Jumping Clash, une nouvelle formule pour populariser le saut d’obstacles?

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Vendredi 30 septembre - 09h16 | Sébastien Roullier

Jumping Clash, une nouvelle formule pour populariser le saut d’obstacles?

Du 24 au 27 novembre prochain, un nouveau format de compétition internationale va faire son apparition à l’occasion du CSI 2* organisé dans le cadre de la Madrid Horse Week. Baptisé Jumping Clash, il opposera les couples dans des matches à un contre un, comme au tennis! Contrairement à d’autres tentatives de modernisation du jumping, celle-ci présente l’avantage d’offrir plus de lisibilité et de clarté au grand public sans dénaturer les fondements du sport.

Huit têtes de série, huit challengers et la promesse d’un gagnant toutes les cinq minutes! Le tout dans un programme télévisé soigné d’une heure et demie. Telle est la promesse alléchante de Jumping Clash, une nouvelle formule de compétition proposée et défendue par Daniel Entrecanales et Pablo Márquez Galobardes, deux passionnés espagnols de saut d’obstacles, le second ayant monté au niveau international.

Comme de nombreux autres promoteurs de concours, les deux hommes estiment que les sports équestres peinent encore à séduire le grand public en raison de leur manque de lisibilité et de la difficulté de les produire à la télévision, notamment à cause des incertitudes horaires (le nombre de barragistes pour un Grand Prix, par exemple). Pour percer ce plafond de verre cantonnant le jumping à des retransmissions sur des chaînes spécialisées, et à la portion congrue sur les grandes chaînes, depuis cinq ans, ils ont réfléchi à une nouvelle manière de les présenter, à la fois plus attractive, plus palpitante et plus interactive. Pour mûrir leur concept, ils se sont d’abord rapprochés d’IMG, l’un des plus grands producteurs et distributeurs indépendants de programmes sportifs, dont ceux de la Fédération équestre internationale. Désormais, ils œuvrent en partenariat avec MediaPro, producteur et distributeur d’événements sportifs, et copropriétaire de BeIN Sports España.

Concrètement, cette nouvelle formule impliquera trois épreuves disputées sur trois journées distinctes :
- La première sera une qualificative à 1,50 m ouverte à tous les cavaliers engagés dans le concours concerné. À l’issue de celle-ci, les huit meilleurs décrocheront une place pour rejoindre le tableau final à élimination directe du Jumping Clash. Ils y rejoindront les huit pilotes les mieux classés du concours (selon le classement mondial FEI en vigueur à la clôture des engagements), qualifiés d’office et désignés têtes de série. Un tirage au sort déterminera alors les concurrents opposés en huitièmes de finale, les têtes de série ne pouvant évidemment pas se rencontrer dès ce premier tour.
- L’épreuve de la deuxième journée, également disputée sur un parcours à 1,50m, regroupera justement ces huit matches de huitièmes de finale. Dans chacune des confrontations, le moins bien classé des deux concurrents s’élancera le premier avec pour mission de mettre la pression sur son adversaire. Ils seront évidemment départagés en fonction de leur score, puis de leur chronomètre. Au terme de cette courte épreuve, le tableau ne comptera donc plus que huit concurrents.
- Le troisième jour, on disputera consécutivement les quarts de finale, les demi-finales et la finale, soit trois tours. Cette dernière épreuve prendre donc la forme d’un court Grand Prix en deux manches avec barrage coté à 1,50m ou 1,55m. On y retrouvera huit cavaliers au premier tour, quatre au second et deux au barrage.
Sportivement, le seul bémol est qu’un cavalier pourra accéder au tour suivant tout en ayant finalement cumulé plus de points qu’un concurrent d’un autre match, dans la mesure où son seul objectif sera de battre son adversaire désigné.

Un produit conçu pour la télévision

C’est évidemment la dernière épreuve que les promoteurs de Jumping Clash espèrent commercialiser auprès d’un maximum de diffuseurs et de sponsors. "Il n’y aura aucun temps mort. À chacune des étapes, le programme télévisé débutera par une présentation de la ville, du concours, puis des cavaliers et des chevaux en lice, sans oublier les aspects vétérinaires, le transport ou encore les soins accordés aux chevaux. Ensuite, les matches garantiront au public de voir un gagnant toutes les cinq minutes à chaque tour de compétition. Les temps morts liés à l’installation des nouveaux parcours seront comblés par des interviewes et commentaires."

Daniel Entrecanales et Pablo Márquez Galobardes entendent également apporter un soin inédit à l’aspect visuel à travers une présentation plus dynamique et lisible des cavaliers et des chevaux, grâce à de nouvelles caméras placées sur les casques des concurrents, sur les obstacles, au sol et au-dessus de la piste, ainsi qu’à une matérialisation virtuelle des lignes de départ et d’arrivée, sans oublier l’aménagement de zones spécifiquement consacrées au tirage au sort, aux contrôles des chevaux par les commissaires et aux interviewes des cavaliers, entraîneurs et propriétaires de chevaux, ainsi qu’un nouveau type de "Kiss and cry".

« Un cercle vertueux pour toute la filière »

La dotation minimale de chaque étape devrait être de 200.000 euros en CSI 5*, 100.000 euros en CSI 4* et 70.000 euros en CSI 3*, à répartir entre les seize finalistes. Autre détail ayant toute son importance dans l’optique du maintien du bien-être des chevaux, les cavaliers pourront changer de monture chaque jour, tandis que couples successivement éliminés pourront prendre part aux autres épreuves des concours, en fonction des règlements de la FEI et des organisateurs.

Présenté en 2013 au Club des cavaliers internationaux de saut d’obstacles, le projet a ensuite été soumis à l’approbation du comité de jumping de la FEI. Après trois ans de négociations visant à homologuer le règlement de ces nouvelles épreuves déjà éprouvées dans des concours régionaux et nationaux, l’instance internationale a validé la tenue d’un test grandeur nature dans le cadre du CSI 2* de la Madrid Horse Week, le Salon du cheval organisé dans la capitale espagnole, du 24 au 27 novembre. Celui-ci sera bien évidemment produit et diffusé à la télévision et/ou gratuitement sur internet.

On ne sait pas encore combien d’étapes sont organisées en 2017, année d’arrivée annoncée de Jumping Clash à haut niveau. Les deux Espagnols espèrent séduire un maximum d’organisateurs partout dans le monde, ciblant notamment les concours n’appartenant à aucun grand circuit: Coupe du monde, Coupe des nations, Global Champions Tour, Grand Chelem Rolex et Grand Chelem Indoor Longines. "Nous voulons leur apporter un plus. Notre épreuve s’intégrera à leur programme sans dénaturer leurs habitudes. Jumping Clash n’a pas vocation à remplacer le Grand Prix (la dernière épreuve doit d'ailleurs se tenir l'avant-dernier jour du concours, ndlr), mais à amener plus de lumière et de couverture médiatique aux concours déjà existants. Nous voulons nous inscrire dans un cercle vertueux faisant croître l’attractivité du sport, donc la diffusion télévisée, donc l’audience, et donc l’intérêt des sponsors, ce qui offrira de nouvelles ressources financières aux concours, aux cavaliers, aux entraîneurs et aux propriétaires de chevaux."

Nul doute que le test madrilène sera suivi avec attention par toutes les parties prenantes du saut d’obstacles !

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  • weltmeyer - le 30/09

    Voilà un excellente évolution ; tout le monde comprend le principe des éliminations directes comme au tennis ou autre sport avec tableau des éliminations. C'est cadré, c'est télévisuel don c'est vendable aux chaînes télé comme n'importe quel autre sport. J'ai hâte de voir la premier essai !!!!!!!! Enfin du modernisme dans ce sport trop traditionnaliste !!!! Tout comme le démontre les avis des cavaliers pro qui critiquent le nouveau format des JO. Quand on veut jouer dans la cours des sports retenus au CIO (alors que beaucoup frappent à la porte et qui coûtent beaucoup moins cher !!!), il est normal que la FEI cherche à modifier les conditions de participation des équipes ( dans le cadre d'un sport au demeurant individuel et au comportement individualiste des cavaliers malgré leur beau discours !!!) , de façon à respecter cet aspect très important d el'universalité du sport avec la présence d'un maximum de nations dans chaque discipline sportive estampillée sport olympique. Donc oui à une équipe nationale à 3 cavaliers, et ainsi chaque place libérée par nation permettra à d'autres nations émergentes à participer à cette belle vitrine sportive universelle. Et si les cavaliers et autres DTN, sélectionneur ne comprennent pas qu'il y a un règlement CIO et un règlement FEI bien distinct, alors notre sport sortira de la liste des sports olympiques , déjà qu'il a été rétrogradé donc prêt de la porte de sortie. Alors ouvrez les yeux, soyez plus ouvert d'esprit !!!!