Quentin Simonet : « Je suis content car nous progressons »

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Vendredi 16 juin - 15h34 | Anne-France Billard

Quentin Simonet : « Je suis content car nous progressons »

Quentin Simonet, conseiller technique national en charge du dressage, revient sur le CAIO de Saumur.

A l’heure des remises des prix, quel bilan dressez-vous du concours ?
Déjà, on est très satisfait de l’organisation qui s’est tenue ici. En effet, on est vraiment content d’avoir une compétition de ce niveau-là en France : malgré l’opposition d’un gros concours en Hollande ce week-end, le concours a fait le plein. C’est une vraie satisfaction, car, d’un point de vue sportif, il y a une opposition de taille, et pour une bonne préparation des meneurs français, c’est fondamental.
Globalement, si l’on considère l’ensemble de nos résultats, en attelage à un poney, Claire Lefort fait une performance très sérieuse et très régulière sur les trois tests, Delphine de Jotemps se distingue aussi, car elle est nouvellement arrivée à ce niveau de compétition.
A deux poneys, Louise Fillon confirme le bien que l’on pense d’elle. Elle fait aussi un concours sérieux, même si, bien sûr, il reste des éléments à améliorer, notamment en dressage où elle a encore une marge de progression intéressante. Jean-Frédéric Selle fait aussi un bon concours.
A 4 poneys, Nicolas Clair effectue, dans l’ensemble, un concours plutôt réussi, même s’il commet plusieurs petites erreurs sur la manière de dérouler sa reprise de dressage, mais aussi sur le marathon, et un peu de précipitation sur la maniabilité qui l’ont amené à être pénalisé de façon inattendue sur ce niveau de difficulté technique. Il doit pouvoir faire un sans-faute dans le temps avec un peu de travail, mais il a une bonne marge de progression. Tous ces meneurs poneys seront à Chablis, début juillet, pour le dernier concours de référence avant les Championnats du monde en Allemagne à Minden du 17 au 21 août.
 
Pour l’attelage à un cheval, tous nos meneurs de tête n’étaient pas présents ici. Anne-Violaine-Brisou et Marion Vignaud font de bons concours, avec de bonnes reprises de dressage, des marathons comme elles savent le faire, en étant très régulières et très performantes sur l’ensemble des obstacles. La maniabilité leur a coûté cher : elles font chacune deux balles avec leurs chevaux de tête. En championnat, il n’y a pas de marge d’erreur sur cette épreuve-là : il faut vraiment que l’on arrive à rentrer sans faute dans le temps. Claire Lefort était aussi présente et fait une bonne perf également.
A deux chevaux, on travaille aussi pour les championnats du monde de septembre à Lipica, en Slovénie, du 7 au 10 septembre. Le leader de l’équipe de France n’était pas ici, mais nous en avions convenu ainsi. Nous avions Franck Grimonprez et François Dutilloy : tous les deux font un concours très sérieux. On peut avoir des petits regrets pour François Dutilloy, car, à la sortie du dressage, nous espérions une meilleure note. Franck Grimonprez a amélioré plusieurs points par rapport à sa reprise précédente à Windsor. Il a encore une marge de progression intéressante en vue du championnat du monde. Nous les retrouverons à Chablis du 29 juin au 2 juillet, puis à Beekbergen, en Hollande, du 3 au 6 août, où se déroulera le dernier concours de référence en vue des championnats du monde.
A quatre chevaux, il est vrai que la Coupe des Nations rajoute du prestige à la compétition, mais aussi un peu de pression. Des nations étrangères sont venues pour cette Coupe des Nations, alors que si nous avions uniquement programmé un concours plus « classique », elles n’auraient pas nécessairement fait le déplacement. En effet, elles avaient ici la possibilité d’aller chercher plus de points sur les classements permanents FEI. L’opposition venait principalement de la Hollande et la Hongrie par équipes. En individuel, il y avait aussi Jérôme Voutaz, le Suisse, et l’Américain Chester Weber qui sont des candidats très sérieux. En individuel, Benjamin Aillaud est quatrième et c’est plutôt une très bonne performance car il laisse derrière lui deux Hongrois qui sont très souvent dans le top 5 des championnats internationaux et qui sont la base de l’équipe de Hongrie, multi-médaillée en internationaux. Anthony Horde a présenté un dressage en net progrès, même si la notation reste encore un peu en-deçà des attentes. Sébastien Mourier, pour la première fois avec son attelage sur ce niveau de compétition, a fait aussi de très bonnes choses même si sa reprise de dressage était un peu trop sous tension. Mais on a pu voir un réel potentiel pour cet attelage. Bien sûr, on peut regretter que Thibault Coudry, qui avait fait un très bon dressage, se renverse dans le marathon. Pour lui, cette élimination était certes regrettable en individuel, mais aussi pour l’équipe, puisqu’on ne pouvait plus compter sur ses points.
Dans l’ensemble, je suis donc content, car nous progressons. Bien sûr, nous allons être objectif, analyser ce qui a été un peu moins bien : il n’y a pas que le concours en lui-même. L’intérêt, c’est aussi ce que l’on met en place derrière pour progresser. 
 

Aujourd’hui, quels sont les points forts et les points faibles de l’équipe de France ?
Le point fort de notre équipe, c’est sûrement le fait qu’elle a pris de l’expérience par rapport au passé. Aujourd’hui, nombre de meneurs ont beaucoup plus de partenaires, de propriétaires qui s’investissent beaucoup à leurs côtés, qui leur font confiance, et là, c’est un paramètre fondamental, comme dans toutes les disciplines. Alors, même si cette année, on a un meneur en moins - Fabrice Martin -, ce qui est intéressant, c’est que Mme Patricia Nidam Jones, propriétaire des chevaux de son team, confie à présent deux de ses chevaux à Anthony Horde. Et Fabrice aide Anthony pour l’entraînement de ces chevaux, pour bien transmettre toutes les informations. L’ambiance est plutôt très bonne, même si la rivalité, plus ou moins forte entre certains, existe, c’est sûr. Ils restent des sportifs de haut niveau. Ce qui importe, au bout du compte, c’est la performance globale, et il n’y a pas d’individualité plus forte que l’équipe.
Le point faible de notre équipe est qu’elle n’est pas encore ultra-expérimentée, il y a l’équipe humaine, mais aussi l’équipe cheval, et on a encore besoin d’aller se confronter aux meilleurs sur les plus grosses compétitions internationales, là où il y a l’intégralité des meilleurs.
Cette année, nous avons une invitation par équipes pour Aix-La-Chapelle, ce qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps et nous la voyons comme la reconnaissance du travail qui est fait.
 
Y a-t-il eu une révélation sur ce concours ?
Toutes catégories confondues, la plus grosse progression est peut-être à mettre à l’actif de Delphine de Jotemps avec son poney, on avait décelé son potentiel sur les concours nationaux et à Pau, mais là, c’était très bien.
On ne peut pas ignorer la performance de Benjamin Aillaud, quatrième avec les Arabo-Frisons du Haras de la Pourcaud. Il prend des points importants au classement permanent FEI ainsi que face aux juges puisqu’il renouvelle de très belles performances sur le dressage.
 

Quel est l’objectif de la saison pour l’attelage français ?
Il y a plusieurs championnats, certes, mais il y aussi un objectif de formation parce que la performance sur un championnat est un objectif, mais à court terme. On fait un gros travail avec les meneurs de l’équipe de France, mais ensuite ils seront utiles à d’autres, sur le terrain à leur tour, en tant qu’entraineurs privés. Il y a une transmission qui est en train de se mettre en place et une professionnalisation de ces meneurs de tête. Sur la vision à moyen et long terme, c’est vraiment très important.
 
Sur un point de vue purement sportif, pour les trois championnats que l’on a cette année, si tout va très bien, on prétend à des médailles. Mais plus précisément, en attelage à 2 chevaux, les meneurs peuvent rentrer dans le Top 10, voire le Top 5, ils peuvent donc ambitionner des podiums individuels. Mais le meilleur moyen d’atteindre ces objectifs, c’est d’être mesuré dans l’appréhension de ses propres capacités. Le résultat sera la conséquence de la préparation affinée.

En attelage à quatre, nous avons un potentiel individuel qui croît, mais nous avons surtout un objectif par équipes où nous devons réussir à figurer dans le Top 5. Quand on y est, tout se joue sur la dernière journée, la maniabilité, et c’est là qu’il faudra être fort.
En attelage poney, nos meneurs sont expérimentés, Claire Lefort a deux championnats du monde derrière elle et a de très bonnes performances sur des concours internationaux de référence. Si tout va bien, elle peut aussi être dans les cinq. A deux poneys, Carine Poentis, absente ici, a aussi plusieurs championnats du monde derrière elle et a de grosses ambitions individuelles : elle aimerait aussi atteindre le Top 5.

En attelage à quatre, on a moins de meneurs malheureusement, et on a aussi moins de meneurs prétendant à de très hautes places. Néanmoins, Nicolas Clair, dans l’équipe, peut être un bon attelage. Sur les différents championnats de l’année, nous devons, dans nos sélections, adapter les stratégies à mettre en place pour figurer dans les cinq meilleures nations, ce qui n’était pas le cas lors des derniers championnats. Mais, entre le potentiel et la réalisation, il y a souvent des aléas. On fait tout pour gagner, mais on sait que l’échec existe. En attelage à quatre, où nous n’aurons que trois meneurs aux championnats d’Europe, l’ambition est aussi d’atteindre les cinq premières places. Mais entre le potentiel et la réalisation, il y a souvent des aléas. On fait tout pour optimiser les performances, mais on sait qu’un championnat reste un championnat et peut révéler des surprises.  
 

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