Dans l’œil de Jean-Marc Nicolas : ’’Il ne suffit pas de sauter haut pour tirer son épingle du jeu’’

Crédit : Sportfot

Mercredi 17 août - 21h01 | Salim Ejnaini

Dans l’œil de Jean-Marc Nicolas : ’’Il ne suffit pas de sauter haut pour tirer son épingle du jeu’’

Chaque soir, un expert analyse pour GrandPrix-Replay la compétition aux Jeux olympiques de Rio. En saut d’obstacles, c’est Jean-Marc Nicolas qui partage son expertise. Ce mercredi, il revient sur la médaille d’or de l’équipe de France, les enseignements à tirer de cette finale par équipes et ce qu’il faut attendre de la compétition individuelle.

Des conditions techniques formidables
’’Nous avons eu la chance d’assister à une très jolie épreuve. Depuis dimanche, on voit bien que le niveau a augmenté progressivement, mais tout en restant raisonnable. Jusque-là, c’est une grande finesse qui est demandée aux cavaliers qui doivent démontrer une vraie dextérité, dans la veine des méthodes plus contemporaines. Il ne suffit pas de savoir sauter haut pour tirer son épingle du jeu. C’est un format qui colle très bien avec un jugement par équipes, et qu’on ne retrouvera certainement pas vendredi sur les épreuves individuelles. ‘’
 
La France en or, enfin !
’’Je croyais en une médaille depuis le début. On pouvait évidemment douter de la couleur, mais la France avait toutes ses chances. Nos cavaliers ont été magnifiques. Ils ont su gérer la pression à merveille et n’ont pas flanché, une vraie leçon de sang-froid, surtout après tout ce qu’ils ont traversé. Philippe a rempli son rôle d’ouvreur à la perfection sans toucher la moindre barre. Kevin était calme et déterminé, il savait ce qu’il avait à faire et il a sorti le meilleur de lui-même pour le groupe. Il a laissé assez d’air à Bosty pour qu’il ait droit à un peu de temps dépassé. Après Kevin, le chrono n’était plus aussi important pour Bosty que pour n’importe quel autre cavalier. En un sens, le point d’hier a fini par mettre l’équipe de France à l’abri du danger, et a mis la pression sur l’Allemagne qui a fauté en voulant se trouver dans le temps à tout prix. Et comme je le disais hier, il nous restait le joker Pénélope Leprévost qui aurait été capable de décrocher le parcours sans-faute.
C’est la récompense d’un travail au long cours qui a commencé avant les Jeux olympiques de Londres, où Philippe Guerdat a fait un très beau travail. C’est ce que vous diront les Belges, les Espagnols et d’autres encore qui ont travaillé sous sa coupe. Il a par exemple fait le choix de sélectionner l’homme en forme du moment en guise de réserviste, alors que Philippe Rozier n’avait pas couru une coupe des nations depuis plusieurs années. Mais c’est aussi grâce à un entraineur comme Henk Noren qui a démarré cette jeune génération qui nous porte aujourd’hui.’’
 
Rien n’est jamais joué
’’On ne pouvait présumer de rien sur la compétition d’aujourd’hui. Une équipe comme l’Allemagne, qui a été d’une régularité exemplaire hier, n’a pas répondu présent aujourd’hui et était déjà à huit points après deux passages, là où la France n’en avait qu’un. Et à l’inverse, ils ont été tenus en échec pour la troisième place par le Canada, qui est un très beau mélange entre la rigueur anglo-saxonne et la cohésion d’équipe franco-latine. Il fallait un vainqueur, et c’est l’Allemagne qui a vaincu. Les Qataris ont aussi très bien su se démarquer, et je pense qu’il faudra compter sur eux en individuel. C’est un bel aboutissement pour eux qui ont travaillé très dur pour en arriver là. Quand on sait qu’ils se sont délocalisés à Valkenswaard, qu’ils ont fait appel au savoir-faire des Tops, on est dans l’obligation de reconnaitre qu’il ne suffit pas d’avoir les moyens pour réussir. Ils ont donné d’eux-mêmes pour en arriver là.’’
 
Les compteurs à zéro
’’Pour vendredi c’est comme pour aujourd’hui, rien n’est écrit d’avance. On peut déjà dire que le niveau sera encore plus élevé, et que les moyens des chevaux seront sollicités. Une cavalière comme Meredith Mickaels-Beerbaum pourrait en être favorisée. Chose importante, les chevaux pourront être en récupération et moins disponibles après un jour off. Mais il ne faut pas faire l’erreur de se méfier uniquement des hauts de classement par équipes. Il y a aussi ces quelques cavaliers qui ne sont qu’en individuel et qui voient la chose non plus comme un bonus, mais comme la vraie finalité. Je pense que les Allemands, comme Christian Ahlmann et Ludger Beerbaum, ont leur chance. Mais il y a aussi les Canadiens, ou l’Américain McLain Ward. Il ne faut pas non plus négliger les Qataris. Mais, après ce que j’ai vu aujourd’hui, je ne peux pas dire que je n’espère pas une récompense pour au moins un de nos Français, ils en sont tous les trois capables, et je leur souhaite sincèrement.’’

À lire également...

Réagissez