Ibrahim Hani Bisharat met fin à l’hégémonie suisse à Rabat

Crédit : RB Presse/P. Renauldon

Dimanche 15 octobre - 22h21 | Lucas Tracol

Ibrahim Hani Bisharat met fin à l’hégémonie suisse à Rabat

Il a été le seul à réaliser deux parcours parfaits ! En selle sur Chactino, le Jordanien Ibrahim Hani Bisharat s’est imposé dans le Grand Prix CSIO 3*-W de Rabat, deuxième étape du Morocco Royal Tour. Un fois de plus en force, la Suisse a pu compter sur Alain Jufer, deuxième du Grand Prix sur son digne fils de Casall Ask, Casall. Pour la Belgique, Jérome Guéry complète le podium aux rênes de Jupiter VG. Remporté en 2015 et 2016 par le Suisse Pius Schwizer, le Grand Prix de Rabat est finalement tombé dans l’escarcelle d’un représentant du Proche-Orient. Retour sur un Grand Prix riche en surprises ! 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de piste italien Uliano Vezzani n’a pas eu la main légère en imaginant cette épreuve en deux manches ! Même Pius Schwizer, vainqueur hier soir et double tenant du titre de ce Grand Prix a commis deux fautes, dont une sur la redoutable palanque placée à la fin du parcours. S’il a certainement pensé en avoir terminé à la sortie de son tour, il n’en a rien été puisqu’il a été rappelé pour courir la deuxième manche qui a repris les treize meilleures performances, parmi lesquelles des parcours à huit points donc. Le public a tout de même pu applaudir quelques parcours impeccables, mais il a fallu attendre le douzième parcours pour entendre le jingle réservé aux sans-faute. Gagnante du Grand Prix de Tétouan et de la Coupe des nations de Rabat grâce à un très bon double sans faute, c’est Nadja Peter Steiner qui s’est déjouée de toutes les difficultés sur son excellente alezane Saura de Fondcombe. Peu sont parvenus à imiter la Suissesse, puisque seuls Jérome Guéry en selle sur Jupiter VG, Samy Colman sur Simara Alia, Alain Jufer aux rênes de Casall, et Ibrahim Hani Bisharat associé à Chactino ont réussi le parcours parfait. Pour les autres, des scores plutôt lourds se sont accumulés à l’instar de Joe Whitaker qui a terminé son parcours avec vingt points de pénalité, ou encore Mohamed Sadek, auteur de cinq fautes sur Escape. Double sans faute dans la Coupe des nations, la Française Julia Dallamano a préféré ne pas terminer son parcours après trois fautes de sa grise Hoepala van het Daalhof. Finalement, les cinq couples au score vierge ont été rejoints par trois duos à huit points, un à cinq points et quatre à quatre points en deuxième manche. 

Pourtant dans une forme incroyable, même les Suisses n'ont rien pu faire

Avec deux fautes sur Quilane de Lezeaux, Nicolas Deseuzes a fait partie des treize couples repris en deuxième manche. Le Français a d’ailleurs sur saisir sa chance puisqu’il est sorti de piste sans faute et avec un bon chronomètre. Son leadership provisoire n’a pas duré longtemps puisque Pius Schwizer a fait mieux sur son bai brun Balou Rubin R. Avec cinq points en première manche, Gaëtan Decroix a quant à lui assuré le parcours parfait aux rênes de son sublimissime Quel Homme de Hus. Avec une faute au compteur sur Charron R, Séverin Hillereau a malheureusement alourdi son score après une très grosse faute sur le numéro deux et une autre sur le double. Bassem Mohammed a pu conserver ses quatre points grâce à un sans-faute maitrisé sur California, la fille Corland passée sous la selle de son compatriote Sheikh Ali bin Khalid Al Thani. Le Qatarien est finalement septième, juste devant le local de l’étape. Le public a retenu son souffle, mais ça n’a pas suffi pour que Samy Colman laisse la barre du dernier obstacle sur ses taquets. Avec sa puissante baie Simara Alia, le Marocain prend la sixième place de l’épreuve, juste derrière le Saoudien Abdullah al-Sharbatly juché sur Toscan de Sainte Hermelle, le gris qui a connu ses plus belles heures sous la selle de Consant van Paesschen. Sur son alezan de seulement huit ans, Jérome Guéry a laissé la sortie du double à terre, ce qui lui vaut tout de même la troisième place finale. Conscient du danger que représentent les Suisses Nadja Peter Steiner et Alain Jufer au barrage, le Jordanien Ibrahim Hani Bisharat est allé vite et a réussi à combiner vitesse et précision. Sur son aérien Chactino, il a été le premier, et finalement le seul, à réaliser deux parcours parfaits dans cette épreuve. Comme Samy Colman, Nadja Peter Steiner s’est faite piéger par l’ultime vertical, une faute qui lui a coûté la victoire et qui l’a reléguée à la quatrième place de ce Grand Prix. Dernier à s’élancer, Alain Jufer a lui aussi tenté sa chance, mais une faute sur l’entrée du double lui a conféré la deuxième place. Le public marocain a donc finalement eu droit à l’hymne jordanien, un air que l’on entend encore peu sur les terrains de compétition.  
 
La semaine prochaine, le Morocco Royal Tour fera sa dernière étape à El Jadida. 
 

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