’’Il m'avait tout donné et ne méritait pas cela...’’, Adelinde Cornelissen

Crédit : Scoopdyga

Samedi 13 août - 19h55 | Johanna Zilberstein

’’Il m'avait tout donné et ne méritait pas cela...’’, Adelinde Cornelissen

Trois jours après avoir abandonné lors du Grand Prix des Jeux olympiques de Rio, Adelinde Cornelissen a pris le clavier pour raconter son histoire sur les réseaux sociaux.

La Néerlandaise est ainsi revenue sur ses premiers jours à Rio avec son bon Jerich Parzival, dix-neuf ans. ’’Les premiers jours à Rio se sont passés exactement comme prévus : le vol s’est passé calmement, les écuries étaient belles et l’entrainement se passait bien. Parzival se sentait heureux et en pleine forme. Jusqu’à mardi matin. J’avais prévu de monter tôt le matin, et je suis arrivée aux écuries à 6h du matin. En disant bonjour à Parzival, j’ai remarqué que le côté droit de sa tête était gonflé, et qu’il avait tapé dans les murs. J’ai pris sa température, il avait plus de 40°C de fièvre mais il n’avait pas l’air malade. Il mangeait et buvait. Après un double contrôle, les vétérinaires ont conclu qu’il avait été piqué par un insecte, une araignée ou un autre animal qui produit du venin. Afin de stopper le venin, nous lui avons donné des médicaments. De 6h30 à 15h45, nous l’avons gardé sous surveillance et les vétérinaires ont fait des examens sanguins. Sa température chutait graduellement et, à 15h30, il était à 38.4°C. Nous avons fait des radios de sa mâchoire histoire d’être sûrs, tout allait bien. À la fin de la journée, la fièvre était tombée et j’ai marché Parzival en main. Il avait l’air d’aller beaucoup mieux, et le volume de sa mâchoire avait diminué d’un tiers.Ce soir-là,  ous avons demandé à la Fédération équestre internationale de pouvoir changer l’ordre de passage dans l’équipe. Ainsi, Parzival avait une journée de plus pour récupérer et il aurait couru jeudi au lieu de mercredi. Mais la FEI a refusé. À ce moment-là, je ne voulais pas concourir du tout, la santé de Parzival était plus importante que tout le reste ! J’ai dormi aux écuries, surveillant Parzi toutes les heures. Je n’allais pas le laisser seul. Évidemment, je n’ai pas dormi…
 
Adelinde Cornelissen raconte ensuite sa journée de mercredi, celle où elle a décidé d’abandonner en pleine épreuve, alors qu’elle courrait pour son équipe nationale. ’’Ce matin, sa température était de 37.5°C et il était encore moins gonflé. La veille, j’avais décidé de ne pas courir, mais maintenant que sa température était normale, qu’il avait l’air en forme, je n’allais pas laisser l’équipe, je savais que nous n’avions pas de couple de réserve… Nous avons alors décidé de marcher et de trotter pour voir. Après quelques tours, Parzi semblait heureux et en forme. Que faire ? J’ai beaucoup discuté avec les vétérinaires et l’entraîneur national. Les vétérinaires de la FEI ont déclaré Parzival apte à concourir. Nous avons alors décidé d’essayer. À la détente, tout s’est bien passé, j’y suis allé doucement. Il allait bien mais je ne le sentais pas aussi puissant que d’habitude. J’ai donc marché pour qu’il reste en forme. Quand je suis entrée en piste, j’ai senti qu’il allait tout donner. Mais, voulant le protéger, j’ai laissé tomber. Il m’avait tout donné, durant toute sa vie et il ne méritait pas cela… Alors j’ai salué et j’ai quitté la piste…’’

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