Le Brésil se console, l’Espagne souffle, la France oubliera vite

La victoire est revenue à Pedro Veniss, Rodrigo Pessoa, Stephan de Freitas Barcha, Yuri Mansur Guerios et Felipe Amaral, placés sous la conduite de Caio Carvalho
Crédit : Scoopdyga

Dimanche 25 septembre - 15h10 | À Barcelone, Sébastien Roullier

Le Brésil se console, l’Espagne souffle, la France oubliera vite

Le Brésil a gagné la Consolante de la finale mondiale de la Coupe des nations ce midi au Real Club de polo de Barcelone. Cinquièmes de leurs JO, cet été à Rio, les Auriverdes concluent leur saison sur une bonne note, de même que l’Espagne, qui a validé son retour en Division 1 aux dépens de l’Autriche. La France, elle, a dû se contenter d’une anecdotique quatrième place, à égalité avec les Ibères.

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Pedro Veniss et Quabri de l'Isle ont signé le seul sans-faute de l'épreuve!
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Les grands rendez-vous se gagnent et se perdent le plus souvent avant le coup d’envoi de la première épreuve. La victoire est presque toujours une affaire de préparation, de sélection et de pic de forme atteint le jour J. Il y a cinq semaines à Rio de Janeiro, le Brésil n’était pas passé si loin d’une médaille par équipes, mais il avait finalement achevé "ses" Jeux olympiques à la cinquième place. On pourra disserter longtemps au sujet de la sélection effectuée par l’Américain George Morris, remplaçant de Jean-Maurice Bonneau au début de l’année 2016. Le Brésil pouvait-il briller dans une telle compétition sans Rodrigo Pessoa, son éternel capitaine de route? Les quatre couples en lice étaient-ils suffisamment bien préparés physiquement et psychologiquement? Difficile de répondre à ces questions, mais toujours est-il qu’il a bien manqué quelques choses à ces Auriverdes pour décrocher une médaille à domicile.
Quinze jours après leur deuxième place dans la Coupe des nations de Calgary, cette finale mondiale avait tout d’une revanche pour eux. Jeudi, ils ne sont pas passés loin de tirer leur épingle du jeu dans la manche qualificative, mais ils n’ont pas été assez rapides pour participer à la grande finale d’hier soir. Ce midi, ils se sont donc vengés dans la Consolante réservée aux dix moins bonnes équipes de ce CSIO 5* de Barcelone. Programmée vendredi soir, cette épreuve n’avait pas eu être disputée en raison d’un orage apocalyptique. Annulée un peu vite par les organisateurs, elle a finalement été reprogrammée aujourd’hui face à la bronca exprimée par la majorité des chefs d’équipes hier matin. Tant mieux pour le sport.

Magnifique Pedro Veniss et Quabri de l’Isle

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Manuel Fernandez Saro et U Watch ont porté l'Espagne ce midi.
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Pour autant, de nombreux chevaux ont montré des signes de fatigue et/ou de lassitude au terme d’une saison extérieure longue et particulièrement dense. Sur un parcours vraiment difficile, dix-sept des quarante couples au départ ont concédé plus de douze points. On a également compté trois abandons, une élimination, et même un non-partant. En conférence de presse, Santiago Varela, le chef de piste, a d’ailleurs fait état de son étonnement face à ces très gros scores, plaidant justement la fatigue des chevaux.
Le Brésil a su tirer son épingle du jeu avec une équipe remodelée à 50% par rapport aux JO. Lancés en ouvreurs, Rodrigo Pessoa et Citizenguard Cadjanine Z, sans faute jeudi, n’ont concédé que quatre points sur le vertical 7 surmonté d’un palanque suivant le très difficile triple. Stephan de Freitas Barcha, disqualifié aux JO pour usage excessif de ses éperons, n’a pas pu aller au bout de son parcours avec Landpeter do Feroleto, chutant à la réception du vertical d’entrée du difficile double placé en 12. On a compté deux fautes pour Yuri Mansur Guerios et Baylotte sur l’oxer 5 et la triple-barre ouvrant le triple placé en 6. Enfin, dernier concurrent en lice ce midi, Pedro Veniss a rappelé qu’il formait bien avec Quabri de l’Isle l’un des tout meilleurs couples de la planète en signant le seul et unique sans-faute de l’épreuve! Chapeau.
Avec un total de douze points, le Brésil a devancé le Qatar, tout proche de conserver son titre dans cette Consolante, mais en manque de réussite, Ali al-Rumahi s’inclinant sur le dernier oxer avec Gunder et Bassem Hassan Mohammed concédant une petite faute sur l’oxer sept. La troisième place a récompensé une valeureuse équipe de Colombie portée par le tour à un point de ses ouvreurs, Roberto Teran Tafur et le bien nommé Brilliant du Rouet, et le très bon parcours à quatre points de ses finisseurs, Carlos Lopez et Admara 2, battus seulement sur l’oxer 2.

L’Espagne sauve l’essentiel

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Pénélope Leprevost et Flora de Mariposa n'ont été battues que par le chronomètre.
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Aux prises avec l’Autriche dans un mano a mano avec pour enjeu la montée en Division 1 l’an prochain, l’Espagne a offert cette belle consolation à un public venu nombreux pour l’encourager. Elle la doit en partie à ses ouvreurs, Manuel Fernandez Saro et U Watch, pénalisés de cinq points, ses leaders habituels, Pilar Lucrecia Cordon et Sergio Alvarez Moya, concédant respectivement trois et deux fautes avec Gribouille du Lys et Carlo 273. Après l’abandon de Gerfried Puck et Bionda 3, l’Autriche n’a pas été en mesure de se relever, terminant huitième avec un gros score de vingt-neuf points, soit huit de plus que l’Espagne.
Leur quatrième place, les Ibères l’ont partagée avec la France. Cette finale mondiale, qu’ils avaient pourtant brillamment remportée en 2013, ne réussit plus aux Bleus. Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise*HDC, désignés ouvreurs en lieu et place de Philippe Rozier et Rahotep de Toscane, ont d’abord fauté sur le premier plan de l’oxer 3 ainsi que sur la rivière. Philippe et Rahotep se sont montrés plus conquérants que jeudi, mais ont hélas concédé douze points sur le vertical 7, l’oxer 8 et la rivière placée en 9. Les Bleus ont définitivement perdu cette Consolante lorsque Roger-Yves Bost a abandonné avec Sydney Une Prince. Le couple a renversé le vertical 4 avant de connaître une vraie frayeur dans le double: la jument lui a volé une foulée devant l’oxer de sortie, ce qui a occasionné une très grosse faute. Dans ces conditions, le couple ne pouvait pas aborder sereinement le gros oxer 13 placé quatre foulées plus loin. Pour ne pas prendre de risque inutile et protéger sa jument, Bosty a préféré abandonner. Une décision sage et logique. Fort heureusement, le cavalier et sa jument vont bien. Pénélope Leprevost, elle, n’a pas touché une seule barre avec une Flora de Mariposa combattive et brillante. La paire a tout de même concédé un point de temps.
Oui, dans ces grands rendez-vous, la victoire est presque toujours une affaire de préparation, de sélection et de pic de forme atteint le jour J. La France avait judicieusement choisi le 17 août. En 2016, non seulement elle ne s’est pas trompée d’objectif en misant tout sur les JO de Rio, mais en plus, elle a réussi l’exploit suprême de les remporter. C’est cette médaille d’or que l’histoire retiendra, sûrement pas cette quatrième place relativement anecdotique. Qui pourrait en vouloir aux cavaliers et aux chevaux de ne pas avoir brillé à Barcelone? Et qui pourrait en vouloir à Philippe Guerdat d’avoir reconduit la même équipe qu’à Rio? Les Bleus auraient-ils fait mieux avec quatre autres couples? C’est fort peu probable…
 
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