Un voyage en première classe pour les chevaux olympiques

Crédit : Dirk Caremans/FEI

Mercredi 03 août - 17h12 | Pauline Chevalier et Johanna Zilberstein

Un voyage en première classe pour les chevaux olympiques

Peu à peu, les chevaux arrivent à Rio, où la compétition débutera dès samedi avec le concours complet. Mais si le voyage est long, les chevaux bénéficient de tout le confort possible pour le faire dans les meilleures conditions. Quelques jours avant l'envol des chevaux de l'équipe de France de concours complet, Xavier Goupil, vétérinaire fédéral, a accepté de lever le voile sur les conditions de vol.

Cette nuit, les chevaux de l’équipe de France de dressage ont posé le pied à Rio, où vont se dérouler dès samedi les Jeux olympiques. Ils y ont rejoint Bart L, Entebbe de Hus, Qing du Briot*ENE-HN, Piaf de B’Neville et Crocket 30, les chevaux de l’équipe de concours complet, sur place depuis plusieurs jours déjà. Le terme d’un voyage qui a duré onze heures et quarante minutes. Évidemment, ce genre de périple ne s’effectue pas au pied levé et le staff fédéral, mené par Xavier Goupil, vétérinaire fédéral pour l’équipe de France de concours complet depuis de nombreuses années, a tout minutieusement préparé. ’’On peut craindre pour les chevaux qui voyagent habituellement mal en camion mais sinon, il n’y a pas de crainte à avoir’’, explique Xavier Goupil. ’’L’absence d’activité n’est pas à craindre non plus si les chevaux sont calmes.’’
Du calme, les chevaux vont en avoir besoin pour que tout se passe bien, de leur stationnement en zone d’attente à Liège à leur arrivée dans leur boxe de Deodoro. ’’Il y a près de quatre heures d’attente à l’embarquement, notamment à cause du chargement en container’’, détaille le vétérinaire fédéral. ’’À l’arrivée, il passe encore deux heures avant que les chevaux ne sortent. Cela peut donc faire un voyage global de 17 ou 18h.’’ D’autant plus que les habitudes des équidés sont bousculées, à commencer par leur soigneur, qui ne les accompagne pas forcément puisque tous les grooms ne peuvent voyager avec eux. Il faut également penser au système digestif des chevaux, mis à rude épreuve, notamment pendant le décollage. ’’Pour bien préparer les chevaux, il faut qu’ils soient un peu à jeûn, car le décollage peut leur provoquer des surpressions gastriques. Par contre, ils mangent du foin pendant le vol. En France, nous leur donnons de l’enrubanné pour gérer les problèmes d’appétence. Une fois sur place, nous avons un type de foin identique aux Jeux équestres mondiaux de Lexington.’’ Et dans l’avion, c’est un traitement VIP qui attend les équidés. ’’Dans l’avion, il est possible de régler la température ainsi que la ventilation, d’autant plus qu’il n’y a pas de poussière dans l’habitacle.’’ Pour chaque cheval, il est prévu pendant le vol un filet à foin, un seau d’eau ainsi qu’un licol de rechange et une chemise.
Si la manœuvre peut sembler impressionnante, Xavier Goupil l’assure, il n’y a pas de crainte à avoir. ’’C’est le transporteur transitaire allemand Peden qui prend tout en charge et il connaît très bien son métier.’’ Une fois à Rio, les choses s’accélèrent. ’’À l’arrivée, grooms et cavaliers attendent les chevaux. Il y a un contrôle vétérinaire puis les chevaux sont conduits dans leurs boxes.’’

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