“Au même moment l’année dernière nous pleurions tous”, Karine Boué, co-propriétaire de Quinette du Quesnoy

Deuxième en partant de la droite, Karine Boué a eu de quoi sourire aux côtés de Quinette du Quesnoy et Laurent Goffinet.
Crédit : Raynald Aubert/Equi Seine

Vendredi 24 novembre - 12h47 | Propos recueillis par Lucas Tracol

“Au même moment l’année dernière nous pleurions tous”, Karine Boué, co-propriétaire de Quinette du Quesnoy

Dimanche dernier au CSI 4* de Rouen, Quinette du Quesnoy s’est adjugée la troisième place du Grand Prix CSI 4* sous la selle de Laurent Goffinet. Un an jour pour jour après s’être blessée, la fille d’Helios de la Cour a signé un retour à très haut niveau remarqué, faisant le bonheur de son entourage et particulièrement de ses propriétaires du haras de Lacke, dont Karine Boué est l'une des associés. Également co-organisatrice du CSI 4* de Rouen, Karine Boué a eu deux motifs de satisfaction ce week-end puisque Quinette du Quesnoy a réalisé l’une des plus belles performances de sa carrière et que les retours sur le concours ont été excellents. Pour GRANDPRIX-REPLAY, elle s’est confiée.

 - “Au même moment l’année dernière nous pleurions tous”, Karine Boué, co-propriétaire de Quinette du Quesnoy

Laurent Goffinet et sa fidèle Quinette à la remise des prix du Grand Prix CSI 4* de Rouen.
Crédit : Raynald Aubert/Equi Seine

Pour Karine Boué, associée du Haras de Lacke qui est propriétaire Quinette de Quesnoy, le CSI de Rouen édition 2017 n’a pas eu la même saveur qu’en 2016. “L’année dernière à Rouen, Quinette s’est blessée. Alors qu’elle rentrait en piste dans le Grand Prix dimanche, au même moment l’année dernière nous pleurions tous dans le camion car le diagnostic n’était pas terrible.” Un passage difficile qui n’est désormais qu’un lointain souvenir. Dans le Grand Prix CSI 4*, la jument grise a en effet accroché la troisième place au terme d’un barrage à neuf. De retour au sommet de sa forme, Quinette a repris le rythme progressivement. “Elle a été très bien soignée et Laurent a repris la saison en la mettant vraiment dans le confort et en prenant son temps. Quinette a été arrêtée de novembre à février l’année dernière et a repris gentiment le travail au mois de mars. Elle a refait des petites épreuves jusqu’au Grand Prix de Saint-Lô où elle a fait quelques fautes, mais il fallait la remettre sur la hauteur.”
 
Avec ses deux casquettes, Karine Boué a eu de quoi être satisfaite. “C’est vraiment génial parce qu’à Rouen Quinette a réalisé sa plus belle performance. Cela prouve que Laurent est très bon et que lorsqu’il a un cheval qui va bien il est capable du meilleur. Ce beau résultat a été la cerise sur le gâteau pour moi en tant que co-organisatrice du concours !
À l’avenir, elle va continuer comme ça et tirer vers le haut d’autres très bons jeunes chevaux puisqu’elle est assez bien épaulée. C’est la jument de tête, et derrière nous avons Atome (des Étisses, ndlr), Delphi et Alicante (de Moune, ndlr), des chevaux qui vont progresser grâce à elle. Nous sommes propriétaires de Delphi depuis moins de deux ans, c’est une jument qui n’avait pas beaucoup d’expérience quand nous l’avons récupérée mais qui est très prometteuse. Elle a encore besoin de travail et va s’endurcir, mais ce qu’elle montre est déjà assez fabuleux. T’Intely Lande est une bonne jument, et elle est performante en 1,45m grâce à Laurent. C’est elle qui a qualifié Quinette pour le Grand Prix à Rouen. Atome quant à lui va prendre huit ans, et c’est vraiment un excellent cheval. Toutefois, nous n’allons pas tous pouvoir les garder car nous avons de très bons jeunes chevaux derrière. Jusque-là, nous ne tirons pas de plans sur la comète.”

Avec un tel groupe de chevaux, l’objectif est clair mais Karine Boué préfère garder la tête froide et rester à l’écoute des chevaux du haras de Lacke. “Si nous n’espérions pas un retour en équipe de France pour Laurent, nous ne ferions pas tout cela. Ce sont les chevaux qui nous diront si c’est possible ou non. L’an passé, nous avons bien pris conscience avec la blessure de Quinette que nous sommes peu de choses. Si la santé des chevaux le permet, c’est bien sûr notre volonté. Nous ne sommes pas les seuls décideurs, la santé des chevaux, les résultats en concours et le sélectionneur national auront le dernier mot.”

“Beaucoup de très bons retours”

Non seulement comblée par la performance de Quinette, Karine Boué a également été on ne peut plus satisfaite par le déroulement du CSI 4* de Rouen (qui affichait pour la première fois une quatrième étoile) dont elle est la co-organisatrice. “Le concours s’est vraiment très bien passé, il y a eu beaucoup de très bons retours. Nous avons su écouter les remarques constructives que nous avons eu lors de notre premier CSI 3* l’an dernier. Dix mètres ont été rajoutés au paddock de détente, les halls ont été beaucoup plus décorés et au niveau de notre équipe, nous avons réussi à apprendre de nos erreurs. Comme nous ne savions pas trop où nous allions l’an dernier, nous ne pouvions pas vraiment déléguer car nous découvrions le hall. Cette année, nous avions une vraie équipe de bénévoles répartis sur des tâches différentes, ce qui nous a permis de beaucoup mieux vivre l’évènement et de profiter de notre concours. Nous nous sommes faits plaisir, ce qui n’a pas vraiment été le cas en 2016. Ça ne s’était pas vu, mais en interne il était difficile de tout gérer. Le CSI de Rouen est un concours familial, j’espère que cela a été perceptible. Nous sommes le seul 4* organisé par des bénévoles, ce n’est pas notre métier et nous sommes une bande d’amis. Pour continuer, il falloir que l’on trouve des partenaires car financièrement c’est compliqué. Nous avons très envie de rempiler, mais l’argent est le nerf de la guerre. Il faut que l’on fasse nos comptes, afin de voir si nous n’y avons pas laissé trop de plumes.”

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