Douze ans après, la France renoue avec le titre suprême!

Astier Nicolas et Piaf de B'Neville ont parachevé le succès tricolore. Ils sont désormais en course pour l'or individuel.
Crédit : Scoopdyga

Mardi 09 août - 18h56 | À Rio, Sébastien Roullier

Douze ans après, la France renoue avec le titre suprême!

Quelle sensation à Deodoro! Douze ans après leur premier titre arraché à Athènes au terme d’une lutte juridique légitimement remportée face à l’Allemagne, la France est redevenue championne olympique de concours complet, ce midi à Rio de Janeiro au Brésil. Merveilleuse et vaillante de bout en bout, affichant de franches et émouvantes valeurs collectives, l’équipe de Thierry Touzaint et Michel Asseray n’aura volé cette médaille d’or à personne. Ces JO n’auraient pas mieux commencer pour les Bleus. Chapeau Messieurs Laghouag, Vallette, Lemoine et Nicolas!

Historique, prodigieux, fabuleux. Tous les superlatifs ne suffiraient pas pour qualifier la performance collective de l’équipe de France de concours complet, qui a offert ce midi à la France sa toute première médaille d’or dans ces Jeux olympiques de Rio. Sélectionnés par Thierry Touzaint, l’entraîneur national, et choyés Michel Asseray, le directeur technique national adjoint de la FFE, les quatre couples tricolore se seraient peut-être contentés du bronze et sûrement ravis de l’argent. L’or les plonge dans une extase totale!
Cette victoire est sublime à bien des titres, mais peut-être d’abord parce que le scénario a été fabuleux de bout en bout. Il y a deux jours, au terme du dressage, aucune grande nation n’avait véritablement creusé les écarts, ce qui laissait augurer d’un cross et d’un hippique épiques. Le public n’a pas été déçu, loin s’en faut. Deuxième derrière l’Allemagne après ce premier test, la France a été la seule nation avec la Grande-Bretagne à ramener ses quatre couples à bon port hier, et surtout la seule parmi les quatre équipes en lice pour le podium. Ce matin, vu les faibles écarts entre l’Australie, en tête hier, la Nouvelle-Zélande, la France et l’Allemagne, le suspense était à son comble dès la visite vétérinaire, qui n’a heureusement rien changé, et surtout dès le coup d’envoi de la première manche d’hippique.
Même si son score n’a finalement pas compté en raison de son refus essuyé dans le cross, Karim Laghouag a su parfaitement lancer les "Vestes bleues" sur la voie du succès, signant un sans-faute aux obstacles pénalisé d’un tout petit point de temps avec Entebbe de Hus. Juste après le premier sans-faute allemand, signé par Sandra Auffarth et Opgun Louvo, champion du monde en titre, Thibaut Vallette a offert à la France un tour absolument prodigieux de classe et de finesse avec un Qing du Briot*ENE-HN impérial. Dès cette deuxième rotation de cavaliers d’équipes, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont bu la tasse, Jonelle Price et Stuart Tinney concédant huit et dix-sept points sur Faerie Dianimo et Pluto Mio. La France s’est alors installée en tête.
 
Astier Nicolas en apesanteur
 
La troisième rotation a totalement rebattu les cartes. Après le deuxième sans-faute allemand, arraché par une Ingrid Klimke revancharde sur Hale Bob, Mathieu Lemoine a renversé les deux derniers obstacles du parcours avec un Bart L guère avantagé par son grand gabarit dans un double assez court et sec. Les voisins néozélandais et australiens sont alors revenus dans la course grâce aux sans-faute impeccables de Clarke Johnstone et Sam Griffiths sur Balmoral Sensation et Paulank Brockagh. La France recule alors au troisième rang derrière les Kiwis et les Aussies.
Quelques minutes plus tard, l’incroyable s’est produit dans un money time absolument haletant. Sans surprise, l’Allemagne a mis la pression sur le reste du monde grâce à un troisième sans-faute sublime de Michael Jung et Sam, les champions olympiques en titre. Dans une atmosphère irrespirable, le quatrième mousquetaire tricolore, Astier Nicolas, en apesanteur sur son fidèle Piaf de B’Neville, a assuré la place des Tricolores sur le podium grâce à un sans-faute incroyable de sang froid. Ayant le destin de leur pays entre leurs rênes, la légende Mark Todd et le talentueux Christopher Burton ont alors craqué de manière totalement irrationnelle. Parfait dans les deux premiers test, Leonidas II, la monture du double champion olympiques de Los Angeles et Séoul, n’a plus voulu jouer, renversant quatre obstacles et condamnant les Néozélandais à l’horrible quatrième place. Leaders au provisoire hier, Burton et Santano II, lauréats du CCI 3* de Saumur, ont alors renversé le deuxième élément du triple et la sortie du double, faisant reculer l’Australie à la troisième place… et propulsant la France au firmament de l’Olympe.
Quel scénario, quelle finale, quelle équipe! La France du cheval, et la France tout court peuvent être fiers de ces quatre garçons qui vivent à Rio leurs tout premiers Jeux olympiques. Une édition 2016 qui ne pouvait pas mieux commencer pour les sports équestres français, sevrés de médailles depuis… 2004 et la première médaille d’or collective de l’histoire du complet français. Tout simplement magique.

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