’’Aujourd’hui, il ne faut rien changer pour moi’’, Alexandre Ayache

Crédit : Collection privée

Mercredi 13 juillet - 13h09 | Johanna Zilberstein

’’Aujourd’hui, il ne faut rien changer pour moi’’, Alexandre Ayache

Après un début de saison prometteur avec ses nouvelles recrues, Grandiosa et Axel, Alexandre Ayache a poursuivi sa montée en puissance, pour finalement décrocher une belle médaille de bronze au Master Pro de Vierzon, le week-end dernier. Une récompense qui tombe quelques semaines seulement après l’entrée du Niçois et de son joli gris dans le Groupe JO/JEM. De retour sur le devant de la scène et comme toujours porté par de beaux projets, le dresseur est revenu sur sa saison et ses objectifs pour GrandPrix-Replay.

GrandPrix-Replay : Vous êtes de retour du Master Pro de Vierzon où vous déroulez un bon week-end qui s’est terminé par une médaille de bronze dans le championnat Pro Élite avec Axel (68.240% dans le Grand Prix et 67.020% dans le Grand Prix Spécial). Quel bilan faites-vous de ce week-end ?
Alexandre Ayache : Cette médaille n’était pas vraiment prévue ! Nous avons décidé d’aller au Master Pro un peu en dernière minute car Axel est entré dans le Groupe JO/JEM il y a seulement quelques semaines. Mais, en nous incluant dans le  groupe, la Fédération française d’équitation a prouvé qu’elle nous faisait confiance et aller au Master Pro était la moindre des choses. Dans le Grand Prix, Axel a été un peu timide, mais passe malgré tout les 68%. Dans le Grand Prix Spécial, nous faisons plein de petites fautes mais je suis content malgré tout. Axel s’est montré plus serein d’une manière générale, sans compter que c’était son premier Grand Prix Spécial car, d’habitude, je déroule le Spécial avec Grandiosa et la Reprise Libre en Musique avec Axel. Mais les championnats se courraient sur le GP et le GPS alors nous avons joué le jeu. D’une manière générale, Axel est un cheval qui plaît aux juges, mais nous faisons encore quelques fautes de technique.
 
GPR : Globalement, quel regard portez-vous sur votre saison ? Axel s’est montré sur une pente ascendante, décrochant des moyennes allant de 66% à plus de 68%.
A. A. : C’était la première saison d’Axel au niveau Grand Prix. Avant cela, il n’a évolué ni sur le Petit Tour, ni sur le Medium Tour. Malgré cela, il s’est montré très fiable, et toujours régulier, même s’il fait encore quelques fautes. D’une manière générale, je suis très satisfait de ma saison : les relations avec le staff fédéral se sont apaisées et je refais les choses avec envie. Quand Axel sera vraiment calé, je pense qu’il fera de magnifiques reprises et prendra pas mal de points. D’ailleurs, malgré les fautes, il a poursuivi son évolution dans le bon sens en prenant des points supplémentaires à chaque sortie. Je pense que s’il déroule un Grand Prix sans faute, il peut passer la barre des 70%. Et puis j’ai d’autres chevaux qui sont extraordinaires, grâce à Karim Barake, notre propriétaire, qui fait vraiment partie de la famille. Aujourd’hui, il ne faut rien changer pour moi.
 
GPR : Qu’en est-il de Grandiosa, que vous avez également montée sur le Grand Prix cette saison, mais qui s’est montrée moins régulière, allant de 63% à près de 70% ?
A. A. : Grandiosa est la première jument que je monte et j’avais oublié qu’elles pouvaient avoir des problèmes d’ovaires… Ce qui est son cas ! Ses douleurs ovariennes lui tiraient sur le dos ce qui ne la mettait pas dans les meilleures dispositions. Quand nous avons réglé le problème et que j’ai voulu l’emmener au CDI-W de Brno, elle s’est coupée sur la cuisse, ce qui a nécessité des points de suture et donc une anesthésie qui ne la faisait pas passer le contrôle anti-dopage. Désormais, ses problèmes ovariens sont réglés et sa blessure est réparée, elle va très bien et ne devrait pas tarder à reprendre.
 
GPR : Avez-vous d’autres chevaux prêts pour le Grand Prix dans vos écuries ?
A. A. : Il y en a quelques-uns, oui ! En plus d’Axel et de Grandiosa, j’ai quatre chevaux qui peuvent dérouler le Grand Prix demain, tout comme Grete (Püvi, sa fiancée, dresseuse estonienne, ndlr). Dans mon piquet, j’ai So What, un fils de Scandic de dix ans qui est assez incroyable dans le piaffer-passage, Samira, une jument de neuf ans avec laquelle je pense débuter la compétition en début d’année prochaine, Grand Passion, que j’ai récupéré l’an passé, et enfin El Rei, un étalon avec lequel je dois encore caler les changements de pieds au temps mais qui présente de gros points forts, notamment dans les appuyers. Grete, elle, peut compter sur Talent, évidemment, mais aussi sur Aleandro, Summer ainsi qu’un cheval de sept ans.
 
GPR : Après l’entrée d’Axel dans le Groupe JO/JEM, votre sélection dans la liste longue olympique puis cette médaille de bronze au championnat de France, vous pourriez tout à fait être sélectionné au sein de l’équipe de France pour les Jeux olympiques de Rio, notamment comme réserviste. Y pensez-vous ?
A. A. : Une chose est sûre, Axel a montré qu’il était bien là. En étant régulier tout au long de la saison, il a prouvé au sélectionneur (Jan Bemelmans, ndlr) qu’il était fiable. Ceci dit, je reste lucide. La place de Karen Tebar au sein de l’équipe de France est indiscutable, tout comme celle de Ludovic Henry. Pierre Volla et Stéphanie Brieussel ont quant à eux déroulé deux très belles saisons, qu’ils ont conclu en beauté à Vierzon ce week-end. Aujourd’hui, si l’on me propose une place de cinquième, il est évident que je la prendrai ! Cela reste tout de même une aventure olympique ! Et puis qui sait, lorsque l’on fait autant de kilomètres, en avion de surcroît, tout peut arriver. Si Axel prend la place de cinquième, ce sera super. Sinon, il y aura d’autres échéances.
 
GPR : Quel est votre programme pour la suite de la saison ?
A. A. : Nous allons peut-être aller à Nice (qui organise un concours Pro Élite national et un CDI 3*, ndlr) mi-août car ce n’est pas loin de la maison. Ensuite, les chevaux auront un petit mois de repos puis nous irons peut-être à Saumur. Ensuite, la saison va être gérée très différemment de cette année car, avec quatre chevaux de Grand Prix, nous aimerions faire quelques CDI-W ainsi que des CDI 4 et 5*. J’attends de voir ce que donnent So What et Samira, mais les choses devraient être bien différentes l’année prochaine !

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