Lundi 18 juillet - 18h53 | À Saint-Martin de Bréhal, Yeelen Ravier

Journée pré-olympique à Saint-Martin de Bréhal

Aujourd'hui, en fin de matinée, les portes de l'hippodrome de Saint-Martin de Bréhal, non loin de Granville en Normandie, se sont ouvertes pour la délégation olympique française d'équitation. Après une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet, cavaliers, directeurs techniques nationaux, chefs d'équipe et tout le staff fédéral ont évoqué le bilan de ces quatre dernières années, les espoirs de médailles, les conditions de séjour ainsi que la préparation des couples.

Le saut d'obstacles

Le saut d'obstacles - Journée pré-olympique à Saint-Martin de Bréhal

La piste de l'hippodrome de Saint-Martin de Bréhal.
Crédit : Yeelen Ravier

Kevin Staut, Simon Delestre, Pénélope Leprevost, Roger-Yves Bost et Philippe Rozier, futurs voyageurs brésiliens, semblent soudés et déterminés pour profiter de ces Jeux olympiques comme il se doit, balayant ainsi les mauvais souvenirs collectifs de Londres. Depuis cet échec, les cinq mousquetaires ont brillé dans les dernières grandes échéances et multiples Grands Prix, en individuel. Emmenée par un chef d'équipe aux qualités humaines et techniques indéniables Philippe Guerdat, l'équipe des Bleus a tout de même mis quelques semaines à se dessiner définitivement. Ouvrant le discours par le cas de Patrice Delaveau et Orient Express*HDC, Philippe Guerdat n'a pas eu la tâche facile. "Il a fallu articuler une nouvelle équipe sans la présence de Patrice et Orient, qui étaient les leaders sportifs. Je dois en profiter pour saluer l'implication de tout le monde, en particulier celle des propriétaires olympiques. Il y a eu des choix difficiles, et tous ont choisi la direction de Rio avec nous. On le sait, en vue d'une préparation, il faut ménager les chevaux, et l'argent dans le sport aurait pu être un frein. Tout le monde s'est rassemblé. Je tiens à remercier aussi Sophie (Dubourg), qui a toujours été là, qui ne m'a jamaiss trahi, tout comme la Fédération française.", confie-t-il. Fidèle à son caractère, le Jurassien tient à ne pas être optimiste avant l'échéance et rester sur ses gardes. Les objectifs du saut d'obstacles sont sans appel : une médaille par équipes reste la priorité, le graal, l'individuelle secondaire, même si magnifique.

Le concours complet

Le concours complet - Journée pré-olympique à Saint-Martin de Bréhal

Les couples olympiques de concours complet ont travaillé sous les caméras en début d'après-midi.
Crédit : Yeelen Ravier

Les complétistes sélectionnés, Thibault Vallette, Astier Nicolas, Mathieu Lemoine, Karim Laghouag et Nicolas Touzaint étaient présents, ainsi que tout le staff de la discipline. Thierry Touzaint, sélectionneur, Michel Asseray, directeur technique national adjoint, Serge Cornut, adjoint au dressage, et Xavier Goupil, vétérinaire, s'étaient réunis depuis samedi pour un stage de préparation, ce qui a d'ailleurs motivé ce choix de lieu, traditionnel pour la discipline. 

Tirant un bon bilan de cette saison, pendant laquelle les Tricolores ont brillé dans de nombreux CCI 3 et 4*, ainsi que sur le Grand National, Thierry Touzaint s'avoue satisfait de son équipe. "Nous avons été performants dans les derniers championnats, à Caen, à Blair Castle... La sélection a été dure à faire. Des blessures nous ont, malheureusement, aidé à faire notre choix (notamment celle de Sirocco du Gers, monture de Thomas Carlile, ndlr). Nos duos sont en forme. Dans cette sélection olympique, aucun duo n'était aux championnats du monde de Caen.", dit-il, saluant la capacité de renouvellement de l'équipe. Comme évoquées, les performances des Tricolores sont en constante hausse et s'homogénéisent parmi les tout meilleurs. "Notre niveau a clairement évolué ces années passées. À l'époque des Jeux de Londres, nos scores en dressage étaient bien souvent en-dessous des 68 %. Maintenant, la moyenne tourne au-dessus des 73 %. Cela permettra de prendre un bon départ dès le premier jour.", pointe Michel Asseray. Épaulés de techniciens pour chacun des tests, les cinq complétistes comptent bien en découdre à Rio. Pour Sophie Dubourg, directrice technique nationale, les objectifs sont clairs : une médaille par équipes, et l'addition d'une médaille individuelle serait la bienvenue.

Le dressage

Se rapprochant petit à petit des excellents scores, l'équipe de dressage n'est plus celle des "derniers de la classe", comme le rappelle Emmanuèle Schramm, directrice technique nationale adjointe. Karen Tebar, endossant le rôle de leader des troupes, Pierre Volla, Ludovic Henry et Stéphanie Brieussel progressent, incontestablement. Caractérisés par une très agréable ambiance et une entente presque familiale entre eux, les dresseurs semblent bien partis pour aller chercher l'honneur et l'expérience. Jan Bemelmans, entraîneur, s'avoue content et reste carré sur les possibilités de médailles. "C'est toujours le même panel de juges qui officie. On pourrait presque deviner quels cavaliers vont remporter les médailles. Pour Karen, accrocher un podium n'est pas impossible du tout ! Globalement, nous n'avons pas encore atteint le niveau que je voudrais. Les Allemands tournent constamment autour des 80 %, nous, nous sommes contents avec 70 %. En tout cas, j'attends de belles surprises !". N'étant évidemment pas dans la même position que dans les deux autres disciplines, les objectifs restent "raisonnables mais ambitieux" selon Sophie Dubourg. Se qualifier pour le second Grand Prix et terminer dans les six premières équipes, sur onze au total, serait une jolie prestation.

La conclusion de la journée s'inaugurera par une soirée de l'ensemble de la délégation française. Les cavaliers des trois disciplines, staffs et propriétaires se retrouveront ce soir, rideaux fermés, pour apprendre à mieux se connaître dans la bonne humeur. Au programme, des petits questionnaires réalisés par les cavaliers et des présentations croisées !

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