’’Garder toutes ces petites choses qui font notre efficacité’’, Alexandra Ledermann

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Jeudi 18 août - 16h46 | Salim Ejnaini

’’Garder toutes ces petites choses qui font notre efficacité’’, Alexandra Ledermann

Au lendemain de la formidable victoire des Bleus en saut d’obstacles aux Jeux olympiques de Rio, et à la veille du dénouement individuel de l’évènement, les médaillés naviguent entre célébration et concentration. Alexandra Ledermann, médaillée de bronze aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, revient sur la préparation de ce jour si particulier qu'est la finale individuelle.

GrandPrix-Replay : Comment se prépare-t-on à une échéance d’une telle importance ? Y a-t-il des pièges à éviter ?
Alexandra Ledermann : La première chose à faire est de ne pas essayer de changer radicalement ses habitudes dans l’objectif des Jeux olympiques. Le fait de répéter souvent les gestes techniques installe une habitude qui soulage la pression une fois le moment venu. Ensuite, je pense qu’il ne faut pas tomber dans le piège du surentrainement, qui ne fera que fatiguer l’équipe sans réel bénéfice. J’ai par exemple vu à Atlanta des cavaliers étrangers faire sauter leurs chevaux sur de grosses hauteurs, et répéter beaucoup. Étrangement, on n’a retrouvé aucun d’entre eux dans le haut du classement. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ne faut absolument rien changer, mais il faut le faire en dosant avec justesse, pour être prêt le jour J, ni avant, ni après. Pour reprendre un dicton des courses hippiques, la forme prime sur la classe. Un cheval modeste prêt à tout donner a plus de chances de résultats qu’un cheval musclé sans énergie.

GPR : Quelles qualités faut-il justement chercher à encourager et, au contraire, quels défauts peuvent être délétères ?
A L : Il est difficile de répondre de façon tranchée. Les cavaliers sont tous très différents, c’est aussi vrai à haut niveau. Ce qui est certain, c’est que les qualités d’un cavalier de haut niveau quelles qu’elles soient ont eu leur importance. Les grands cavaliers qui perdent leurs chances de médaille sont aussi ceux qui perdent leur authenticité en voulant changer pour l’échéance.

GPR : Comment doit se faire le travail de préparation du côté de l’équipe et de l’entourage, en amont et pendant la compétition ?
A L : De la même façon qu’il ne faut pas trop s’éloigner des méthodes habituelles pour la préparation aux Jeux olympiques, je crois qu’il faut garder le jour J toutes ces petites choses qui font notre efficacité en temps normal. En ce qui me concerne, j’ai toujours eu l’habitude d’être accompagné par mon père en compétition, ce qui a été problématique lors des Jeux olympiques, étant donnée la difficulté à obtenir suffisamment d’accréditations. À chaque fois, il n’a pu me rejoindre qu’au moment du début de la compétition, et non pas dès notre arrivée sur place. Cela pourrait paraitre insignifiant, mais ces petites choses qui bouleversent les habitudes sont aussi source de stress.

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