''Des sensations que j'avais perdues'', Philippe Rozier

Philippe Rozier et Rahotep de Toscane ont été irréprochables.
Crédit : Scoopdyga

Vendredi 19 août - 20h38 | À Rio, Yeelen Ravier

''Des sensations que j'avais perdues'', Philippe Rozier

Achevant ses troisièmes Jeux olympiques en tant que cavalier titulaire, Philippe Rozier aura réalisé de véritables prouesses avec  Rahotep de Toscane. L'étalon gris de Christian Baillet s'est sans aucun doûte révélé au grand public comme un crack de haut niveau. 

Malgré un score de treize points à l'issue de son dernier parcours, la seconde manche de la finale individuelle tout de même, Philippe Rozier peut s'avouer heureux, satisfait, et n'aura pas à rougir une seconde de sa performance. D'autant plus que le couple était venu ici à Rio en tant que réserviste. "Mes trois fautes, c'est dommage. La dernière, je suis arrivé un peu près. J'ai mis la main et il a fait une touchette derrière. C'est mon explication. À côté de ça, le cheval s'est baladé. Il a passé le triple et les combinaisons parfaitement. Je ne suis pas dans le rouge.

Ces Jeux olympiques ont donné une autre dimension au cheval. Pour l'instant, Rahotep est le meilleur étalon olympique du classement ! J'espère que ça va le rester. Il va pécho au retour ! (rires) Pour moi, Rahotep a progressé grâce à deux étapes. La première c'était à Aix-la-Chapelle. Même moi-même, Aix-la-Chapelle m'a donné beaucoup d'informations avant de venir ici. C'est le concours qui ressemble le plus aux Jeux. Les parcours sont les plus gros. C'est là où j'ai refait ma Coupe, que je demandais depuis six mois. Les fautes du Grand Prix d'Aix étaient comme ici. Elles étaient techniques, pas des fautes de moyens. En fait, il a pris la mesure de la hauteur et de ses moyens. Il faisait souvent des parcours où il sautait trop haut. J'ai fait des super parcours dans des Grands Prix, mais je sentais qu'il mettait trop la gomme. Là, il mettait dix centimètres de marge. Je ne sens pas qu'il bloque sa respiration ou quoi que ce soit. Du coup, tout est plus fluide. 

"J'ai un crack!"

C'est aussi par mon envie et ma motivation qu'il a été comme ça. Nous transmettons tous à nos chevaux comment nous sommes. Ce n'est pas une nouveauté ni une légende. Si un cavalier va mal, son cheval peut difficilement aller bien. En plus, Rahotep est un cheval intelligemment avec qui j'ai beaucoup de complicité. Je l'ai depuis qu'il a cinq ans.

Il faut dire aussi que Jean-Maurice, mon coach, m'a beaucoup apporté. J'ai eu la chance d'avoir un coach sportif, David, qui m'a ouvert beaucoup de portes depuis un peu plus d'un an. Il travaille avec d'autres très bons cavaliers. Il y a trois choses qui ont changé ici : j'ai un crack, j'ai un coach sportif qui m'a redonné des sensations que j'avais perdues, et j'avais Jean-Maurice qui a fait la synthèse de tout. C'est important d'avoir quelqu'un à ses côtés pour donner les bons mots et les bonnes indications. C'est ce qui m'a permis de revenir comme j'ai été. 

"Tout ça m'a remis le pied à l'étrier de l'équipe de France"

Le prochain objectif c'est Barcelone. L'équipe des Jeux olympiques sera celle de Barcelone, Philippe y tenait. Le cheval aura trois semaines de vacances, Barcelone, puis trois autres semaines de vacances quand je partirai au Maroc. Je vais essayer de courir un petit concours avant, pour décompresser un peu. J'aimerais bien qu'il puisse faire un concours à la cool avant de revenir sur la hauteur. Ce n'est pas vraiment un cheval qu'il faut beaucoup entraîner à la maison. Faire les Jeux olympiques et la finale de Barcelone après treize ans sans Coupe des nations, c'est trop, je vais faire une overdose ! (rires) Tout m'a remis le pied à l'étrier dans l'équipe de France. La France a besoin d'un couple comme le nôtre, parce que le vivier derrière n'est pas tellement grand... Nos chevaux et ceux de Simon, il va falloir les protéger."

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