’’Nous servir de l’expérience acquise depuis les Jeux de Londres’’, Simon Delestre

Crédit : Scoopdyga

Mardi 26 juillet - 12h09 | Yeelen Ravier

’’Nous servir de l’expérience acquise depuis les Jeux de Londres’’, Simon Delestre

Aux Jeux olympiques de Rio, Simon Delestre fera figure de favori avec Hermès Ryan des Hayettes. Il faut dire que le numéro un mondial affiche une forme éblouissante depuis la saison dernière, où il a arraché la médaille de bronze aux championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle avec son petit alezan. Pilier de l’équipe de France olympique, le Lorrain s’est confié, à l’occasion de la journée pré-olympique de Saint-Martin-de-Bréhal, sur sa préparation et son état d’esprit à quelques semaines à peine de l’échéance.

GrandPrix-Replay : Quel bilan tirez-vous de la saison extérieure qui s’achève avec Hermès Ryan des Hayettes ?
Simon Delestre : Après le CSI 3* de Lanaken, nous avons repris les CSI 5* à Anvers, où nous avons signé un triple sans-faute et terminé deuxièmes du Grand Prix. Après nous avons été sélectionnés pour le CSIO 5* de La Baule, où nous étions double sans-faute dans la Coupe des nations. Puis nous sommes allés au CSIO 5* de Rome. Dans la Coupe des nations, j'ai eu une première manche difficile. Il faut bien un échec, de temps en temps. Nous avons fait une bonne deuxième manche et fini sixièmes du Grand Prix le dimanche. Enfin, le dernier concours a été le CSI 5* de Paris, où nous sommes deuxièmes avec un triple sans-faute dans le Grand Prix. Si je récapitule tout, le bilan de la saison est plutôt formidable.
 
GPR : Comment sentez-vous le cheval actuellement ?
S.D. : Paris a été le dernier concours à haut niveau de Ryan et je dois dire que l'avoir comme ça, à la fin de la saison, c'est génial.
 
GPR : De quelle manière abordez-vous ces Jeux olympiques ?
S.D. : C'est un grand championnat, pour lequel on se prépare depuis longtemps maintenant. Ce n'est pas quelque chose que l'on doit aborder de manière confiante, car il faut rester vigilant. Nous avons déjà tous eu au moins une expérience olympique, dont la dernière qui a été difficile pour tout le monde. Nous allons essayer de faire le maximum et de nous servir de toute l'expérience que nous avons emmagasinée depuis les Jeux de Londres. Ryan est un cheval qui est performant à haut niveau depuis quelques années. Tous les espoirs sont permis… En tout cas, tant que nous n'avons pas reconnu les pistes ! Toutes les performances peuvent varier en fonction des parcours. Il y a des enchaînements plus ou moins faciles pour certains chevaux. C'est difficile de se projeter de ce côté-là pour l'instant.
 
GPR : L'expérience de Londres a l'air d'avoir fait son chemin dans la tête de l'équipe. Vous semblez beaucoup plus sereins mais aussi plus déterminés qu'en 2012...
S.D. : Personnellement, à Londres, je n'étais pas parti en confiance. Je ne suis pas quelqu'un de confiant de nature. Je suis toujours très prudent. À Londres, j'ai vécu des Jeux qui ont été difficiles mais pas catastrophiques. Le niveau à Rio va être énorme, tout le monde sera préparé, il y aura les meilleurs chevaux et les meilleurs cavaliers. Nous avons une carte à jouer parce que nous avons des chevaux en forme et des couples solides. Cela va être difficile pour nous mais pour les autres aussi !
 
GPR : Concernant votre vie là-bas, allez-vous essayer d'aller voir d'autres disciplines, de faire un peu de tourisme ?
S.D. : J'irai éventuellement assister à d'autres compétitions, mais du tourisme je ne pense pas. Une fois que nous serons rentrés dans la compétition il faudra se concentrer au maximum. Ce qui est difficile dans ces championnats, c'est qu'il y a beaucoup de temps morts. C'est difficile à gérer mais une fois que le sport va commencer, ça va aller. Il faut essayer de ne pas trop cogiter, de rester concentré sans se bourrer la tête avec la pression. C'est une gestion difficile parfois et il faut avoir l'habitude et se connaître. Dans ces moments-là, j'essaie de bouger un petit peu, de ne pas rester cloîtré et d'aller aux boxes avec les chevaux. En fait, il faut essayer d'avoir un rythme normal, alors que le reste de l'année nous vivons à 300 à l'heure.
 
GPR : Craignez-vous les conditions de ces Jeux olympiques, autant politiquement que sanitairement ?
S.D. : J'espère qu'il n'y aura pas de débordement ! S'il y a des choses à gérer, nous les gérerons au jour le jour. Pour nous, je n'ai pas spécialement peur, un peu plus pour les chevaux. Nous emmenons des chevaux exceptionnels donc j'espère que tout ira bien là-bas et que nous ne leur faisons pas courir de risques. Mais je pense que toutes les précautions seront prises. Nous parlons quand même des Jeux olympiques, ce n'est pas comme si c'était un concours isolé, donc tout devrait être optimisé. Mon père (Marcel Delestre, ndlr) est entraîneur de l'équipe colombienne et il est amené à faire beaucoup d'aller-retours dans le coin. Il n'a pas remarqué tant de cas du virus zika que ça, par exemple. En plus, à part une grosse fièvre, ça ne devrait nous toucher plus que ça, même si évidemment une grosse fièvre avant de monter la finale par équipes ce ne serait clairement pas l'idéal...

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