ChEur : Pourquoi une telle sélection britannique ?

William Whitaker représentera avec son oncle Michael la Grande Bretagne
Crédit : © Scoopdyga

Jeudi 10 août - 17h35 | Maxence Magnin avec Sebastien Roullier

ChEur : Pourquoi une telle sélection britannique ?

Plus tôt dans la matinée, la sélection britannique pour les championnats d'Europe en a surpris plus d'un. En effet, le pays ne sera représenté que par deux cavaliers en individuels, William Whitaker (Utamaro d'Ecaussines) et Michael Whitaker (Viking). Quelques s'explications sur cette étrange sélection s'imposent alors. 

Objectif Tryon 2018

Compte tenu des performances en demi-teinte de l'équipe britannique depuis le début de la saison extérieure avec des cavaliers moins expérimentés (un seul podium sur six coupes des nations courues), présenter une délégation habituée au haut niveau mais qui a moins oeuvré à son évolution durant l’année aurait été une solution à court terme. Parce que le staff fédéral britannique préfère favoriser le moyen et le long terme, autrement dit la finale mondiale de la Coupe des nations, fin septembre à Barcelone, et les prochains Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018, il lui est apparu plus logique et moins risqué de n’envoyer que deux couples à Göteborg.

En effet, les Britanniques ayant été relégués en Division 2 européenne du circuit des Coupes des nations l'an passé, ils doivent absolument réussir une bonne performance lors de la dernière étape à Gijon. Actuellement deuxième (avec 255 points derrière la Belgique) au classement provisoire de cette D2 devant le Luxembourg (qui ne courra pas la dernière étape), la Grande-Bretagne devrait être qualifiée d’office si elle se classe au pire dixième dans cette ultime étape (en cas de victoire du Danemark à Gijon, à 80 points de l’Angleterre). Quoi qu’il advienne lors de la finale à Barcelone, avec la nouvelle réforme, les deux meilleures équipes de la D2 remonteront en D1, qui comptera dix équipes l’an prochain. Aucune nation de D1 ne sera donc reléguée cette année.

En parallèle, le staff fédéral britannique doit aussi composer avec le programme de ses cavaliers, qui privilégient parfois les circuits privés - ou y sont contraints en raison de leur engagement en début d’année - et notamment la Global Champions League, où les dotations sont plus attractives que celles des CSIO, particulièrement en Division 2. Ce faisant, certaines stars britanniques telles que Scott Brash ont délaissé les Coupes des nations cette saison et ne peuvent pas vraiment prétendre légitimement à une sélection. La majeure partie des autres cavaliers habitués au haut niveau n’ont par ailleurs, participé qu’à une ou deux Coupe des nations comme John Whitaker ou Ben Maher.

Autant de paramètres qui ont conduit Di Lampard à prendre cette difficile décision. Quid des chances en individuel des deux couples sélectionnés ? À en croire les performances enregistrées cette année à l’extérieur, William Whitaker semble le plus à même de briller à Göteborg. Ainsi, avec son nouveau cavalier, Utamaro d’Ecaussines, ancienne monture de Joe Clee, n’a sauté que quatre épreuves à 1,60m mais a montré de très bonnes choses, ne concédant jamais plus de quatre points, et se classant sixième du Grand Prix CSI 5* de Knokke avant de s’illustrer dans la Coupe des nations de Hickstead (un point puis sans-faute). De son côté, l’expérimenté Viking, quinze ans, s’est classé huitième du Grand Prix CSI 4* de Harthill Bolesworth avant de réussir un très bon CSIO 5* de Hickstead: sans-faute puis quatre points dans la Coupe et quatre points pour une septième place dans le Grand Prix.

Les réactions

Le directeur des performances équestres Gordon Burton s'exprimait dans un communiqué : "Les sélectionneurs ont décidé de se focaliser sur l'activité par équipes dans le circuit Coupe des Nations, afin d'atteindre au mieux les objectifs de 2017 et les JEM de 2018 ". Pour Di Lampard, ce choix n'était pas facile, mais compte tenu de l'année post olympique et de l'évolution des nouveaux couples, cette décision était cependant la meilleure à prendre afin de préparer au mieux les Jeux Olympiques de Tokyo, qui verront de nouveaux chevaux qui n'étaient pas forcément prêts pour ce championnat.

À lire également...

Réagissez