De grandes ambitions pour Deauville

Antoine Sinniger, directeur du pôle de Deauville. Ph. Jennifer Decamp.

Mardi 16 novembre - 09h39 | AnneClaireL

De grandes ambitions pour Deauville

Le week-end dernier, le jumping de Deauville s’est déroulé dans les toutes nouvelles et magnifiques installations du complexe équestre de la ville, construit sur neuf hectares. Très attendu depuis de nombreuses années, ce Pôle International de Deauville aura coûté 11,6 millions d’euros, financé par le Fond Éperon, la commune, le département et la région. Lumineux, chic et chaleureux, fonctionnel et interactif avec son écran de 12m2 dans le fond du grand manège de 70x30 (piste Toubin & Clément), ce complexe a été très bien conçu. Ses écrans tout autour de la piste qui affichent en temps réel le nom du cavalier et du cheval ainsi que les résultats provisoires font de ce complexe un endroit unique qui, pour sa première, a rassemblé pas moins de 954 engagés.


 
Cédric Bellanger et Pin up d’Hammer (Adelfos et Eden du Rozel par Papillon Rouge) la jument de son patron Michel Hécart, s’imposent dans le Grand Prix 1,35m devant Alban Notteau sur Magic de France et Raphaël Goehrs sur Mistral de Ravalet. « C’est la troisième fois que je la monte en concours. Elle a fait un barrage fantastique. On espère qu’elle fera du très haut niveau. J’étais aussi troisième avec Presle du Chanois et douzième avec Walloon de Muze, quatre points », explique Cédric. Ils étaient quatre-vingt-dix partants à s’être engagés dans ce Grand Prix construit en deux manches par Alain Lhôpital.

 
À la tête de cette fantastique structure, on trouve un homme de cheval expérimenté. Déniché par le maire de Deauville, Antoine Sinniger est arrivé le 1er avril 2009 en Basse Normandie après avoir travaillé pendant vingt-trois ans à Saumur. « Je suis né dans les chevaux, mon père a d’ailleurs créé le premier syndicat d’éleveurs de chevaux de selle dans l’Alliée en 1958. Nous avions beaucoup de chevaux de courses d’AQPS. Après avoir travaillé pendant six ans dans la Marine, je suis arrivé à Saumur en 1983 pour m’occuper de la communication et du marketing de l’école et du Cadre Noir et j’y suis resté vingt-trois ans. Je me suis aussi occupé de trouver l’argent pour implanter le pôle France et amener les cavaliers de haut niveau à Saumur.

 
J’ai aujourd’hui un contrat de dix ans pour exploiter ce pôle. Quand je suis arrivé il n’y avait rien, alors j’ai fait modifier le cahier des charges et apporté des détails techniques pour qu’il n’y ait pas de malfaçon. Il y a deux régies avec des lumières scéniques. Nous avons une puissance électrique supérieure au village voisin. Tout cela a coûté plus cher, mais facilitera la venue de grands spectacles qui seront notre ressource financière, car nous pouvons accueillir 800 personnes dans le manège. Nous allons faire venir des tours opérators avec une vente de billets incluant spectacle déjeuner et entrée au casino. Dans dix jours, Laurent Johan viendra faire son premier spectacle, il aura lieu tous les mardis à 15h. Les trois enseignants feront eux aussi un tableau avec un travail aux longues rênes par exemple. 

 
Nos activités sont aussi tournées vers le centre équestre qui ne sera pas une usine car on ne peut pas faire croiser tout le monde. Il est composé d’un manège 60x20, de dix-huit chevaux, quinze poneys et trois enseignants. Le site emploie dix personnes dont trois travaillent pour le restaurant qui est ouvert tous les jours. Nous disposons aussi d’une écurie de propriétaires de vingt-et-un boxes à 850 euros la pension par mois. Les propriétaires pourront voir leur cheval dans leur boxe à n’importe quelle heure car une caméra filme le boxe et la carrière 24h/24. En 2011 notre calendrier est déjà chargé puisque nous organisons un événement tous les quinze jours. J’ai aussi prévu un CDI3* et un CVI3* ainsi qu’un concours Para Equestre le 17 avril. Neuf jumpings sont au programme. Des prestations déjeuner pour entreprises et un gros spectacle (Cadre Noir ou École de Vienne) sur la carrière sera aussi élaboré. Je suis allée à Lexington dernièrement pour vendre Deauville comme base arrière pour des équipes. Avec le CIRALE et la plage à côté il y a tout sur place. La preuve avant même l’ouverture du pôle, Laurent Bousquet m’a fait l’honneur de choisir Deauville pour venir entraîner son équipe de complet », explique Antoine Sinniger. Alors que le galop des chevaux de course résonne sur les deux hippodromes de Deauville, la création du Pôle international du cheval ajoute une touche ultime à sa réputation mondiale. Le pôle dispose au total de soixante-et-onze boxes et s’étendra bientôt sur quinze autres hectares qui serviront d’aire de balade, parking et paddocks.

Jennifer Decamp

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