Lundi 04 décembre - 16h12 | Par Lulu Kyriacou, traduit par Lucas Tracol

Sommes-nous nous en train de tuer nos chevaux par excès d’attention ?

La semaine passée, la World Horse Welfare Conference, une conférence visant à discuter de sujets gravitants autour du bien-être équin, s’est déroulée à Londres. Avec la participation d’un panel d’experts, les problèmes liés à la santé des chevaux ont été soulevés.

“Tuons-nous nos chevaux par excès d’attention ?” C’est autour de cette question que les discussions se sont animées lors de la World Horse Welfare Conference la semaine passée à Londres. À la tête de la World Horse Welfare, une association ayant pour but d’améliorer le quotidien des chevaux en Grande-Bretagne, Roly Owers a résumé le sujet en soulignant que les chevaux ne doivent pas être traités et objectivés, comme des humains. Pour souligner son argument, il a pris l’exemple des propriétaires préférant laisser leurs chevaux à l’intérieur par crainte qu’ils aient froid ou qu’ils soient sous la pluie. Même si cela part la plupart du temps d’un bon sentiment, il a été prouvé que cette forme d’humanisation pouvait s’avérer néfaste pour le bien-être des équidés. Dans certains cas extrêmes, cela peut d’ailleurs s’apparenter à de la maltraitance. Un problème a ici été soulevé : les propriétaires essaient parfois de trop préserver de leurs quadripèdes, sans toujours apporter un soin particulier à des données primordiales, à l’instar du choix et de la qualité de la nourriture distribuée. Un manque de connaissance évident qui résulte en partie de la difficulté à trier les innombrables informations et conseils, notamment sur internet.
 
L’obésité du cheval gagne du terrain
Dans la nature, le cheval est l’un des plus grands athlètes. Il fait partie des animaux qui se peuvent se déplacer le plus longtemps, le plus loin et à la vitesse la plus élevée parmi tous les mammifères terrestres. Le système digestif du cheval est composé d’intestins mesurant environ vingt mètres, nécessitant une alimentation régulière et par petites quantités. Toutefois, la WHW a observé que cette donnée était de plus en plus oubliée, à en juger par le nombre croissant de chevaux obèses qu’elle recueille. Constamment en mouvement au naturel, le cheval utilise massivement son énergie pour trouver de l’eau et de la nourriture, et conserver une chaleur naturelle suffisante en hiver. S’il reste donc une demi-journée en box, il ne dépense pas d’énergie et n’a pas conséquent pas besoin de manger autant de foin que s’il était en mouvement. Cela s’applique particulièrement aux petits poneys, particulièrement exposés aux très douloureuses fourbures.

Quid des couvertures, casse-tête de l’hiver 
La peau des chevaux est relativement épaisse si on la compare à celle des vaches par exemple. Trop épaisse d’ailleurs pour que le cuir ne soit utilisé dans l’habillement. Pour preuve, elle est toutefois utilisée pour les protections des motards, spécialement sur les vestes et les pantalons au niveau des coudes et des genoux. De ce fait, même un cheval tondu ne ressent pas les changements de température de la même manière que les humains. Seul un écart de température important et soudain provoque chez les quadrupèdes une difficulté pour l’organisme à conserver une chaleur corporelle suffisante. Cette peau épaisse leur permet d’ailleurs de mieux résister à la chaleur que les Hommes, à la condition qu’ils aient un accès à l’eau. Globalement, il a été observé que les propriétaires couvraient trop leurs chevaux, que ce soit en hiver ou en été (!). Les associations de défense animale sont d’ailleurs régulièrement contactées à la belle saison pour des cas de chevaux souffrant terriblement de la chaleur avec une couverture sur le dos.
Par ailleurs, le poids de la couverture et l’altération de la liberté de mouvement qu’elle entraine parfois peuvent être à l’origine de pathologies dorsales et de problèmes articulaires.
 
Le retour au naturel
Parmi les dernières tendances, le retour d’un mode de vie dit plus “naturel” pour le cheval a pris de l’ampleur. Dans la plupart des cas, les chevaux ne sont alors pas ferrés, ce qui ne pose aucun souci si le pied est entretenu et bénéficie de toute l’attention nécessaire. Malheureusement, le retour au naturel veut pour certains dire moins de soins, donne lieu à une consultation de professionnels de la santé moins régulière, voire inexistante. Il en va de même pour d’autres parties du corps, comme par exemple pour ce qui concerne les soins dentaires.
 
Une journée mondiale du cheval ? 
L’association WHW a profité de la conférence pour proposer une journée internationale du cheval, le 17 septembre 2018. L’occasion de mettre les chevaux au centre de l’attention, le temps d’une journée.
 
Retrouvez l’intégralité de la conférence en vidéo (et en anglais) ci-dessous. 

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  • Alexandra Dubois - le 05/12

    Super ! Et bien de préciser qu'il y a aussi des extremes dans le naturel