’’Il n’y a pas réellement de mouvement qui dérange Badinda’’, Pierre Volla

Crédit : Scoopdyga

Mardi 15 mars - 15h56 | Léa Errigo

’’Il n’y a pas réellement de mouvement qui dérange Badinda’’, Pierre Volla

Installé près de Saint-Étienne, Pierre Volla a participé à ses premiers championnats d’Europe en août dernier avec Badinda, jument qu’il a lui-même dressé. Les belles performances du couple, qui a grandement contribué à la qualification de la France pour les Jeux olympiques, lui ont ouvert les portes des plus belles échéances, comme les CDI de Lyon et de Stuttgart. Après une trêve hivernale studieuse, le Rhônalpin et sa bouillante alezane ont repris le chemin des concours avec brio, en montant sur le podium dans le Grand Prix puis dans le Grand Prix Spécial. Pour GrandPrix-Replay, le Tricolore a accepté de revenir sur cette rentrée réussie et de se projeter vers les Jeux olympiques de Rio de cet été.

GrandPrix-Replay : Vous êtes en ce moment au CDI 3* de Valence où Badinda Altena a fait une très belle rentrée (troisième dans le Grand Prix avec 69.220% et deuxième dans le Grand Prix Spécial avec 70.726%). Quel est votre ressenti ? Pourquoi avoir choisi de démarrer en Espagne ?
Pierre Volla : Je suis content, Badinda est en pleine forme. Bien entendu, il y a quelques petites fautes, il faut se remettre dans la compétition après le travail hivernal mais la jument a répondu présente. C’était le premier concours en extérieur. J’ai fini la saison précédente sur plusieurs étapes Coupe du monde ou de grosses épreuves en indoor (lors du CDI-W de Lyon, le couple a terminé septième du Grand Prix avec 70.640% et sixième de la RLM avec 74.150%, ndlr), c’est donc difficile à vivre pour les jeunes chevaux. J’ai senti Badinda un peu émotive, ce qui n’est pas son genre. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de reprendre ici, d’autant plus que la majeure partie de la saison se déroulera à l’extérieur. De plus, je trouvais que c’était bien de commencer avec quinze jours en compétition car cela nous laisse le temps de travailler entre les deux compétitions et de se mettre dans l’ambiance concours. Et puis, c’est une bonne préparation pour les Jeux olympiques ! Jan Bemelmans (sélectionneur et entraîneur national, ndlr) est là avec nous, c’est donc très intéressant pour moi d’être ici. On a de la pluie, du vent et du soleil mais aussi de bonnes températures, et surtout, on a les palmiers (rires) !
 
GPR. : Sur quels axes s’est articulé le travail hivernal avec Badinda ?
P. V. : Le but du travail cet hiver était la sérénité dans ses mouvements et le fait d’avoir plus d’amplitude. Elle a déjà une expression extraordinaire, je cherche donc la relaxation dans tous les mouvements que l’on rencontre en Grand Prix. Il n’y a pas réellement de mouvement qui dérange ou qui gêne Badinda, elle sait tout faire. Mais on peut lui reprocher son énergie, qui est également l’une de ses grandes qualités. Il y a quelques phases de contraction car elle a toujours envie de tout faire. Ces derniers jours, j’ai ressenti les bienfaits de ce travail hivernal, les changements de pied au temps sont meilleurs, même si, bien entendu, il peut y avoir quelques fautes mais c’est moi qui l’ai dressé comme cela. La jument est plus calme dans les transitions piaffer-passage, je peux donc rester dans le piaffer. Il y a encore du travail, c’est donc bien que nous soyons ici pour quinze jours.
 
GPR. : Vous avez un nouvel entraîneur, Ralph Rash. Pourquoi ce changement ? Comment se déroule le travail avec lui ?
P. V. : Dominique Brieussel (son ancien entraîneur, ndlr) voulait se consacrer au travail et à l’entraînement de sa femme (Stéphanie Brieussel, ndlr), c’était donc un peu compliqué de s’organiser, d’autant plus que nous n’allons pas forcément faire les mêmes concours. Je conçois tout à fait qu’il ait envie de se consacrer à cela et de l’aider à se qualifier. C’est la raison pour laquelle nous avons changé, avec grand regret pour moi car j’adorais le travail que nous faisions. C’est lui qui m’a emmené jusque-là et jusqu’aux championnats d’Europe, à Aix-la-Chapelle l’année dernière (le Tricolore termine dix-huitième, en selle sur Badinda Altena, ndlr). Mais il faut savoir changer, rebondir et travailler avec d’autres personnes.
C’est tout frais mais Ralph est très souvent à la maison. Il vient deux fois par mois, pendant trois jours. Ensemble nous travaillons un peu tous les chevaux mais l’essentiel du travail concerne Badinda. Nous avons fait des choses très intéressantes jusqu’à aujourd’hui, j’espère vraiment que cela va continuer. Il n’est pas avec moi en compétition car il a d’autres engagements auprès de la fédération mais il complète vraiment très bien Jan, qui lui est avec nous en concours. Le travail va dans le même sens, c’est super !
 

’’Sir Piko est un joker’’

’’Sir Piko est un joker’’ - ’’Il n’y a pas réellement de mouvement qui dérange Badinda’’, Pierre Volla

Pierre Volla en selle sur Sir Piko.
Crédit : Collection Privée

GPR. : Ce week-end, nous vous avons également vu avec Sir Piko, qui a fait de belles reprises lui aussi (troisième avec 68.500% dans l’Inter I et deuxième avec 72.375% dans l’Inter I RLM).  Quels sont vos objectifs avec lui ? Est-il voué à devenir votre deuxième cheval ?
P. V. : Sir Piko est le cheval de Marianne Eichenberger, je l’ai depuis un an. C’est un cheval assez compliqué, il est regardant et parfois peu concentré. Cependant, aujourd’hui j’arrive à l’avoir en forme car j’essaye de le routiner un petit peu. Le cheval plaît beaucoup aux juges donc c’est intéressant. Avec lui, je recherche principalement la sérénité, qu’il soit concentré sur la piste et qu’il n’ait peur de rien. L’objectif est bien entendu de l’emmener le plus loin possible. C’est un cheval qui déroulera des Grands Prix, mais je ne sais pas quand, c’est lui qui me le dira (rires) ! Il n’y a pas vraiment d’impasse dans ses mouvements, il sait piaffer, passager et il commence les changements de pied au temps. C’est un cheval qui n’est pas beaucoup sorti en concours, il a le même âge que Badinda mais il faut qu’il prenne du métier. C’est la raison pour laquelle je ne l’avais pas engagé la première semaine. Je voulais voir comment il s’adaptait à l’ambiance ici et l’engager par la suite mais finalement il s’est très bien comporté dès le début, je l’ai donc engagé directement sur place.
Sir Piko est un joker, c’est un cheval qui peut dire oui un jour puis non le lendemain. Je ne suis pas sûr qu’il puisse faire les indoors comme celui de Lyon par exemple, car il est très regardant et n’aime pas être enfermé, mais les chevaux nous font parfois mentir ! Ce sera donc mon deuxième couteau, il va certainement participer au Grand National et à des CDI 3 ou 4* en extérieur.
 
GPR. : Y a-t-il d’autres chevaux capables de dérouler le Grand Prix dans vos écuries ?
P. V. : Oui, j’ai deux bonnes juments de sept ans. Jynx’s Backastola, qui appartient à Laurent de Langlade, est quatrième des championnats de France de chevaux de six ans l’année dernière. Elle a un très beau trot et beaucoup d’expression. Elle a tout pour réussir, néanmoins elle n’a que sept ans je vais donc prendre mon temps. Il y a aussi Ester, elle n’est jamais sortie en concours mais elle est très prometteuse. Bien entendu, on essaye de faire évoluer d’autres chevaux vers ce niveau mais ce n’est pas évident.
 
GPR. : Comment allez-vous organiser votre saison ? À quels concours allez-vous participer en plus de ceux fixés par le staff fédéral ?
P. V. : L’organisation est plus ou moins faite car il y a plusieurs concours obligatoires tels que le CDI 4* de Hagen, le CDI 3* de Saumur, les CDIO 5* de Compiègne et Rotterdam puis Vierzon pour les championnats de France. En ce qui concerne les autres concours, Badinda nous le dira, nous verrons en fonction de sa forme. Je pense que peu de cavaliers sont susceptibles de courir d’autres concours, cela ne sert à rien d’épuiser les chevaux. La jument fait une bonne rentrée, elle est en forme et bien dans sa tête, il faut essentiellement du travail au quotidien. C’est elle qui nous dira si elle a besoin de tourner un peu plus en concours, si non, il n’y a pas de raison.
 

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