Concours complet moderne pour Jeux olympiques modernes

Au début des années 2000, comme ici aux championnats d'Europe de Pau en 2001, le cross est la seule épreuve de fond à survivre à l'ancien format. Ici, Frédéric de Romblay sur Baba au Rhum, médaillé d'argent avec l'équipe de France.
Crédit : Scoopdyga

Vendredi 05 août - 14h34 | Salim Ejnaini

Concours complet moderne pour Jeux olympiques modernes

Alors que les Jeux olympiques débuteront officiellement ce soir avec la cérémonie d’ouverture, c’est le concours complet qui ouvrira, dès demain, le bal des épreuves équestres. L’emblématique triathlon équestre, composé de trois tests, le dressage, le cross et le concours hippique, n’a pas toujours eu ce format sur trois jours et a, à une époque, posé bien des difficultés aux cavaliers comme aux chevaux.

C’est en 1912 que l’ancêtre du concours complet d’équitation pousse la porte des Jeux olympiques, à l’occasion des JO de Stockholm, alors que les sports équestres sont sortis du programme olympique lors des deux dernières éditions. À l’époque exclusivement militaire, et donc masculin, ce qui s’appelait en France le Concours du cheval d’arme visait à évaluer les qualités physiques et mentales des chevaux de l’armée, essentiel moyen de transport du début du XXème siècle. La compétition était alors composée de quatre test : le dressage, le steeple-chase de 30 à 70km, la randonnée, et le concours hippique. Étaient ainsi évaluées tour à tour l’obéissance, l’endurance et la fraicheur des chevaux.
Lors des Jeux olympiques de Londres, en 1948, les Britanniques se prennent alors d’amour ce qui se fait désormais appeler concours complet depuis la fin des JO de Stockholm, entraînant la démocratisation de la discipline, pour en donner l’accès aux civils, puis rapidement aux femmes.
Le concours complet change de formule au milieu du XXème siècle avec la disparition de la randonnée et la refonte du steeple. À partir des années 60, il est remplacé par quatre épreuves qui donnait les points de l’épreuve de fond : une épreuve d’endurance sur le plat appelé le routier, une version raccourcie du steeple, un second routier, puis une épreuve de cross, semblable à ce que nous connaissons aujourd’hui. Le cross est d’ailleurs le seul vestige de l’épreuve de fond, depuis la disparition des routiers et du steeple au début des années 2000. Depuis lors, cette épreuve, spécifique au concours complet, est la seule impliquant le franchissement d’obstacles fixes. 

Du steeple au cross

Aujourd’hui, le concours complet, toujours au programme des Jeux olympiques, est constitué de trois tests : le dressage, le cross et l’hippique. Il peut se courir sur un format dit court, dressage, hippique et cross ’’court’’ ou sur un format dit long, avec dressage, cross ’’long’’ et hippique. Désormais, s’il met toujours l’endurance et le courage des couples à l’épreuve avec le cross, il est également devenu une affaire de technique et de finesse grâce aux deux autres tests, qui prennent toute leur importance.
Si le maintien des sports équestres au programme des Jeux olympiques modernes est sans cesse remis en cause, le concours complet poursuit son évolution, se voulant notamment assurer la sécurité des couples qui le pratique. La Fédération équestre internationale (FEI), instance gouvernante du sport, mettra ainsi en place dès cette année un Groupe de travail concernant la gestion des risques en concours complet. En attendant, bien du chemin a été parcouru depuis les massifs barrières d’antan, qui ont laissé la place à des obstacles mobiles. Une évolution dans l’air du temps, qui poursuit sa route.

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