’’Steve donne un exemple de mental extraordinaire’’, Michel Robert

Crédit : Scoopdyga

Mardi 29 mars - 14h00 | Léa Errigo

’’Steve donne un exemple de mental extraordinaire’’, Michel Robert

Au lendemain de la finale de la Coupe du monde de Göteborg, remportée par Steve Guerdat, Michel Robert analyse pour GrandPrix-Replay les performances des Tricolores, des favoris et livre ses déceptions.

Le parcours
’’Tout d’abord, par rapport à l’année dernière, la piste et la qualité du sol était bien meilleures. À Göteborg, le chef de piste Santiago Varela a vraiment dessiné de beaux parcours. Il y avait une telle ambiance, c’était un vrai concours, un vrai championnat, une vraie finale !’’

Les Bleus 
’’J’ai trouvé que Pénélope a fait deux parcours exceptionnels hier. Son cheval fait une toute petite faute sur l’oxer, qui n’est pas une faute habituelle, mais elle a très bien monté son premier tour. Elle a montré pleins de belles choses.
En ce qui concerne les parcours de Patrice, je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la tête du cheval. Nous n’avons pas toutes les informations : ce qu’il s’est passé avant, comment il était à l’entraînement et je ne connais pas assez le cheval, mais c’est vrai qu’il a eu des réactions très violentes, surtout hier devant ce mur qui n’avait rien de très particulier. Mais le cheval a décidé de faire un demi-tour à trois foulées sans prévenir.
Je pense que Kevin était assez déçu de ses parcours, il espérait faire mieux, d’autant plus qu’il est très performant depuis le CSI 5*-W de Bordeaux. On retrouve un peu les mêmes fautes avec For Joy sur les oxers, c’est sûrement ce qu’il va devoir travailler. Mais les deux sont à la hauteur. Il me semble Kevin n’avait plus la même détermination et volonté pour les deux dernières manches, sachant qu’il n’était plus vraiment dans le coup. Mais son cheval et lui étaient très bons, au suivant comme on dit ! Je crois qu’il a pris un petit coup derrière la casquette après son classement, surtout pour la finale, ne pas savoir s’il faut repartir, s’il faut donner du métier à son cheval, ce n’est pas facile d’être très motivé pour courir une finale dans ces conditions là.
Simon pourrait, lui aussi, expliquer mieux que moi ses deux fautes dans le double. Il a peut-être eu une perte de contrôle. Ça se joue tellement à peu de choses, même en regardant nous ne pouvons pas tout voir. Mais le cheval a très bien sauté, ils sont à la hauteur tous les deux. Si nous devions refaire ce championnat la semaine prochaine peut-être qu’ils gagneraient, c’est le sport qui est comme ça.
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Les favoris
’’La victoire de Steve n’est pas une surprise mais il n’était pas favori avec ce cheval. Steve a montré qu’il était présent tout le temps, avec une telle détermination. Il nous donne un exemple de mental extraordinaire, avec un jeune cheval qui a énormément de qualités. Si on regarde les quatre dernières finales, il est dans les quatre premiers à chaque fois donc pour lui cette finale Coupe du monde est d’une importance capitale. Je pense que, comme tout grand champion, il a beaucoup plus de motivation le jour J mais il réussit en plus à le faire. Son cheval, Corbinian, a été extraordinaire, il n’a pas manqué un saut. Il était très respectueux, avec un style et sans avoir un dressage peaufiné et fini. Steve a vraiment réussi à décomposer chaque partie de cette finale, parcours après parcours, obstacle après obstacle, en s’appliquant, en faisant au mieux à chaque fois et c’est une grande réussite. J’étais à Oliva avec lui pendant trois semaines, il préparait son cheval, faisait des petits parcours et des balades dans l’eau, il allait presque tous les jours sur la plage. Je pense que c’est un cheval qui a besoin d’avoir beaucoup de travail sur son moral et là, il était prêt. Bien entendu, on parle du mental du cavalier mais il ne faut pas oublier les chevaux qui ont besoin d’avoir une réserve. Son cheval avait vraiment envie, il était frais, il ne faisait pas du tout cheval blasé. 
Un peu comme la jument de l’Australien Chris Chugg, Cristalline, qui a très bien sauté aussi. Ce cavalier donne l’impression d’accorder beaucoup de respect au mental de ses chevaux, dans sa préparation. C’est vraiment un homme à suivre, et c’est un homme de cheval aussi.
Concernant Rich Fellers et Flexible, c’est fantastique de voir que si on garde son cheval, si on l’aime, si le soigne et si on le comprend, on peut faire de belles choses. C’est un cheval assez difficile, qui a une bouche très difficile (on a vu qu’il n’avait pas la même embouchure en première et en deuxième manche. Lors du premier parcours, il se défendait beaucoup surtout dans les tournants à gauche et lors du deuxième parcours, il a changé d’embouchure ça allait beaucoup mieux). Ce qui est impressionnant, c’est d’arriver à garder un cheval en forme. Il y a une gestion de la carrière qui est intéressante et qui est un bon exemple pour beaucoup. On est plutôt dans une société de consommation du cheval alors que l’on devrait arriver à prendre son temps et ne pas participer à tous les concours.
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Les déceptions
’’Le fait de prendre deux chevaux différents pour la chasse n’a pas réussi à l’Allemand Christian Ahlmann et à l’Autrichien Max Kühner, qui auraient pu être dans les trois premiers s’ils avaient gardé leurs chevaux. Mais c’était leur choix et il y a certainement des raisons. Je suis déçu pour Christian car il a fait de beaux parcours, que j’ai adorés !
Pénélope aurait pu gagner la finale, elle était partie pour, mais je ne suis pas déçu, je suis toujours fier de ce qu’elle fait. La particularité des échéances comme celle-ci c’est qu’il faut être bon tout le temps, à chaque obstacle, à chaque tournant et à chaque instant. Le cheval de Marcus Ehning fait une bonne faute en sortie du double sur le vertical, on ne s’y attendait pas tellement. C’est un long championnat il faut des chevaux qui restent frais jusqu’au bout. Du côté des Allemands, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu Ludger Beerbaum mais il manquait plusieurs bons cavaliers cette année.
Néanmoins, il n’y a pas tellement de déception ni de point négatif, c’était du grand sport. Il y a toujours une ambiance extraordinaire à Göteborg. Le chef d’orchestre c’est le chef de piste et lui aussi mérite la médaille d’or !
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