“Lord était la mascotte des écuries”, Olivier Guillon

Olivier et Lord avaient notamment remporté le Grand Prix CSI 5* de Wiesbaden en 2012 en Allemagne.
Crédit : Sportfot/GCT

Mardi 30 août - 13h30 | Propos recueillis par Salim Ejnaini

“Lord était la mascotte des écuries”, Olivier Guillon

Lord de Theizé, l’attachant crack d’Olivier Guillon, est mort hier soir. Après l’avoir annoncé ce matin sur les réseaux sociaux, malgré sa grande tristesse emprunte de pudeur, le cavalier normand a tenu à rendre hommage à son illustre compagnon, mais aussi à sa propriétaire et à sa groom, deux authentiques femmes de cheval indissociables de leurs grands succès.

“Nous sommes tous bien tristes aux écuries. Lord ne se sentait pas bien depuis plusieurs semaines. Nous avons fait notre maximum avec le vétérinaire, mais cela devenait compliqué, et l’impératif était qu’il ne souffre pas. Hier, nous avons passé toute la journée avec lui. Il est resté entouré jusqu’au bout. Et il a fallu prendre une décision en fin de journée
Lord était un cheval qui ne plaisait pas à tout le monde. Il avait un physique très atypique, très sur les épaules, et pas forcément typé sport. Il a mis du temps à se révéler. Jeune cheval, son anxiété prenait le pas sur ses qualités. Il expédiait rapidement chaque obstacle, jusqu’à ce qu’il ait un vrai respect de la barre, une vraie envie de bien faire. Comme beaucoup de très bons chevaux, il n’a jamais perdu son caractère. Il était très sensible, mais il faisait tout pour surpasser son anxiété. Pour qu’il se révèle pleinement, il a fallu l’entourer, ce que nous nous sommes efforcés de faire avec Édith (Mézard, sa propriétaire, ndlr) et Laetitia, sa groom. Lord était la mascotte des écuries, et il savait le rendre une fois à la piste.
Édith, dont j’ai d’autres chevaux au travail à la maison, est une vraie exception parmi les propriétaires. Elle veut toujours le meilleur pour le bien-être de ses chevaux, mais aussi pour celui du personnel et des cavaliers. Lord avait la chance d’avoir été placé sous l’aile de Laetitia. Édith et Laetitia sont deux véritables perles chacune dans leur domaine. Je leur en suis très reconnaissant, tout comme à Jimmy Jean, l’un des premiers cavaliers de Lord, qui est resté proche de nous pendant toutes ces années. Nous avons perdu un cheval exceptionnel. Maintenant, il va nous falloir tourner la page et continuer à travailler, en attendant la prochaine occasion de remonter à ce niveau-là.”

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