’’Pour moi qui n’avais jamais pris l’avion…’’, Mathieu Lemoine

Mathieu Lemoine s'apprête à découvrir les Jeux olympiques avec Bart L.
Crédit : Scoopdyga

Jeudi 04 août - 15h26 | À Rio, Sébastien Roullier

’’Pour moi qui n’avais jamais pris l’avion…’’, Mathieu Lemoine

À l’occasion de la première conférence de presse olympique de l’équipe de France de concours complet, qui s’est tenue hier soir au Club France, Mathieu Lemoine est revenu sur ses premiers jours vécus sur le sol brésilien. Impatient d’entrer en scène, le cavalier de Bart L a déjà vécu bien des premières depuis son départ de Paris. Pour autant, il affiche une certaine sérénité à moins de quarante-huit heures du début des hostilités à Deodoro.

 - ’’Pour moi qui n’avais jamais pris l’avion…’’, Mathieu Lemoine

Mathieu et Bart L lors de l'une de leur première sortie à Deodoro.
Crédit : FFE

GrandPrix-Replay : Comment vous sentez-vous dans cette tenue olympique française ?
Mathieu Lemoine : Très bien. Pour nous, cavaliers, cette tenue est si différente de celle que nous portons tous les jours qu’elle nous donne un peu l’impression d’un déguisement, mais elle est très confortable et surtout très symbolique. Je suis fier de la porter !
 
GPR : Comment s’est déroulé le voyage depuis la France?
M. L. : Très bien. Pour moi qui n’avais absolument jamais pris l’avion, c’était une vraie première ! Je l’ai plutôt bien vécue même si onze heures, c’est quand même un peu violent ! Ce n’est pas que j’en avais peur, mais je n’avais simplement jamais eu l’occasion de partir en vacances en avion, ni besoin de le prendre pour participer à un concours. J’ai aussi découvert le décalage horaire ! Au bout de trois jours, j’ai rattrapé tout ça. Je dors bien, tout va bien.
 
GPR : On a l’habitude de dire que les chevaux vivent mieux le décalage horaire que les humains. Comment Bart L a-t-il vécu ce premier grand voyage ?
M. L. : Oui, eux le vivent mieux que nous car ils ont des cycles de sommeil beaucoup plus courts que les nôtres. Bart L va très bien, lui aussi. Je crois qu’il est prêt.
 
GPR : Dans quelles conditions les chevaux sont-ils hébergés au Centre équestre olympique de Deodoro?
M.L. : Très bien, les écuries sont magnifiques. Le site équestre est très réussi. Tout est terminé. Il n’y a pas le moindre problème à signaler.
 
GPR : Même s’il n’a pas encore été ouvert à la reconnaissance, avez-vous pu observer de loin le parcours de cross de ces JO ? Comment vous semble-t-il ?
M.L. : On a pu apercevoir quelques éléments, mais vraiment pas grand-chose. Nous y allons demain. A priori, le sol est de bonne qualité (impression confirmée hier soir par Michel Asseray, directeur technique national adjoint en charge du concours complet, ndlr). Le terrain a l’air très, très bon, très vallonné aussi, mais ça, nous le savions depuis un moment puisque le staff était venu l’an passé en reconnaissance à l’occasion du concours test. Et nous nous sommes préparés en conséquence. Les épreuves de préparation et de sélection ont été réalisées sur des terrains aux profils proches ou similaires.

« On sent bien que c’est un pays qui souffre »

GPR. : Pour vous, ces Jeux olympiques de Rio 2016 seront les premiers. Dans quel état d’esprit êtes-vous à quarante-huit heures du début du test de dressage ?
M.L. : Pour l’instant, je suis serein. Je ne dis pas que je vais le rester jusqu’au bout, mais je me sens bien. J’essaie de m’enlever un peu cette pression des JO et de ne pas trop y penser en me disant que les difficultés à venir, nous les avons sûrement déjà rencontrées dans d’autres concours, et que Bart L et moi les avons franchies de bonne manière. J’essaie donc de faire abstraction de tout ça. Il n’y a pas de raison que cela se passe mal. Mon cheval est très en forme et très au point donc je me sens confiant.
 
GPR. : La longue expérience olympique de Nicolas Touzaint, remplaçant dans cette équipe de France, vous aide-t-elle à appréhender ce rendez-vous ?
M.L. : Oui, bien sûr. Ce qui me permet d’être serein aujourd’hui est d’avoir beaucoup échangé avec Nicolas et avec d’autres cavaliers qui ont déjà vécu cette expérience olympique. On ne m’a pas menti sur les Jeux, je crois qu’on m’a dit tout ce que je devais savoir. J’ai le sentiment de m’y être bien préparé. Ici, je ne me sens ni perdu ni déboussolé. J’étais déjà bien prêt dans ma tête avant de partir.
 
GPR. : Beaucoup d’informations circulent au sujet des malfaçons du village olympique. Qu’en est-il pour vous ? Votre chambre est-elle confortable ?
M.L. : Tout n’est pas parfait, ça déconne un peu par moments… Mais bon, on fait abstraction de ça aussi. Ce n’est pas du tout invivable. De toute façon, nous, cavaliers de complet, ne sommes guère habitués au grand luxe toute l’année ! Et il ne faut pas exagérer, nous ne sommes pas en vacances non plus ! Ce qui nous arrive est déjà formidable, beaucoup voudraient le vivre. Nous n’allons quand même pas chipoter pour une ampoule grillée ou un tuyau bouché. Nous savourons notre chance d’être ici à Rio.
Quand on voit les quartiers autour des sites, ça nous remet aussi les pieds sur terre. Au village, tout est à volonté. On peut manger à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Nous sommes privilégiés. Hors de la voie de circulation olympique, on perçoit un peu ce que si passe plus loin, et franchement, ça ne respire pas le grand luxe. On sent bien que c’est un pays qui souffre, c’en est presque gênant en contraste. Donc on ne va donc pas râler à la cantine ou parce que notre lit est trop dur. Ce serait indécent.

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  • ALLALONG - le 04/08

    Bonne chance à notre ancien pensionnaire Bart L