ?
A.D. : Pour l’instant, nous faisons une pause et nous n’avons encore rien planifié pour la saison prochaine. Nous allons nous occuper des six ans et bien les mettre pour l’année prochaine, où nous en aurons sept. On reprendra au mois de février, je pense, mais nous ne savons pas encore où nous allons aller. Ça dépendra également si Philippe Guerdat veut nous sélectionner pour certains concours. 

GPR : Hormis André et Annick Chenu, travaillez-vous avec d'autres personnes ?
A.D. : Il y a Henri Prudent avec qui je travaille de temps en temps et qui est venu nous faire sauter une semaine et demie avant Genève. Il nous a également bien aidés à Genève, sur les paddocks ou pour les reconnaissances de piste, c’était vraiment top. Et puis, il nous porte bonheur, puisqu’il y a eu plusieurs fois où il était venu nous faire travailler et que nous avons ensuite gagné un Grand Prix le dimanche.
Il revient sur des petites choses que l’on sait déjà, mais auxquelles on ne prête plus spécialement trop attention à force de travailler ensemble avec André et Annick et il apporte un œil extérieur. Il positive toujours, en plus c’est un bon copain à André et c’est toujours dans la bonne humeur.
La semaine d’avant, j’étais allé en stage au haras de Hus, travailler avec Jessica Michel et Gilles Botton. On a notamment travaillé Aldo sur le plat, ça m’a fait du bien de reprendre les bases en dressage. Cet hiver, je vais essayer de bien me consacrer à ça aussi, j’en encore besoin de passer un petit cap en ayant encore mieux mes chevaux sur le plat. 

GPR : Après plus de deux ans passés au Haras du Plessis, la collaboration semble se passer à merveille...
A.D. : Oui, je suis très bien au haras du Plessis et nous nous entendons bien avec André et Annick, donc il n'y a pas de raison de vouloir changer. Nous travaillons sur du long terme et nous construisons l'avenir.

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