Julien Vincent, au service du dressage tricolore

Hier, Julien Vincent a déroulé une magnifique finale avec Countrymusic Crambery dans le Cycle classique quatre ans.
Crédit : Johanna Zilberstein

Dimanche 25 septembre - 10h02 | À Saumur, Johanna Zilberstein

Julien Vincent, au service du dressage tricolore

Venu à Saumur avec quatre talentueux jeunes chevaux, Julien Vincent a d’ores et déjà déroulé une excellente Grande Semaine en qualifiant toutes ses recrues dans les finales, enlevant même la finale Cycle classique quatre ans avec l’expressif Countrymusic Cramberry. Rencontre avec l’un des cavaliers les plus présents du circuit Jeunes chevaux tricolore qui a fait de la Grande Semaine de Saumur l’un de ses objectifs principaux.

À seulement trente ans, Julien Vincent s’est imposé comme l’un des cavaliers qui comptent sur le circuit Jeunes chevaux de dressage. En juillet dernier, il a d’ailleurs représenté la France aux championnats du monde d’Ermelo, aux Pays-Bas, avec Girello VWM.
Et si Girello a déroulé d’honorables reprises, accrochant de jolies moyennes, pour Julien, le circuit français pour les Jeunes chevaux n’est pas optimal pour briller face aux pays où le dressage est légion, à l’instar de l’Allemagne ou des Pays-Bas. ’’Ermelo ouvre les yeux sur le haut niveau et l’international’’, explique le cavalier. ’’Quand on est là-bas, on se rend compte de la réalité des choses. Cela nous forme et l’on en ressort grandi. Maintenant, j’ai envie d’y retourner meilleur ! En revanche, peut-être que nous manquons de concours de préparation pour ce genre d’événement. En Allemagne ou aux Pays-Bas, il y a au moins six concours de sélection. Ceci dit, ils ont aussi plus de candidats. Mais pour nous, il faudrait plus de concours pour arriver plus prêts. Nous avons eu des notes très correctes mais, avec plus de préparation, nous aurions pu faire encore mieux. Nous avons de très bons chevaux, mais nous manquons d’expérience.’’
En charge d’un piquet de douze chevaux, installé aux écuries de Pascal Leroy, près de Nantes, Julien est venu à la Grande Semaine de Saumur avec quatre de ses jeunes recrues : Delicious d’Echallens JV (Don Juan de Hus x Sandro Hit), trois ans, Countrymusic Crambery (Don Juan de Hus x Donnerhall), quatre ans, Girello VWM (Andretti x Royal Dance) , cinq ans, et First Time d’Echallens JV (Damsey x Don Schufro), six ans. Hier, la compétition s’est terminée pour Countrymusic Crambery sur une magnifique victoire dans la finale et sur une belle deuxième place sur l’ensemble des championnats. ’’Sa propriétaire, Catherine Barilley, me l’a confié pour Saumur, où elle préférait être en tant que spectatrice. Il a pris une bonne troisième place dans la Préliminaire avant d’écoper de la note de 7.2 au modèle. Nous étions un peu déçus car c’est un cheval très chic, qui a le type que l’on recherche aujourd’hui. Dans la finale, il termine premier à deux points du deuxième. Mais avec le cumul du modèle, il a terminé deuxième. Nous sommes tout de même très contents.’’  Quant aux trois autres chevaux, ils trustent les places d’honneur depuis jeudi. ’’Delicious a gagné le modèle avec plus de 80%. Elle a de superbes allures, un bon équilibre, et je pense qu’elle fera une bonne jument de sport dans l’avenir. Girello, lui, a un très grand cœur. Il est très énergique, avec une bonne poussée des postérieurs. Il a pris la troisième place de la Préliminaire. First Time a fait une super saison, mais vendredi, il a manqué un peu de brillant. Ceci dit, j’ai trouvé le jugement un peu sévère, pour plusieurs chevaux. Heureusement, nous avons pris la troisième place de la Petite finale hier, ce qui nous a permis d’être repêchés pour la finale.’’ De quoi faire passer à Julien une très bonne Grande Semaine, lui qui met l’accent sur ce rendez-vous incontournable. ’’C’est un bel événement, bien organisé. Pour moi, c’est la concrétisation de la saison. J’aime y venir et y présenter mes chevaux. Saumur, c’est un peu magique !’’

’’J'espère aller le plus loin possible’’

Une belle réussite pour le cavalier, alors que le dressage et la compétition n’ont pas été une évidence dès le départ. ’’J’ai commencé l’équitation très jeune, à trois ans, mais je n’ai pas suivi le circuit de compétition. Je montais uniquement pour le plaisir’’, explique-t-il. Mais une fois la vocation découverte, le grand blond a su se former puis se faire une place. ’’Après un apprentissage en lycée agricole, je suis devenu groom de chevaux de CSO. Après mon Bac, je suis parti aux Pays-Bas où j’ai commencé à monter des chevaux de dressage. J’y suis resté trois mois, avant de revenir en France travailler pour une cavalière néerlandaise pendant deux ans et demi. J’ai ensuite été parfaire ma formation au haras de Hus, où j’ai travaillé avec Jessica Michel et où j’ai pu m’entraîner avec Hans-Heinrich Meyer zu Strohen. Après trois ans, j’ai décidé de voler de mes propres ailes. Depuis trois ans, je suis donc installé à mon compte, chez Pascal Leroy, où je loue douze boxes.’’
Excellent formateur, Julien n’en perd pas moins le goût de la compétition et n’oublie pas le Grand Prix, qu’il vise, tout en restant lucide quant à la réalité du métier. ’’Le plus vieux de mes chevaux, Escobar H (KWPN, Don Romantic x Riant) a sept ans. Ils sont souvent vendus avant d’arriver au Grand Prix. Mais j’ai un bon piquet de jeunes chevaux et Escobar, qui ira aux championnats de France en octobre, montre de belles choses. Après, le commerce est important et tous les chevaux sont potentiellement à vendre. Mais s’ils ne sont pas vendus d’ici là, nous essaierons d’aller le plus loin possible.’’

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