Le bilan d'un dressage français en progrès

Jan Bemelmans, Emmannuelle Schramm et tout le staff fédéral peut être satisfait des progrès de leurs couples.
Crédit : Scoopdyga

Samedi 13 août - 11h33 | À Rio, par Yeelen Ravier

Le bilan d'un dressage français en progrès

À l'issue des deux premières épreuves à Deodoro, les Jeux olympiques ont décerné la huitième place à l'équipe de France de dressage. Deux Tricolores ont pu accéder au Grand Prix Spécial. Face à une rude concurrence, bien qu'elles n'aient pas atteint leur objectif de figurer parmi les six meilleures équipes, les "Vestes bleues" ont montré de jolis progrès. Jan Bemelmans, entraîneur, et Emmanuelle Schramm, directrice technique nationale adjointe de la discipline, dressent leur bilan.

La semaine brésilienne a démarré par un Grand Prix globalement fructueux pour l'équipe de France, Ludovic Henry, Pierre Volla et Karen Tebar ayant quasiment battu leurs records personnels en termes des notes avec After You, Badinda Altena et Don Luis. Seule Stéphanie Brieussel a malheureusement produit une reprise plutôt moyenne sur un Amorak qui se sentait visiblement très anxieux. Finalement, l'équipe tricolore a terminé huitième, à deux places de poursuivre le match.
Grâce à leurs très bonnes moyennes, deux Tricolores, Pierre Volla et Karen Tebar, sont tout de même parvenus à se qualifier pour le Grand Prix Spécial. Mais hier, ces deux derniers n'ont malheureusement pas rencontré le même succès, commettant tour à tour des fautes avec une Badinda Altena et un Don Luis relativement dissipés.
"Pierre n’a malheureusement pas su dérouler une aussi bonne reprise que dans le Grand Prix", a commenté Jan Bemelmans, entraîneur et sélectionneur national. "Badinda avait l'air et était en forme au paddock. Nous nous sommes dit que cela allait bien se passer. C’est peut-être aussi un peu notre faute. Hier, il y avait beaucoup d’attention centrée sur le Grand Prix et comme cela s’est très bien passé, nous nous sommes probablement un peu relâchés. Ce n’est pas non plus trop grave, parce que malgré les fautes au piaffer, la jument a livré une bonne impression. Il y a eu de jolis moments dans sa reprise. Ce qu'il nous fallait, c'était des reprises sans faute, évidemment."
"Concernant Karen, c'est une petite déception puisque nous étions convaincus qu’elle arriverait juqu'à la Reprise Libre en Musique. La première impression est le premier trot allongé, et le cheval a fauté en trébuchant en arrivant, comme hier. On allons devoir vraiment travailler là-dessus pour commencer la reprise sans faute afin que les juges osent monter ensuite davantage les notes. Il s'agit un peu de donner une carte de visite quand on rentre, alors avec ce premier trot allongé... C'est ce qui a péché aujourd’hui. Valegro et Charlotte Dujardin en ont également fait les frais. C'est dommage pour Karen parce qu'elle termine vingt-cinquième après le Grand Prix Spécial. Seuls les trois meilleurs coples de chaque équipe pouvant accéder à la Libre, cela s'est joué à très peu de places (quatre et un point seulement, ndlr)..."

"Sortant plus souvent de France", Jan Bemelmans

Onzième des Jeux équestres mondiaux de Normandie il y a deux ans à Caen, la France a tout de même largement progressé. "Je suis, après ces trois jours, content de cette huitième place parce que vu le niveau de la concurrence, nous savions que ce serait très difficile. Mais nos couples ont progressé et vont continuer à progresser. Nous nous rassemblons autour d'un très bon état d’esprit. Alexandre Ayache, le réserviste, a vraiment très bien tenu son rôle, il essayait vraiment d'être là pour les autres. Ce n'est pas une place facile", dit encore Jan Bemelmans.
"Concernant la suite, ce sera réellement important et bénéfique que nous allions davantage dans les grands concours, en sortant plus souvent de France. Et ce qui fait la différence ici, c’est que les meilleures équipes étrangères ont toutes un cheval formidable qui sort de ses reprises avec plus de 80 %. Forcément, cela tire une équipe vers le haut, et rassure !"
Emmanuelle Schramm, DTN adjointe elle aussi déjà tournée vers le futur proche, tient à souligner la progression de cette équipe. "Il faut quand même rappeler que nos chevaux sont jeunes! Ils ne sont pas dans le circuit depuis longtemps et ne sont qu'au début de leur aventure sportive. Nos couples ont vraiment évolué. Nous avons tous appris beaucoup de choses ici. C’est de l’acquis pour plus tard! Maintenant, il va falloir très rapidement débriefer, voir ce que l’on va mettre en place pour préparer les prochains championnats d’Europe et les Jeux mondiaux. Certains ont souri quand nous avons dit que nous voulions finir parmi les six meilleures équipes, mais on ne va pas aux JO pour être derniers ni huitièmes ! C’est normal de se fixer des objectifs ambitieux. En plus, nous nous rendons compte que la marche est haute, mais pas impossible à franchir. Nous devons continuer à progresser !", a-t-elle conclu, fière de ses cavaliers. Elle peut également être fière du travail mis en place par la Fédération française d'équitation. Même si le résultat n'est effectivement pas celui prévu, les Tricolores n'ont pas démérité.

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