“Mes cavaliers restent calmes”, Jan Bemelmans

Jan Bemelmans en pleine observation d'une séance de travail des couples français, hier matin à Deodoro.
Crédit : Scoopdyga

Vendredi 05 août - 04h04 | Propos recueillis à Rio par Sébastien Roullier

“Mes cavaliers restent calmes”, Jan Bemelmans

Après celle de concours complet mercredi, hier soir, l’équipe tricolore de dressage a été officiellement reçue au Club France pour y donner sa première conférence de presse olympique. L’occasion pour Jan Bemelmans, entraîneur et sélectionneur, de réaffirmer son objectif ambitieux de terminer entre la quatrième et la sixième place du concours par équipes de ces Jeux de Rio. Le Germano-Belge évoque l’arrivée de ses troupes au Brésil et plante le décor à cinq jours du coup d’envoi du Grand Prix.  

GrandPrix-replay.com : Vous êtes arrivés à Rio mardi après-midi. Comment vous sentez-vous et comment vont les chevaux de l’équipe de France?
Jan Bemelmans : Tout le monde va bien. En ce qui me concerne, je me suis à peu près réglé par rapport au décalage horaire. Ce matin, je me suis réveillé à 6h, donc je suis déjà dans un rythme de compétition! Les chevaux ont tous très bien voyagé. En général, après un si long trajet, ils sont un peu excités pendant deux ou trois jours avant de connaître un tout petit coup de fatigue puis de retrouver leur état normal. C’est simplement un léger stress lié au changement d’environnement. Les nôtres en sont à la première étape. Demain, je pense tout devrait rentrer dans l’ordre. En tout cas, la société Piden qui a géré le transport des chevaux depuis l’Europe jusqu’au site olympique a effectué un travail remarquable et très professionnel. L’embarquement et le débarquement se sont parfaitement déroulés. Ils ont même fait venir trois ou quatre camions spécialement d’Allemagne par bateau pour convoyer les chevaux de l’aéroport jusqu’à Deodoro. On ne peut pas faire mieux!
 
GPR. : Exception faite de Karen Tebar, vos cavaliers vont vivre ici leurs premiers JO. Dans quel état d’esprit les sentez-vous?
J.B. : Tout va bien. J’ai le sentiment qu’ils restent calmes comme je le suis moi aussi. La vie en équipe est très agréable. Nous sommes logés tous ensemble au village olympique, nous partons tous ensemble aux écuries le matin et faisons tranquillement travailler nos chevaux. Nous sommes peut-être un peu impressionnés par la présence de tous les meilleurs cavaliers de dressage de la planète. C’est très rare dans notre discipline jugée et notée où les très grands couples évitent de se croiser en dehors de ces très grands rendez-vous. D’un autre côté, cette occasion rare permet aux cavaliers français de les observer. Il y a toujours quelque chose à apprendre des autres!
Pour autant, nous devons rester calmes et ne pas commencer à entrer dans une espèce de concurrence avec les autres. Nous devons continuer à faire ce que nous faisons bien à la maison. Chaque couple sait qu’il a encore quelques petits détails à améliorer d’ici le début du Grand Prix. Notre objectif commun est de permettre à chaque couple de livrer le meilleur de lui-même avec un cheval au top de sa forme possible à l’instant T. C’est là-dessus que nous nous concentrons.
 
GPR. : Avez-vous vu travailler Charlotte Dujardin et Valegro, les tenants du titre britanniques, qui ne sont plus réapparus dans une compétition d’envergure depuis les championnats d’Aix-la-Chapelle l’an passé?
J.B. : Effectivement, ils se sont un peu cachés depuis un an. Je les connais très bien pour les avoir suivis depuis leurs tout débuts dans des épreuves de Petit Tour il y a déjà quelques années en Espagne. Jusqu’ici, ils (Charlotte Dujardin et Carl Hester, propriétaire du cheval et mentor de la cavalière, ndlr) ont suivi un plan parfait puisqu’ils n’ont jamais rien manqué! Non, je ne les ai pas vus travailler aujourd’hui, mais je sais qu’ils suivent leur plan et je crois que le couple sera en grande forme au moment d’entrer en piste.
Cela dit, ils vont devoir à nouveau prouver sur le rectangle qu’ils sont bien les meilleurs. Il y a naturellement une forte pression autour d’eux, d’autant qu’on ne les a effectivement plus vus en concours depuis longtemps, exception faite du CDI 3* d’Hartpury début juillet (en Grande-Bretagne, ndlr). Mais celui-ci était plutôt un concours "politique" où l’on choisit cinq juges qui donnent beaucoup de points pour que tout le monde soit impressionné! (rire) Aux championnats d’Europe, le couple avait remporté les trois tests, mais tout n’était pas parfait, donc j’ai hâte de voir ce qu’il va en être ici. Vraiment, je ne les ai pas vus travailler, mais de toute façon, les exercices que les cavaliers répètent dans ces séances ne disent pas grand-chose de l’état de forme réel d’un couple. Chacun montre un peu ce qu’il fait de mieux sans pression excessive. On ne saura que quand on les verra entrer en piste et saluer le jury!

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