“Le jugement humain fait partie du jeu…”, Karim Laghouag

Karim et Entebbe de Hus ont déroulé une belle reprise cet après-midi à Deodoro.
Crédit : Scoopdyga

Samedi 06 août - 19h43 | Propos recueillis à Rio par Sébastien Roullier

“Le jugement humain fait partie du jeu…”, Karim Laghouag

Deuxième complétiste français à entrer en lice dans ces Jeux olympiques de Rio, Karim Laghouag a déroulé une bonne reprise de dressage, qu’il a conclue avec 43,40 points de pénalité sur Entebbe de Hus. Même si le salut final et un des changements de pied n’ont pas été parfaits, le cavalier eurélien, victime d’un coup de chaud trois quarts d’heure avant d’entrer en piste, déplore la sévère note infligée par la juge britannique Sandy Philipps (66.48% contre 73.89% 72.78% pour les juges néozélandais et américains).

“Je suis très content de ma reprise. Mon cheval a vraiment répondu présent et déroulé comme à la maison. Les petites imperfections sont plus à mettre sur mon compte que sur le sien. Je lui ai mis beaucoup de pression parce que moi j’en avais certainement, d’où notre sortie quelque peu heurtée. Globalement, nous sommes dans l’éventail de notes que l’on pouvait attendre. Je suis déçu parce que j’aurais aimé que la juge qui m’a sanctionné le fasse moins lourdement, ce qui m’aurait sans doute placé en tête. Là, l’écart est flagrant entre deux juges qui me voient premier et une qui me voit dans les derniers… On sait que cette juge n’est pas toujours très tendre avec les Français… C’est ainsi, le jugement humain fait partie du jeu, il faut l’accepter. Si je n’ai jamais trop aimé le dressage, c’est justement pour cette raison. À la maison, je prends du plaisir à dresser mes chevaux tous les jours!
Nous aurions aimé terminer ce premier jour un peu plus haut, mais pour l’instant, ça va. En tout cas, la performance sportive est au rendez-vous. Je pense avoir fait aussi bien sinon mieux que lors de nos derniers concours. Entebbe a été magique, il s’est montré encore plus brillant que d’habitude. C’est normal aussi dans la mesure où nous travaillons en ce sens depuis un mois que l’équipe s’est isolée pour préparer ces JO.

"Un petit coup de chaud"

Quarante-cinq minutes avant d’entrer en piste, j’ai subi un petit coup de chaud. J’ai dû m’appliquer de la glace, me doucher et me mettre à l’ombre pour me refroidir au maximum. J’ai aussi profité des ventilateurs installés dans les boxes des chevaux. Après quinze minutes, je me sentais déjà un peu mieux. Ensuite, je suis allé détendre Entebbe dans le manège où il fait un peu plus frais. Je suis revenu au soleil seulement dix minutes avant d’entrer en piste. Maintenant, tout va bien, je me sens mieux. Je pense que la pression a joué aussi dans tout ça. Cela m’est arrivé à un moment où je regardais d’autres cavaliers. Je pense que je ne me suis pas rendu compte que j’étais en plein soleil. C’est juste un petit coup de chaud. C’est la première journée aussi chaude depuis notre arrivée. D’habitude, il fait un peu moins chaud et il y a du vent.

"Le cross va être très éprouvant"

À son arrivée, Entebbe a eu un tout petit peu de mal à s’acclimater. Les deux premiers jours, il était un peu fatigué, essentiellement par le transport, je pense. Nous l’avons laissé tranquillement reprendre des forces. Là, tout va bien. Il est en grande forme.
J’ai déjà reconnu deux fois le parcours de cross: une fois avec le staff et une fois avec Jean-Luc Force, mon entraîneur. C’est un cross très pénible pour les chevaux dans le sens où il est très vallonné. En fait, j’ai l’impression que ça monte tout le temps, plus ou moins fort, et que ça ne descend que pendant trois minutes sur dix minutes et quinze secondes de temps imparti. Ça va être très éprouvant. De plus, il y a pas mal de combinaisons avec de vraies questions techniques à se poser. C’est plus proche d’un 4* que d’un 3*. En fin de parcours, il y a de gros obstacles, moins techniques, pour tester la puissance et l’énergie des chevaux. Le dernier gué est assez copieux avec un bateau et deux sortes de poissons rehaussés de haies et une grenouille. Il y a pas mal d’obstacles difficiles. La topographie va sûrement nous contraindre à faire souffler les chevaux un peu partout, ce qui va rendre difficilement accessible le temps imparti. Idéalement, il faudrait que la température baisse un peu (ce devrait être le cas, ndlr)...”

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