Hans Peter Minderhoud passe enfin de l’ombre à la lumière

Crédit : Dirk Caremans/FEI

Dimanche 27 mars - 19h58 | À Göteborg, Johanna Zilberstein

Hans Peter Minderhoud passe enfin de l’ombre à la lumière

Il en rêvait, il l’a fait. Hans Peter Minderhoud s’est offert son premier titre individuel en remportant cet après-midi à Göteborg la finale de la Coupe du monde. Plus qu’un rêve, c’est un aboutissement pour Néerlandais, qui a toujours couru dans l’ombre des plus grands, si nombreux en son pays.

Cette fois, c’est fait. Hans Peter Minderhoud vient finalement de se faire un nom dans l’Histoire du dressage. En remportant la finale de la Coupe du monde cet après-midi, au cœur de la Scandinavium Arena de Göteborg, le Néerlandais enfin accroché son premier titre individuel. De quoi susciter beaucoup d’émotion chez le dresseur, qui n’a pu contenir quelques larmes en montant sur le podium. ’’C’est un peu d’émotion, je dois l’avouer’’, a reconnu le cavalier. ’’Mais c’est très vite passé !’’ Il faut dire qu’il y avait de quoi : en six finales de Coupe du monde courue depuis 2009, le Néerlandais n’avait jamais accroché un podium.
Pire encore, il est toujours resté dans l’ombre de ses illustres coéquipiers, qui prenaient tous la lumière mieux que lui. En 2009, alors qu’il termine à une honorable quatrième place avec Exquis Nadine, il doit laisser les honneurs nationaux à Anky van Grunsven, troisième. Même scénario en 2011, où c’est cette fois Adelinde Cornelissen et Edward Gal qui lui volent la vedette. L’année suivante, Adelinde Cornelissen réédite, laissant son compatriote à la sixième place avec Tango. Deux ans plus tard, à Lyon, il est huitième avec Don Johnson et cède les honneurs à Edward Gal, tout comme en 2015, où il termine cinquième avec Glock’s Flirt. ’’Depuis le temps que participe à la finale Coupe du monde, je n’avais jamais été sur le podium !’’
Jusqu'à aujourd'hui, le longiligne dresseur n'avait pas non plus obtenu de consécration individuelle dans les grands championnats extérieurs, se hissant très souvent dans le dernier carré. Mais à chaque fois, il n’est médaillé que par équipes, laissant, une fois encore, les honneurs à ses coéquipiers. Compagnon à la ville d’Edward Gal, qui s’est tant illustré ces dernières années, il est moins sous le feu des projecteurs, tout en restant performant. ''Cette victoire rétablit l'équilibre dans notre couple !", a souri Hans Peter Minderhoud.

Mais en 2015, la carrière du cavalier de quarante-deux ans prend un nouvel élan. Après une belle saison hivernale puis une excellente saison extérieure, il est naturellement sélectionné pour représenter les Pays-Bas aux championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle avec Glock’s Johnson. Après un bon Grand Prix où il termine quatrième et deuxième meilleur Néerlandais derrière Edward Gal, il décroche la médaille de bronze dans un Grand Prix Spécial un peu particulier, où les Pays-Bas ont vu leur chef de file se faire éliminer après que Glock’s Undercover a présenté du sang à la commissure des lèvres. Ce jour-là, c’était bien Hans Peter Minderhoud le héros national. Un premier haut fait d'armes pour le dresseur basé à Oosterbeek, qui a démarré à dix-neuf ans en tant que groom de la célèbre Anky van Grunsven.
Désormais plus confiant, il affronte la saison hivernale avec brio. D’abord sur une Reprise Libre en Musique en demi-teinte au CDI-W d’Odense, en octobre, avec Glock’s Romanov (sixième avec 74.350%). Puis il décide de faire confiance à l’expérimenté Glock’s Flirt, quinze ans, pour s’illustrer au CDI-W de Stockholm. ’’Je le monte depuis deux ans. Lorsque je l’ai récupéré, il était déjà un excellent cheval de Grand Prix’’, explique Hans Peter Minderhoud. ’’C’est un cheval tellement spécial, il donne tout en piste et on sent vraiment qu’il veut tout faire pour ne pas commettre de fautes. Avant, je n’avais monté que des juments ou des étalons qui n’étaient pas franchement faciles ! Flirt, lui, est vraiment spécial, je peux compter sur lui.’’ Pari tenu puisque le couple décroche la victoire avec la belle moyenne de 80.950%. Un score qui ne faisait qu’annoncer la suite. En décembre, le couple reste dans le tempo et prend la troisième place de la RLM du CDI-W de Londres avec 80.975%. Un peu plus d’un mois plus tard, le niveau monte encore d’un cran au CDI-W d’Amsterdam. Qu’importe, Hans Peter et Flirt aussi : ils passent allègrement la barre des 82% (82.250%). La belle série continue ensuite à ‘s-Hertogenbosch, où le couple s’offre le luxe de s’imposer dans la dernière répétition avant la finale.
Une progression à la chronologie parfaite, qui a fait du couple le grand favori au titre, alors que les forfaits s’accumulent. Impériaux dans le Grand Prix vendredi, le Néerlandais et son alezan n’ont rien concédé à leurs adversaires dans la Reprise Libre en Musique, où ils établissent d’ailleurs leur meilleur score de la saison indoor. ’’Les deux jours qui se sont écoulés depuis le Grand Prix m’ont semblé très longs’’, a avoué le Néerlandais. ’’J’étais pressé d’en finir. Désormais, je suis très heureux d’avoir gagné.’’ Et d’ajouter : ’’Je suis sûr que Flirt est très fier !’’ Il peut l’être car cet après-midi, il a inscrit son nom ainsi que celui de son cavalier dans la longue histoire pleine de succès du dressage néerlandais en devenant le quatorzième couple du pays à remporter la finale de la Coupe du monde. Que l'histoire continue ! Celle de ce cavalier opiniâtre et réservé a peut-être pris un nouveau tour en ce week-end pascal.

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