La FFE, la Fédération européenne et le Club des cavaliers réclament un classement mondial plus juste

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Mercredi 08 novembre - 16h52 | Par Sébastien Roullier et Lucas Tracol

La FFE, la Fédération européenne et le Club des cavaliers réclament un classement mondial plus juste

Lors de la prochaine assemblée générale de la Fédération équestre internationale (FEI), organisée du 18 au 21 novembre à Montevideo, en Uruguay, la Fédération équestre européenne (FEE), soutenue par la FFE et le Club international des cavaliers de saut d’obstacles (IJRC), ont demandé que soit mise à l’ordre du jour la réforme du classement mondial Longines. Face notamment au développement de la Global Champions League, ces parties prenantes des sports équestres estiment qu’il y a urgence à agir, alors que la période de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo débutera le 1er janvier 2018.

Dans une lettre ouverte destinée à sensibiliser tous les membres de la communauté équestre avant l’assemblée générale de la FEI, Henk Nooren, ancien cavalier de haut niveau et actuel sélectionneur de l’Espagne, a souhaité faire le point sur la modification du système d’invitations de la FEI, auquel seront soumis tous les CSI 5*, exception faite de ceux appartenant à des circuits de compétition. Comme lors du dernier Forum des sports, organisé en avril dernier à Lausanne, le Néerlandais pointe surtout le Longines Global Champions Tour (LGCT) et la Global Champions League (GCL), double circuit qui devrait comporter vingt étapes l’an prochain, contre quinze cette saison.
 
Selon l’ancien entraîneur national de l’équipe de France, dont l’analyse est pleinement partagée par l’IJRC, la FEE et la FFE, le développement des séries créées par Jan Tops et Frank McCourt pose problème quant à l’équité du classement mondial Longines, dans la mesure où il distribue de très – trop – nombreux points à un nombre très restreint de cavaliers, dont la plupart doivent leur participation à ces CSI 5* à leur appartenance à une écurie devant débourser 2 millions d’euros par saison. Dès lors, comme l’IJRC, propriétaire de ce classement, l’avait exprimé lors de son assemblée générale, fin août à Göteborg, Henk Nooren estime qu’il y a urgence à en modifier les règles et la formule, d’autant que la période de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo. Pour rappel, le classement mondial sert de support à l’attribution de places individuelles aux nations non qualifiées par équipes.
 
À ce jour, le nombre de points distribués par épreuve repose sur une classification établie en fonction des seules dotations, sauf pour les Coupes des nations et grands championnats. Comme l’IJRC, Henk Nooren, la FEE et la FFE jugeraient plus juste que cette classification tienne compte du système d’invitations adopté par chaque série, et donc que les concours dépassant le seuil de 20% de wild-cards – pour ne pas dire de pay-cards –soient pénalisés, voire ne rapportent plus de points. Même si les systèmes régissant la participation aux CSIO ainsi qu’à la Coupe du monde diffèrent de la nouvelle règle de 60-20-20 (autrement dit 60% des participants invités en fonction de leur place au classement mondial, 20% par la fédération nationale du pays hôte du CSI et 20% par les organisateurs), Henk Nooren rappelle très justement que ces deux types de concours respectent on ne peut mieux les principes d’équité sportive et qu’ils permettent aux outsiders et aux jeunes de se confronter à armes égales avec les tout meilleurs.

"Nous devons défendre notre sport et son futur”, Henk Nooren

Ces différentes parties prenantes estiment donc que ces exceptions ne déséquilibrent pas l’évolution du classement mondial, au contraire du LGCT et de la GCL, dont le système d’invitation validé par la FEI dans le cadre d’un protocole d’accord confidentiel signé en février 2017 est le suivant : 30% de participants invités en fonction de leur classement mondial, 10% par la fédération nationale du pays hôte et 60% par les organisateurs. “La teneur exacte de cet accord n’était alors connue que par un groupe restreint de personnes, et n’a été mis à jour qu’au moment où sa confidentialité a été critiquée. Il a dès lors été clair que le système d’invitations 60-20-20 ne s’appliquait pas au LGCT et à la GCL. Pour ce circuit, il est acté que 60% des cavaliers sélectionnés doivent faire partie d’une équipe, et donc payer un droit à concourir de 2 millions d’euros par saison. La FEI a accordé ce privilège aux événements LGCT/GCL sous prétexte qu’il s’agit de circuits. Compte tenu de ce précédent, dans le futur, n’importe quel CSI 5*/4*/3*/2* faisant partie d’un circuit pourra réclamer ces mêmes privilèges”, explique Henk Nooren. “Le futur des CSI 5* reste donc incertain. En théorie, la proposition de la FEI obligeant tous les CSI 5* à suivre la règle du système d’invitation 60-20-20 semble bonne”… à condition donc qu’elle soit respectée par tous les acteurs, à défaut d’un autre système plus équitable. “La plus grande différence existant entre les Coupes des nations, la Coupe du monde et les LGCT et GCL, est que ces deux derniers sont des circuits commerciaux, qui imposent à 60% des participants de faire partie d’une équipe et donc de payer 2 millions d’euros pour concourir”, pointe Nooren.  
 
Désireux de défendre le mérite et de ne pas tomber dans le sport-business, Henk Nooren conclut en rappelant l’importance de prendre la mesure des évolutions actuelles du saut d’obstacles. "Nous devons défendre notre sport et son futur, et de placer ces considérations au-dessus de tout accord que la FEI aurait pu acter avec des entreprises nationales ou internationales.” Rendez-vous est donc pris dans dix jours à Montevideo.

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