’’Je ne raterais les finales Jeunes Chevaux pour rien au monde !’’, Thomas Carlile

Aquitain du Delta, le bon guerrier
Crédit : Pauline Chevalier

Mardi 20 septembre - 10h26 | Pauline Chevalier

’’Je ne raterais les finales Jeunes Chevaux pour rien au monde !’’, Thomas Carlile

Une fois encore, Thomas Carlile s’est révélé comme l’homme fort de la Grande Semaine 2016 de concours complet, le week-end dernier. Le jeune prodige français a toujours mis un point d’honneur à présenter beaucoup de chevaux au Haras national de Pompadour, en faisant même “sa marque de fabrique”. Cette année, il est rentré au Lion-d’Angers avec rien que des podiums dont deux titres de champion de France des chevaux de quatre et cinq ans.   

GrandPrix-replay.com : Cette année, vous avez remporté les finales nationales des chevaux de quatre et cinq ans avec deux jeunes de grande qualité. Pouvez-vous décrire ces deux chevaux ?
Thomas Carlile : Cestuy La de l’Esques (AA, King Size x Ultan), le champion des quatre ans, est un coup de cœur depuis qu’il a deux ans. Je l’ai repéré dans les prés de Laurent Jamault chez qui j’étais allé voir des chevaux d’âge. Andreas Gygax, mon propriétaire et éleveur suisse, l’a adoré aussi et l’a acheté. Il ne se livre pas encore comme je l’imaginais, mais je sais qu’il va le faire progressivement. Aujourd’hui, il est un peu lymphatique parce qu’il se repose sur ses qualités propres. C’est un petit cheval comme je les aime et sur lequel on se sent comme sur un grand. Il a un super équilibre, une grande souplesse, une excellente technique à l’obstacle et un vrai galop. Il est doté d’une grande intelligence et s’avère précoce dans son développement musculaire. Très moderne pour notre discipline, c’est un cheval que j’estime autant que j’estimais Ténarèze.
Birmane (Vargas de Ste Hermelle x Diamant de Semilly), ma championne des cinq ans, est une grande championne. Cela fait longtemps que je dis du bien d’elle et que je l’estime au-dessus de sa génération. Qu’elle le prouve par un titre à Pompadour est une formidable récompense. C’est aussi un grand plaisir pour mon fidèle propriétaire et éleveur, Gérard Brescon, qui me suit depuis très longtemps. Les deux le méritent beaucoup. Birmane a tout: le respect, la classe et le sang !

GPR. : Vous aviez également engagé deux chevaux de six ans dont Aquitain du Delta (Genêt des Forets x Nourédine du Lirac), que vous avez classé troisième du championnat et ainsi qualifié pour le Mondial du Lion-d’Angers. Quel bilan tirez-vous de cette finale?
T.C. : J’avais Aquitain du Delta, mais aussi Atos Barbotière (L’Arc De Triomphe x Allegreto). Les objectifs étaient très différents pour les deux. Aquitain est un super soldat. Il a été acheté aux ventes de Pau par Boris Bartholomé pour sa fille. Il me l’a confié pour le former et le valoriser. Il n’a pas une locomotion qui pourrait lui permettre d’obtenir de grandes victoires, mais c’est un excellent technicien doté d’un bon coup de saut. Il est sensible, fin, gorgé de sang, et il se promène au cross. J’ai toujours cru que je pourrais construire un bon cheval. Il est sorti à quatre et cinq ans sans participer aux finales et là, terminer sur le podium et se qualifier pour le Mondial du Lion-d’Angers, c’est la cerise sur le gâteau ! Dans cette finale et dans les concours en général, avec lui, je m’applique à ne pas commettre de fautes au dressage. Ensuite, je peux un peu me reposer sur ses qualités de sauteur.
Avec Atos Barbotière, je poursuivais un autre objectif. C’est un cheval que je forme pour le compte de Jean-Jacques Montagne. Il a seulement découvert le complet cette année. Naturellement, il a disputé des épreuves Formation 3 toute la saison, et un seul parcours en 6 ans A pour se qualifier pour le CIC 1*. Il m’a démontré des choses exceptionnelles au cross. Il s’est arrêté devant une pointe, car il n’a pas compris ce qu’il devait faire, mais il a terminé son concours avec un excellent sans-faute à l’hippique. C’est une grosse cylindrée, dotée d’un mental de gagnant et de grands moyens physiques. Il doit juste encore apprendre son métier.

GPR : Vous avez encore deux chevaux sélectionnés pour le Mondial du Lion-d’Angers fin octobre. Une belle régularité!
T.C. : Oui, c’est une grande satisfaction. D'une manière générale, je ne raterais ces finales Jeunes Chevaux pour rien au monde! Aquitain a obtenu son billet en terminant dans les trois premiers du championnat des six ans. J’ai aussi été sélectionné avec Vassily de Lassos (AACR, Jaguar Mail x Jalienny) appartenant à Philippe Lacaze. C’est un excellent cheval qui a été lui aussi le meilleur de sa génération toute la saison. Il a couru trois épreuves de niveau 2* et s'est systématiquement classé. Il est mature et va sûrement très bien se comporter. Si nous nous comportons comme les années précédentes, je devrai terminer avec mon score de dressage (rires).  

À lire également...

Réagissez