“Je dors dans un lit rallongé de cinquante centimètres!”, Ludovic Henry

L'équipe de France de dressage a été reçue hier soir au Club France.
Crédit : Sébastien Roullier

Vendredi 05 août - 04h07 | Propos recueillis à Rio par Sébastien Roullier

“Je dors dans un lit rallongé de cinquante centimètres!”, Ludovic Henry

Dans cinq jours à Deodoro, Ludovic Henry aura l’honneur de vivre ses tout premiers Jeux olympiques. Associé à After You, le Français établi en Belgique fera équipe avec Karen Tebar, Pierre Volla et Stéphanie Brieussel, Alexandre Ayache ayant été désigné remplaçant. Un peu plus de quarante-huit heures après son arrivée au Brésil, le quadragénaire est apparu particulièrement serein et souriant à l’occasion de la première conférence de presse olympique de l’équipe tricolore de dressage, hier soir au Club France établi à la Sociedade Hípica Brasileira.

 - “Je dors dans un lit rallongé de cinquante centimètres!”, Ludovic Henry

Ludovic Henry estime que le couple qu'il forme avec After You a encore progressé depuis les championnats d'Europe d'Aix-la-Chapelle, l'an passé.
Crédit : Scoopdyga

GrandPrix-replay.com : Vous êtes arrivés à Rio il y a deux jours. Comment vous sentez-vous? Avez-vous encaissé le décalage horaire?
Ludovic Henry : Tout est déjà rentré dans l’ordre. Le voyage s’est très bien passé. J’étais confortablement installé dans l’avion. C’était impeccable. D’une manière générale, je ne dors pas beaucoup: quatre ou cinq heures me suffisent. Le soleil se lève et se couche tôt, mais cela ne me perturbe pas dans la mesure où j’ai été élevé en Afrique (Ludovic a passé son enfance entre le Liban, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique et le Cameroun, ndlr). J’ai été habitué à cela. Et j’aime les atmosphères chaudes et humides donc je me sens ici comme un poisson dans l’eau.
 
GPR. : Comment se passe la vie au village olympique?
L.H. : Il y a quelques petits couacs, mais ce n’est vraiment pas problématique vu l’enthousiasme, la ferveur et l’énergie qu’on ressent dans cet endroit. C’est parfaitement vivable. Comme je suis plutôt grand (1,95m!, ndlr), l’organisation a rallongé mon lit de cinquante centimètres! C’est prévu pour les gens un peu plus grands que la normale (notamment les basketteurs, handballeurs et volleyeurs, parmi d’autres, ndlr): on allonge lit en ajoutant un deuxième matelas de cinquante centimètres. C’est extraordinaire! (rires) Quentin Simonet (chargé de mission olympique de la Fédération française d’équitation, ndlr) a préparé et organisé tout ça avant notre arrivée. Du coup, j’évolue dans un parfait confort.
 
GPR. : Comment va After You?
L.H. : Très bien. Il a extrêmement bien voyagé. Cela s’était déjà passé idéalement l’année dernière quand nous étions allés concourir au Qatar (au CHI de Doha ; After You était d’ailleurs le seul cheval de l’équipe à avoir déjà voyagé en avion, ndlr). Je savais qu’il n’y aurait pas de problème de ce point de vue. De fait, ce n’est pas tellement la longueur du vol qui pose de problème, mais surtout le décollage et l’atterrissage. L’embarquement et le débarquement se sont passés de manière très professionnelle.
Mon épouse (Georgia Tonnicchi-Henry, ndlr) s’occupe de lui comme d’habitude aux écuries. Il était hors de question qu’elle ne vienne pas d’autant plus que sa présence est essentielle à l’équilibre du cheval. Quand nous sommes là tous les deux, il se sent en sécurité.
 

« Nous sommes ici pour faire la guerre »

 
GPR. : Vous sentez-vous confiant à cinq jours de l’entrée en lice de l’équipe de France dans ces JO? Vous êtes-vous fixé des objectifs chiffrés? Espérez-vous obtenir davantage de points sur certaines figures en particulier?
L.H. : Je me sens en forme! Je ne fonctionne jamais avec des objectifs de points. Cela ne me convient pas. Je veux réaliser chaque mouvement au mieux. After You s’est stabilisé depuis ou trois concours  dans un certain créneau de points (entre 69.200 et 71.400% en Grand Prix, ndlr). J’aimerais faire mieux tout en restant réaliste. Je vais donc essayer de présenter mon cheval aussi bien que je le pourrai pour obtenir la meilleure note possible. J’ai énormément travaillé techniquement avec Jan Bemelmans, mentalement avec Blandine Bousquet, ainsi que physiquement. J’ai perdu pas mal de poids et j’entends continuer. Ici au Brésil, nous essayons d’ailleurs d’être raisonnables de ce point de vue.
Notre objectif est d’abord collectif: nous voulons terminer parmi les six meilleures équipes. Pour nous, c’est un but aussi élevé que pour les trois ou quatre nations en lice pour les médailles. Nous sommes ici pour faire la guerre, pas pour nous promener. Nos chevaux ont tous évolué à un certain niveau, ce qui leur a valu cette sélection olympique. Nous voulons donc faire aussi bien voire mieux. Notre entraîneur (Jan Bemelmans, ndlr) ne cesse de nous dire que les JO sont un moment où l’on peut se surpasser. Il a déjà vécu ça notamment quand il entraînait l’équipe d’Espagne. Nous allons tout faire pour y parvenir nous aussi. Jan vivra ici ses septièmes JO. C’est un énorme atout pour nous. Quand nous ressentons un certain stress, il parvient à nous calmer et nous aide à nous recentrer sur l’essentiel dans le travail des chevaux.
 
GPR. : Jan Bemelmans estime que chaque couple peut encore améliorer des choses jusqu’au dernier moment…
L.H. : Oui, parce que les Jeux olympiques sont un rendez-vous crucial, mais Jan voit toujours plus loin que l’échéance à venir. Ces JO s’inscrivent dans une progression générale de l’équipe, de tous ses chevaux et de tous ses cavaliers. Nous ne sommes pas encore stabilisés à de hauts niveaux de performances, mais nous avons déjà tous considérablement progressé. L’équipe de France se reconstruit, et elle se reconstruit en misant d’abord sur le collectif. C’était la volonté de Jan dès son arrivée en poste début 2013.
Après le concours par équipes, il y aura l’individuel. Bien sûr, nous compterons d’abord sur Karen Tebar et Don Luis qui ont de vraies chances d’entrer dans la Reprise Libre en Musique (réservée aux quinze meilleurs couples à l’issue du Grand Prix Spécial, avec un quota maximal de trois par nation, ndlr). Cependant, la priorité de Jan a toujours été le fonctionnement, la cohésion et le résultat de notre équipe.

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