’’Beaucoup de facteurs entrent en compte pour gagner une finale de Coupe du monde’’, Philippe Guerdat

Crédit : Scoopdyga

Mardi 29 mars - 09h37 | À Göteborg, Johanna Zilberstein

’’Beaucoup de facteurs entrent en compte pour gagner une finale de Coupe du monde’’, Philippe Guerdat

Voici la réaction de Philippe Guerdat, sélectionneur national français, à l'issue de la finale de la Coupe du monde, dans laquelle s'est imposé Steve, son fils.

’’Mon côté père trouve que c’est magnifique à vivre. Mais j’essaie de faire abstraction de cela dans mon travail, même si, avec Steve, nous avons une relation très spéciale. C’est sûr que pour lui, c’est une revanche sur ce qui lui est arrivé l’année dernière, car il n’a pas vraiment été lavé comme il l’aurait voulu être. Et c’est très important pour lui.
Mon côté sélectionneur, lui, se souvient que j’espérais deux cavaliers dans les dix premiers et un sur le podium. Pour cela, il ne fallait pas faire de faute et, hier, il fallait être double sans-faute. J’ai quand même moins de regrets car, même double-sans faute aujourd’hui, ni Simon ni Pénélope n’auraient été sur le podium. Ceux de devant n’ont pas craqué et Simon et Pénélope seraient restés avec six points.
Simon a monté deux manches parfaites. Sur la première manche, il n’a pas eu la bonne distance avant le double et Qlassic Bois Margot s’est un peu précipité. Finalement, il s’est trouvé trop près du double. Vagabond de la Pomme, lui, a très bien sauté. En deuxième manche, Pénélope s’est faite piéger sur le bidet. Peut-être que le cheval a été distrait au dernier moment ou qu’il l’a vu trop tard. For Joy van’t Zorgvliet*HDC, le cheval de Kevin Staut, faisait sa première fois à ce niveau-là.  Il a fait un très beau tour en première manche puis a un peu baissé de pied en seconde. Même s’il y a eu une ou deux erreurs à corriger dans ce championnat, je crois que, dans l’ensemble, nous pouvons être satisfaits de ce qu’il a fait. Il a montré qu’il pouvait faire un championnat. Lacrimoso*HDC est la déception du week-end. Il a refusé une fois samedi puis une deuxième fois hier, ce qui a fait que Patrice Delaveau a été obligé de le monter un peu trop agressivement et le cheval a moins bien sauté. Il va falloir réfléchir.
Au final, Pénélope et Simon sont un peu déçus. Mais savoir que même double sans-faute, ils n’auraient pas été sur le podium attenue un peu la déception.
Les deux chevaux ont bien sauté et ils ont montré qu’ils étaient tous les deux susceptibles d’aller aux Jeux olympiques. Même s’ils ne sont pas le plan A aujourd’hui, c’est rassurant pour moi de savoir que trois chevaux ont sauté la finale Coupe du monde et qu’ils sont prêts, même s’ils ne sont pas forcément la première cartouche de leurs cavaliers. Savoir que les trois meilleurs cavaliers au classement mondial possèdent deux chevaux capables d’aller aux JO est réconfortant.
Nous avons fait le même plan qu’en 2014 : la Coupe du monde n’était pas une priorité en vue de l’échéance estivale. Malgré tout, nous avons fait de l’événement un temps fort puisque nous avons tout donné pour nous qualifier et être les meilleurs possibles.
Beaucoup de facteurs entrent en compte pour gagner une finale Coupe du monde. Prenez Harrie Smolders par exemple. Il n’a jamais été médaillé dans un championnat et je ne l’ai jamais vu en première équipe mais il y a eu un déclic qui s’est fait. Après, il y a aussi un petit nombre de cavaliers, comme Steve, Gerco Schröder ou encore Maikel van der Vleuten, qui sont un peu plus souvent que les autres dans les championnats. Steve par exemple, a disputé dix finales de Coupe du monde et s’est trouvé neuf fois dans les dix premiers et six fois dans les cinq premiers et quatre fois sur le podium. La différence entre la victoire et la sixième place est infime. Cela peut toujours nous amener des réponses.
Mais, finalement, il y a très peu de cavaliers qui peuvent venir sans leur cheval de tête et être performant. Il faut savoir faire abstraction de certains concours pour atteindre ses objectifs. Ici, nos chevaux avaient été bien préparés et ils étaient en très bonne forme. Mais c’est tellement serré que la moindre faute jette en arrière au classement. D’ailleurs, c’est plus facile lorsque l’on part dans les derniers car on sait que le podium est encore possible et il y a cette rage de vaincre. Je pense que si Pénélope ou Simon avaient été devant, il y avait une belle possiblité pour qu’ils ne craquent pas. Quand on fait la course derrière, c’est plus compliqué.’’

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